jeudi 16 avril 2009

Récit d'un tour du monde



Notes de Cathy Mathieu après avoir lu son livre :

"Enfant, dans mes rêves les plus fous, je m’imaginais faire le tour du monde. 25 ans plus tard, en 2002, mon vœu était exaucé. Durant 1an, j’ai noirci mes carnets de route. Au fond de moi, je me disais un jour, à la retraite, je pourrai écrire un livre…
Des jours, des années ont passé, la vie continue et mon anniversaire pointe le bout de son nez et là je suis véritablement emportée par les évènements. On m’offre ce cadeau incroyable, surréaliste, inestimable « le livre » dont je rêvais tant… . Sur le moment je réalise à peine, mais très vite le grand bonheur m’envahit. Ce livre, je le tiens entre mes mains, je le touche, je le sens, je le savoure, il m’appartient.
Je tourne les pages au rythme de mes aventures. Je sens de nouveau mon sac à dos sur mes épaules. J’avance dans cette expérience de vivre le monde. Je me délecte de tous ces moments si enrichissants, comme si je les découvrais. Je m’évade dans ma propre histoire, c’est assez étonnant…
Désormais, mon livre a trouvé sa place dans ma bibliothèque au milieu des prix littéraires, car cette année, « En écoutant le monde » est mon prix Goncourt ! Un grand merci à l’auteure pour toutes ces sensations…."


Extrait :

J’ai toujours rêvé de faire le tour du monde… Parce que j’ai toujours fait ce vœu idéal d’embrasser la terre, de fouler ses sentiers les plus beaux, comme les plus dangereux. Admirer le soleil couchant dans une vallée, brûlant en plein zénith, à peine tiède au-dessus de la neige. J’ai voulu voir l’eau dans tous ses états, de la plus petite source aux plus gigantesques cascades. J’ai toujours voulu frissonner face au monde et pour cela je savais qu’il fallait être la plus légère possible, quitter tous les artifices accumulés dans notre quotidien, pour savourer pleinement cette aventure. Bien sûr j’imaginais le grandiose d’un tel évènement, pourtant on ne
soupçonne rien tant que le sac à dos bien chargé n’écrase pas nos épaules…

- 1 gourde
- 3 paires de chaussettes
- 1 bas de contention
- 2 paires de chaussures (marche + ville)
- 1 duvet
- Sous-vêtements
- 4 cassettes recorder
- Piles
- Couteau suisse
- Crochets
- 1 appareil photo + 1 sac
- 4 pellicules diapo
- Pochettes nettoyantes

Cartes :
Argentine / Île de Pâques
Chili / Pérou, Bolivie
Guides :
Argentine / Chili x 2
Pérou / Bolivie x 2
Auberge de jeunesse
...
Assez de charges pour réaliser l’importance d’un si grand
voyage. Demain matin nous serons le 13 janvier 2002, une
date qui restera gravée en moi pour toujours. Ce chiffre
13 me porte chance et l’avenir me le confirmera.
J’ai des papillons dans le ventre, des couleurs explosives
dans le cœur, du gospel dans les oreilles, des sauterelles
dans les jambes, du poil à gratter sous les pieds et un
nœud énorme dans l’estomac.
C’est déjà demain et je voudrais le crier très fort tant je
suis fière de pouvoir réaliser une telle expédition. Je pars faire le tour du monde...

mardi 7 avril 2009

A Dieu Guillaume De Par Dieu



QUI A DIT QU’IL ETAIT FACILE DE S’APPELER DEPARDIEU ?

Être le fils DE
Et passer PAR
Que de tribulations pour arriver à DIEU


Guillaume y sera parvenu pourtant et aura porté son nom aussi haut que son talent, sa poésie et sa marginalité réunis.

A 37 ans, soit le lundi 13 octobre 2008, Guillaume Depardieu succombe à une pneumonie foudroyante qu’il contracte en Roumanie, lors de son dernier tournage « L’enfant d’Icare »,
le film d’Alex Lordachescu.

Rien n’aura été simple pour ce gosse de Bougival né de Gérard Depardieu et d’Elisabeth Guignot, le 7 avril 1971. Il a tendance à pousser de travers, comme un arbuste sans tuteur, aux côtés de sa jeune sœur Julie. Guillaume réclame l’affection de ce père immense qui est au sommet de la gloire ; l’ombre du géant Gérard Depardieu que la France entière adore, est insaisissable pour son propre fils.
Puis l’adolescence qui se pointe en n’accordant ni rondeur ni tempérance et qui lui assène des coups d’excès, des renvois de nombreux lycées, des gardes à vue : « J'étais mon propre roi, mon propre vice, ma propre vertu, mon père, ma mère, mon dissident !» Confiera-t-il plus tard. Durant vingt ans (de 17 à 37 ans) il accumulera les délits et les accidents, pourtant sa vie de comédien, de musicien et d’homme continuera.

En 1991 il sera révélé grâce au film d’Alain Corneau « Tous les matins du monde », le jeune homme de 20 ans devient célèbre, mais son père est toujours là et leurs destins sont liés quoiqu’ils veuillent.

Quatre ans plus tard, les mauvais tours de la vie persistent : en 1995 Guillaume est hospitalisé à Garches suite à un grave accident de moto sous le pont de Saint-Cloud. Il devra subir
17 opérations et des douleurs insoutenables qui le cloueront au lit durant une année entière.

Mais personne n’a oublié cet acteur au parcours prometteur, ainsi son ami et réalisateur Pierre Salvadori le fait jouer une seconde fois. Guillaume interprétera merveilleusement un rôle écrit pour lui dans « Les apprentis » qui lui vaudra d’ailleurs le césar du meilleur espoir masculin.
Puis comme son père, il jouera aux côtés de Catherine Deneuve dans « PolaX » de Leos Carax. Là encore il sera remarqué par son jeu talentueux d’écorché vif.
Puis les années 2000 semblent s’adoucir : après sa rupture avec Clothilde Coureau, il épouse la comédienne Élise Ventre avec qui il aura une petite Louise. Malheureusement la vie n’épargne pas sa santé : il est atteint d’une maladie nosocomiale contractée après son accident de moto et prend la lourde décision de se faire amputer de la jambe ; la douleur était devenue intolérable depuis ces huit dernières années. Il rebondit malgré tout et créé une fondation à son nom pour lutter contre cette lourde maladie.

La vie s’est arrêtée pour Guillaume Depardieu lors de ce triste automne 2008, alors que le cinéma continue à remplir ses grands écrans blancs, pour nous rendre celui qui nous manque déjà, cet artiste chevronné dans « Stella » et bientôt « L’enfant d’Icare ». Ou écoutez-le encore chanter « une lettre oubliée » en live avec Juliette, lisez-le aussi dans son livre « Tout donner » qu’il a coécrit avec Marc-Olivier Fogiel. Ce dernier se rappelle de la sortie du livre :
« On a écrit pendant de longues semaines, il était d'une politesse incroyable», s'est rappelé l'animateur.
«Il m'avait invité au restaurant pour fêter la sortie de ce livre. Il m'avait dit: tu vois je ne bois pas pour toi ce soir, pour respecter l'engagement qu'on avait pris ensemble. «C'était vraiment un type sensible, il est certainement mort de cette sensibilité», a-t-il conclu.

De prisons en tournages,
de chansons en rôles,
de sursis en liberté,
d’amour en déchirure,
d’alcoolémie en sobriété,
d’Arthur Rimbaud à Guillaume Depardieu, il n’ y a qu’un pas à franchir.








dimanche 5 avril 2009

Amanda Sthers n'est pas que... l'ex de... ou celle qui sort avec...

Il faut lire « Madeleine » comme on lit un poème…
La déguster avec jubilation, s’en délecter.
Attention ! Il y a un risque en effet, « Madeleine » c’est un livre court, qui aurait tendance à se lire trop vite.
Elle est capable de vous faire courir jusqu’à la fin, au lieu de vous faire marcher à côté d’elle le long de chaque page.
Alors on s’en veut parce que tous ces trésors glanés sont déjà passés et que pour bien faire, il faudrait relire « Madeleine » !
Mais selon moi, ce n’est jamais idéal de revoir, refaire, recommencer, péter, reprendre et même aliser que nous sommes allés trop vite pour la lire.
Je vous mets en garde, « Madeleine » se rencontre !
Écoutez-là, tendez l’oreille, lisez-là doucement, elle est fascinante.

« Madeleine » est par deux fois un succès :
Chantée par Jacques Brel,
Écrite par Amanda Sthers.
Lui vous parlera du plat pays comme nul autre,
Elle vous évoquera le linge qui pleure en Bretagne.
De quoi sourire lorsque l’on connaît bien ces deux régions.

Quoiqu’il en soit ne vous laissez pas avoir et prenez tout votre temps pour lire « Madeleine ».


En voici quelques extraits :

« Ce soir j’attendais Madeleine
mais j’ai jeté mes lilas
je les ai jetés comme toutes les semaines
Madeleine ne viendra pas »
(…)
C’est mon Amérique à moi…

Et quand il dit Amérique, il y croit. Il croit au symbole parce qu’il n’aime pas trop l’Amérique, c’est trop loin. Il est à fond dans sa chanson. Il rebondit faux, comme il chante. Il est moche, moche, très moche. »
----------------------------------------------------------------------------
« Il a le profil du type à qui il n’arrive rien, qui mange des légumes bio avec bonheur, qui épouse sa copine de classe et tient sa promesse de fidélité. »
----------------------------------------------------------------------------
« Elle avalait ce qu’on lui donnait, elle prenait ce qu’elle ne voulait pas. C’était toujours ça de volé à la mort. Elle apprenait des poèmes, elle bouffait des briques de bâtiments, elle connaissait le nom des rues comme si elles étaient amies. »

----------------------------------------------------------------------------

vendredi 20 mars 2009

"Je m'voyais déjà"



Je voulais me sortir « HAIR » de la tête !!!
Ma requête a été entendue, puisque l’on m’a invitée à la comédie musicale « Je m’voyais déjà ».
Je n’ai pas été un bon public pour le premier spectacle, je l’ai été pour le second.

J’étais pourtant sceptique quant aux reprises d’Aznavour, qui pour moi ne sont pas à reprendre. Ne sois pas sectaire et laisse-toi porter, ai-je pensé.

Surprise tout d’abord par les interprètes, je me suis laissée approcher par les doyens de ce show, Véronique Rivière et Pablo Villafranca. Leurs voix graves m’ont assise avec puissance, un effet instantané sur la peau ! Une chaire de poule de tous les diables s’est jetée sur mes bras.Puis ce sont les décors qui m’ont intriguée, je les ai trouvés bien pensés et originaux, pour finir par me fondre totalement parmi les scènes successives ; ils apportent précision, humour et crédibilité à toute cette comédie ; en effet les panneaux affichent des photos qui parlent et soudain c’est la ville de Paris qui vit. Une rue, un appartement, une vue sur la tour Eiffel, un frigo et un poulet cru qui s’envole…

Puis doucement la jeunesse se livre, l’actuelle société et ses clichés : un beur, une black, une grosse, un gay, un hétéro, tout le monde est là ! Ça sent l’ouverture d’esprit, la gauche aussi et Ruquier surtout, mais ce n’est pas désagréable, loin de là.
Que de belles voix, discrètes et justes lorsqu’elles sont mêlées les unes aux autres, puis tout à fait charismatiques et poignantes en duo comme en solo.

C’est un spectacle étonnant, des voix riches, une mise en scène tout à fait singulière, un tout qui nous donne envie de rester encore, de les applaudir plus longtemps, de faire trembler le sol aussi fort qu’on a aimé les écouter.

mercredi 11 mars 2009

le semi-marathon du dimanche 8 mars 2009

T'ES Où ?

Qui a mangé les 21 kilomètres de Paris dimanche dernier ?
Qui s’est traité d’imbécile en se voyant courir sous cette pluie diluvienne ?
Laquelle s’est maudite d’être une femme et non pas un homme, pour se soulager comme eux contre un arbre avant le départ ?
Qui a perdu 10 minutes à comprendre où était son SAS ?
Qui a risqué, aux ravitaillements, une chute entre toutes les peaux de banane jetées au sol et les bouteilles d’eau évitées in extremis ?
Qui a eu envie de danser avec les musiciens postés sur le parcours ?
Qui a confondu le 6 pour un 8 au 16ème kilomètre et a cru mourir en constatant que ce n’était pas 3, mais 5 kms qu’il fallait encore parcourir ?
Pour qui cette course fut-elle un grand moment, malgré les intempéries et les difficultés physiques ?
Qui a pensé à cette journée de la femme ?
Pour qui ce semi-marathon fut le premier ?
Qui en redemande ?
Qui vient courir avec moi le marathon de Lyon le 26 avril prochain en moins de 4 heures ?

jeudi 12 février 2009

Un Temple ça se contemple




Sous sa robe grise et salie, le Temple de l'Oratoire vit.


Qui interviendra ?
Celui qui sera amené le plus souvent à constater les dommages,
en l'occurrence moi qui ne peux plus fermer les yeux...
Vous avancez pour construire un fragment du monde, moi pour le raconter.
Chacun de nous a le souhait de l'idéal, pourtant bien souvent
les déprédations vont bon train et nous n'arrêtons rien.

L'un est le Maire de la ville, c'est lui qui la pense, l'organise, la construit,
l'aime et par conséquent la protège ;
L'autre est l'auteur, la biographe, le témoin de son temps et de son lieu,
celle qui laisse des empreintes pour qu'on se souvienne.

J'ai la chance de vivre et travailler
dans l'un des plus beaux quartiers de Paris, entourée par des monuments
tous plus somptueux les uns que les autres : face à moi la Cour Carrée du Louvre,
le Pont des Arts, sur ma droite le Conseil d'Etat, le Palais Royal, la Comédie Française,
dans mon dos la Place des Victoires, l'Eglise Saint-Eustache et juste en face, à quelques
mètres, si près que je pourrais l'embrasser, se trouve Le Temple de l'Oratoire !

Je vous assure ce temple est malade, il tombe bel et bien en décrépitude.

Un instant nous avons espéré une opération, une chirurgie, peut-être même
un ravalement, un coup de scalpel, de bistouri ; du blanc pour débusquer le gris.
Furent dressés deux immenses voilages blancs dans le dos de l'Amiral Coligny.
L'espoir est venu chatouiller le regard de chaque habitant ; qui n'a pas alors rêvé
d'un temple en blanc ? Tout aussi lumineux que sa voisine Saint-Roch. En vain.
Les voilages ne serviraient pas à un éventuel projet de rénovation, mais au soutien
des pierres dites "à risques".
Ainsi les mois passèrent et la saleté, la pollution, les ravages des pigeons
s'exécutèrent aussi ponctuellement que le balancier d'une horloge.
Plus de deux années se sont écoulées sans que nul travail ne soit effectué et
le tissu s'accroche désespérément aux moulures ternes des piliers extérieurs.
Quelle triste vision pour un si prestigieux monument solide et tenace depuis 1621.

Et pourtant si vous saviez la vie qui règne en son sein...
Vous êtes très certainement passé devant sa façade austère,
mais l'avez-vous vu vivre, avez-vous entendu son coeur battre ?
Moi, j'ai les yeux et les oreilles collés à sa poitrine et voici ce qu'on y voit
et entend certaines fois:

Des mariages colorés sur son parvis, des claquements de mains au milieu
des chapeaux éclatants, du fuchsia sur les étoles, des touches de vert
sur les broches, des robes blanches, des escarpins argentés.
Des hommes en tenue d'officier parés de galons et de boutons dorés.
Tant de sourires et de rires.

Un autre jour, plus calme à priori, des voix de blues,
des chants graves mêlés à des voix plus aigues qui poussent les murs
du Temple pour se répandre sur toutes les parois environnantes.
Sans même les apercevoir, de mon salon je les envie.

Et certains jours, de longs silences soulèvent des cercueils ; on ose à peine regarder
les larmes de tous ces inconnus qui restent là en bas de chez nous, on jette un oeil
sur cette boîte qui semble peser aussi lourd que toute une vie, aussi lourd qu'il faut
bien quatre hommes pour la soulever en haut des marches.

Etonnamment ces jours-là nous restons aussi devant le temple, comme si
chaque évènement méritait une pause, un temps d'arrêt pour communier,
un rassemblement d'énergies en dessous d'une croix, peu importe que nous soyons
chrétiens, protestants, juifs, musulmans, ou orthodoxes, il y a un Dieu, une force
qui nous donne envie de nous arrêter dans notre folle course citadine...

Peut-être observerez-vous ce Temple de l'Oratoire la prochaine fois
que vous passerez dans le 1er arrondissement, alors j'aurai réussi à vous faire tourner
la tête quelques minutes et qui sait si vous ne serez pas pris d'une douce envie
d'aller plus loin, comme de faire entreprendre des travaux de réfection...

vendredi 6 février 2009

Un Swing Deluxe sur la péniche de la Dame de Canton



L’hymne gitan pour poser l’ambiance.
De la chaleur malgré les -2°
Du miel dans les gorges.
Des tempos dans les guitares.
Des doigts qui accordent, pianotent, grattent et jouent.
Le clapotis de l’eau, sur la coque de la péniche, qui rêve d’être métronome.
L’imposante contrebasse qui vrombit comme un moteur,
L’accordéon qui souffle fort en disant « je suis là »
Et les 3 guitares qui se tendent fièrement sous leurs cordes.

Swing Deluxe est au complet.
La belle et talentueuse équipe, un groupe de musiciens, d’amis.
5 artistes
3 hommes :
Hagop, Édouard et Clément, qui tiennent leur guitare comme 3 jolies poupées
2 femmes Agnès et Fanny qui enlacent les plus gros instruments :
L’une entoure son accordéon,
L’autre enveloppe sa contrebasse
Les deux sont des étreintes étonnantes et charnelles.
Les deux musiciennes jouent de leurs épaules,
La poitrine en avant,
Chacune balance son buste,
Tantôt suspendu
Tendu
Tantôt élancé
Soutenu.
On pourrait croire une corrida.

La musique.
« Lâche ce violon »
Un nouvel air qui fait frissonner
Avant même de comprendre les paroles
La mélodie tzigane nous traverse
Les rythmes parlent d’eux-mêmes
Puis les mots s’en mêlent
Et le cœur s’emballe,
Le corps souffre presque
Les sens sont en éveil
Les pieds battent la mesure.
Applaudissements
Déjà ?
C’est une autre chanson
Une reprise d’Aznavour
Je ne vous la raconterai pas,
Je vous laisse y aller
Parce que tout ne se raconte pas…


lundi 2 février 2009

Samuel & Alexandre sont vivants !







Lire et ne pas réciter.
Lire pour savoir incarner les personnages d'un roman et non pas ceux d'une pièce de théâtre,
Un dialogue sans tiret,
Un duo sans duel.





C’est Lambert Wilson qui s’élance
Et toutes les phrases de l’auteur sont devenues siennes
Sans doute parce que c’est une histoire d’hommes, parce qu’il les entend parler.
Il incarne Samuel & Alexandre avec l’intonation que l’on espérait en lisant ce roman.
Rien ne le choque, ni le bouscule,
Les mots dansent sur ses lèvres, les plus sensés comme les plus impudiques.
L’impertinence d’Alexandre lui chante l’alto dans la gorge, l’innocence de Samuel lui réveille ses aigus.
Wilson ne lit plus son texte sur les longues planches foncées des bouffes du nord, mais partage une coupe de champagne avec deux amis.
Assis sur le sable froid, il contemple lui aussi une nuit sans étoile, espérant entrevoir le soleil de minuit.

Puis c’est Fanny Ardant qui doit poursuivre, comme une intruse parmi tant d’hommes.
Elle n’incarnera pas, elle commencera par lire « Samuel et Alexandre ».
Ils sont antipathiques, ne la laissent pas s’approcher, l’interpellent amusés parce qu’elle essaye.
Ils tournent autour d’elle, comme deux sales gosses qui chahutent une nouvelle fille dans la cour de récré.
Lorsqu’elle leur échappe.
Ils n’ont rien vu : Fanny Ardant les a embrassés.
D’abord ils rougissent, parce qu’elle n’est pas timide en réalité et parce que les baisers de Fanny Ardant sont troublants évidemment !
Bons joueurs, Samuel et Alexandre se laissent apprivoiser comme deux garçons faciles.
Puis se laissent griser par cette voix, cette divine et bouleversante voix.
Après le casino, la main passe aux femmes, elle et Jeanne,
Elle est Jeanne.
Elle est toutes les femmes à côté de tous les hommes.

Alors que, timidement, humblement, il doit répondre aux applaudissements,
Francis Leplay embrasse Lambert Wilson et Fanny Ardant avec les mains tremblantes, le cœur gonflé et des mercis plein la bouche.

dimanche 25 janvier 2009

LES NOCES REBELLES

Combien de gens se posent la question ?
À savoir, changer de vie…
Cette phrase tellement moderne.

Qui a entendu ses grands parents évoquer un tel concept ?
Pas les miens, j’en suis certaine.
Mais nous,
Trentenaires, quadra, quinqua
Ressentons la fièvre de la vie ;
Une drôle d’impression qui nous oblige en permanence à être en adéquation avec nous-mêmes.
Vivons-nous la vie qui nous est destinée ?
……………………………………………..
Comment le savoir exactement ?
Une passion vous anime, parfait! Vous avez une piste.
Et pour les autres ?
cherchez une petite idée qui traîne au fond d’un tiroir, un souvenir enterré dans le jardin des parents, une lettre oubliée, griffonnée à 12 ans dans le grenier de mamie qui disait « quand je serai grand, je serai… »

Non rien de tout cela.

Alors allez voir « Les noces rebelles »
Ne vous attendez pas à retrouver ces adorables têtes blondes du Titanic
Ils ne sont plus là pour vous jouer la romance sur la proue d’un paquebot
Kate Winslet et Leonardo Dicaprio sont en scène pour faire réfléchir à chaque respiration.
Inspirez un grand coup avant d’y aller
Et laissez-vous prendre par la main, le cœur, les tripes.
Vos rêves ne se tairont plus, vos angoisses non plus d’ailleurs.
Elle est splendide
Pas seulement parce qu’elle est belle
Il est criant de vérité
Parce que son rôle est sublime.
Ils m’ont déchiré le ventre par leur sincérité.
Et cette phrase qui reste là
Changer de vie
Quelle drôle d’envie :
Que de Vouloir à tout prix être Heureux.

vendredi 23 janvier 2009

Lettre à Francis Leplay

Lettre à Francis Leplay
Pour son livre « Après le spectacle »

Que de poésies, de pertinences, de rages et de délicatesses !
Quelques cent quarante pages aux tours et détours de la vie d’un homme que j’ai croisé, puis rencontré dans son livre.

J’ai vraiment aimé.

Pas de dentelles, de froufrous, de fantaisies,
Juste l’essentiel :
Le brut sans le brutal, le fort sans effort.

Il a cette plume sensée et puissante, une masculinité touchante qui force l’estime.
Son livre est une des plus belle déclaration homo-sensuelle jamais lue jusque là.
On est toujours sur nos gardes lorsqu’on lit les premières pages d’un livre dont on connaît l’auteur, c’est un peu idiot, mais c’est ainsi. On le cherche derrière une phrase, on croit l’entendre après un point, on retient sa respiration à sa première nudité, on se souvient de son visage lorsqu’il écrit qu’il sourit, puis la magie opère ou pas.

J’ai vraiment aimé.

Tout en grand, surtout OBAMA !

JANVIER 2009 -
Les bus s’alignent calmement jusqu’à l’entrée de Washington, remplis de sourires, de drapeaux, de ferveur, d’adrénaline…
Un journaliste les a comptés, tous ces véhicules sont assez nombreux pour parcourir alignés, 130km.

Puis, l’esplanade du Mall se remplit sur 3km de long, d’une foule géante, d’un bain d’espoir multicolore, de tabourets pliants pour être patients, de chuchotements, de cris heureux, de chants.
On ne peut pas tous les compter cette fois, ils sont plus de deux millions de personnes. C’est bien d’être aussi nombreux lorsqu’il fait -6° à l’abri, mais -13° en plein vent.

Et on entend le géant prêter serment, aussi timidement qu’il est grand !
Sa femme lui sourit, comme on rassure un champion qui s’est battu tel un lion des mois durant et qui s’affaiblit, lorsqu’on lui décerne son prix.
Mais le discours commence et l’assurance et la foi s’emparent de lui, sans hésitation alors, il s’élance dans une cascade de paix, d’intelligence, de réalisme, de conscience et d’espérance.
« Nous allons reconstruire l’Amérique ! »
Les Américains sont suspendus à ses lèvres, ponctuent ses phrases par des applaudissements, apnée, sourires, apnée, « yes we can » ! Standing ovation devant ce géant qui devient aujourd’hui le 44ème président des États-Unis !

Non Barak Obama n’a pas de baguette magique, comme précisent certains, en revanche il a conquis plus de monde qu’aucun magicien ne l’aurait jamais espéré…

À vous de jouer Monsieur le Géant !

Extrait du Livre « Chico l’âme des Gypsies »




Prologue

Tout a commencé par hasard, s’il existe un hasard…
Dans les années 70, Chico et son groupe los Reyes partent jouer à Saint-Tropez. Une panne de voiture est alors à l’origine de leur rencontre avec Brigitte Bardot ; celle-ci deviendra leur marraine ; le succès est à la clé.

L’été 2004, mes vacances pour le Maroc sont annulées suite à la panne de ma voiture. Je passerai donc le mois d’août à Saint-Rémy de Provence, là où j’allais rencontrer Chico dans un restaurant.
Il improvisera avec une jeune chanteuse au nom de Sara Kristal, quelques morceaux de musique gitane, pour les derniers clients.
Tellement émue et touchée par cette prestation, j’écrirai un texte en leur honneur :

La table d'à coté
Saint-Rémy de Provence
Restaurant « Chez Marie »
Le 11 août 2004

Nous cherchons un restaurant, je le veux typique, presque magique.
Au bout du troisième je suis satisfaite.
Nous nous installons dans le jardin extérieur de «chez Marie ».
Le soleil ne va pas tarder à fermer ses grands yeux dorés, mais tous ses regards ont chauffé les lieux pour longtemps. Il fait encore très chaud.
L’endroit est amusant : tout est ancien, de vieilles publicités, de vieux arrosoirs et dans ce beau jardin pittoresque, vivent joyeusement, vigne, citronnier bergamote, figuiers.
Ca sent le sud. Les sourires sont là.
On le sait à l’avance lorsqu’une soirée restera gravée comme un doux souvenir.

Viennent s’installer à la table voisine, sept personnes. Nous nous concertons, ce sont sûrement des gitans. Le patron vient les saluer et nous les présente, sans aucune raison bien définie, il a juste envie d’une bonne ambiance probablement.
Nous apprenons que le chef de famille organise une immense soirée le 14 août à Arles.
Nous rêvons alors de musique tzigane et de toute son atmosphère.

Le dîner se passe, nous allons commander 3 cafés, lorsque le patron nous demande discrètement de rester :
-« Mes amis vont chanter, faites-moi plaisir en les écoutant. »
Nous restons. Le gitan s’appelle Chico ! Il va chercher sa guitare, la pose sur ses genoux, l’accorde. La jeune femme brune à ses côtés se tourne pour être face à lui. Pour l’instant elle ne dégage rien de plus qu’une autre. Pour l’instant…
Attention ! Les doigts de Chico commencent à chatouiller les cordes, puis les gratte avec assurance. L’Andalousie apparaît, le flamenco, les grandes étendues, la musique tzigane, les femmes qui claquent des mains, le rythme parfait et saccadé.
Une émotion dans mon ventre, ma main qui bat doucement la mesure sur la table. Impossible de résister à cette mélodie.
Une voix, sa voix, la gitane entre en scène, toujours assise, mais plus du tout commune. Les cheveux noirs relevés, les yeux qui brillent, ses traits mats s’affinent.
En espagnol, elle nous chante la fatalité, « la pena », avec sa voix chaude, cassée, juste, animée, avec sa voix calme, puis montante et tellement belle.
J’imagine plus loin encore : les talons qui claquent, les gestes parfaits, les jupes qui tournent, les musiciens, las palmas.
C’est l’âme du gitan qui vient sur nous, c’est la voix tzigane. Les mots chantés sont gorgés de soleil, d’amour et de souffrance.
Que c’est beau ! Elle en devient si belle !
Nous les dévorons des yeux. Elle se lève, et dans si peu d’espace, elle se met à danser. C’était inévitable. Elle tourne sur elle-même, passe un bras au-dessus de sa tête et chante, chante de plus belle : « el amor y su pena, de su corazon y de la tristessa ».
La gitane a su implorer le ciel.
Nous avons écouté 3 chansons. Evidemment nous n’en avons pas eu assez, mais sa voix résonne encore, ses cordes vocales si bouillantes ont marqué nos ventres et nos mémoires. On voudrait savoir cette magie des gitans. Pour quelques instants on voudrait se faire passer pour un des leurs, pour vivre encore et encore ces moments de fête qu’eux seuls peuvent nous offrir. Entre un feu, des caravanes et un immense terrain vague.
Mais il est temps de partir et nous leur payons ce cadeau inestimable avec 4 grands sourires.

Chico m’appellera 5 mois plus tard pour que j’écrive sa vie…

A compter du 31 janvier 2005, jour de l’enregistrement de l’émission « Symphonic show », présentée par Michel LEEB, j’ai la chance de suivre pas à pas cet homme au sourire pour devenir l’ombre de sa guitare, en passant par toutes ses télévisions, répétitions, concerts, déplacements et ses courts moments de répit à Arles dans sa famille, au sein du patio.

Ce livre n’est pas une biographie traditionnelle, puisqu’il ne s’agit pas simplement de l’histoire de la vie d’un individu, mais plutôt d’un témoignage d’amour et d’espoir accessible à tous : petits ou grands, riches ou pauvres, français ou marocains, juifs ou catholiques, gitans ou algériens, religieux ou athées.
A travers ma plume, Chico vous fera passer le plus beau de tous les messages, celui qui gouverne sa vie : Toujours croire en ses rêves et se donner les moyens de les réaliser.
Peut-être qu’avec un peu de chance vous pourrez entendre la magie de la musique gitane en lisant sa vie, comme seul Chico me l’a fait entendre !

Ecoutez l’histoire d’un homme qui croît en l’amour coûte que coûte. Son parcours est parsemé d’embûches et de trésors ; une semaine d’orage, un mois de canicule, une année de tempête, une décennie de soleil, pour arriver enfin à l’âge de 50 ans en voyant son passé, son présent et son futur comme le plus fabuleux des arcs-en-ciel musical…