samedi 25 août 2012

Bonne Rentrée, littéraire ou pas !

Au mois d’août, je ne m’ennuie jamais, ce sont des vacances qui ne ressemblent à aucune autre. Telle une tortue, j’emporte toutes mes histoires sur mon dos, que ce soit en Sardaigne, en Crête, en Bretagne, ou encore à Toulouse aujourd’hui, essayant de garder un œil ouvert sur toutes les beautés environnantes : qu’elles soient extraites de la nature, ou tout simplement humaines.



Voici tout ce qu’il y avait sous ma carapace cet été :
DEUX ROMANS EN COURS D’ECRITURE. Ma mission était d’accompagner à distance les deux auteurs de ces ouvrages, chacun emporté par son sujet, happé par ses personnages, découragé parfois, puis animé de nouveau.
DEUX CAHIERS DE BORD rédigés par deux hommes habités par leurs combats respectifs : résilience pour l’un, burn out pour l’autre ! Je suis étonnée de voir toujours plus de courage et de volonté émaner des êtres humains. A quel point ils sont capables de se surpasser malgré des maladies et des handicaps. Ou encore de constater combien certains peuvent s’adonner à leur travail pendant des années, au point d’être pressés comme des citrons, pour un matin ne plus avoir envie de rien, se sentir éteints comme si la vie les quittait doucement, mais sûrement. Remonter la pente, comprendre ce qui les tue et se battre pour être entendus et s’en sortir.
Des romans à lire, dont « MARINA» de Carlos Luis Zafon, un auteur auprès de qui je passe toujours des moments délicieux, peu importe si chacune de ses œuvres est constamment fabriquée sur le même schéma.
J’ai rencontré également des poètes : Nèfta Poetry dont je vous avais déjà parlé et qui m’a emportée dans son recueil « OMBRES». J’ai rarement ressenti autant d’émotions fortes confondues en si peu de pages. J’ai reconnu une rage familière, je l’ai retrouvée avec des mots épatants de force, de beauté et de vérité ! Un profond respect pour cette écriture-là…
Puis j’ai rencontré un autre poète, encore plus jeune que Nèfta. Lui aussi avait cette gueule d’ange sur qui on croit que tout est lisse et qui pourtant vous balance des cris à hurler, des vérités qu’il rend supportables, mais qu’il clame avec une élégance cruelle. Tony n’est pas que le gentil serveur du restaurant « Le Sauval », situé sur le port du Pouliguen. Il est surtout un poète qui a décidé de faire découvrir aux autres les œuvres fabuleuses de Rimbaud, ainsi que sa poésie sous des airs de guitare qui nous bercent pour mieux nous réveiller !

Bonne rentrée à tous !

jeudi 26 juillet 2012

Nèfta Poetry en famille

Découverte sous un air de famille
D’une fratrie couleur ébène
Un hymne à l’amour pour les uns,
Un cri de douleur pour les autres
Et Dieu qui réunit…
Hier soir à la Bellevilloise quelque chose s’est passé,
Pire que le journal de 20h,
Toute la beauté du monde et ses cruautés
Tant de rythmes et d’influences
Tant de poésie et d’élégance
Leur musique qui coule dans nos veines
Je m’émerveille face à eux :
Nèfta Poetry, ses frères Asaliah Gad, Loco Bone, ses sœurs d'âmes Ferricia Fatia et Sista Jahan, mais aussi Gerald Toto
Happée par ses mots et frustrée de les savoir écorchés par les bruits alentours,
J’ai acheté « Ombres », le recueil de Nèfta Poetry et j’ai plongé…
Son premier texte absorbé, ses termes taillés à la serpe, à peine digérés,
Il m’a fallu attendre avant de continuer.
Elle qui violence, moi qui romance,
J’ai perdu l’habitude d’avoir mal.

Je vous laisse découvrir le texte de cette artiste LIBRE :

A LA FAVEUR DE LA NUIT…

A la faveur de la nuit, sur ma natte avachi,
J’échappe à une existence de labeur et de cris,
Et mon corps engourdi s’abime dans un lénifiant oubli
Mes songes sont bleus… azur, célestes, lapis
Tel cet infini céruléen qu’à mes aïeux j’envie,
Qui des morts est le pays, mais un apaisant abri aussi
Où je verrais le monde contre des chérubins blottis…
Des champs d’indigo et de lavande fleuris
Ravissant mes sens, ondoyant sous la pluie
Des vagues vert d’eau ! Je les éventre, leur souris.
Un château ou un berceau de sable ! Euphorie.
DE ces jeux innocents, éclats de rire, espiègleries !
Rire et rire encore à m’en rompre la rate ! Oui !
Mes songes me mènent chez Winnie et Bambi
Mes songes de bleus… azur, célestes, lapis
Mais le coq chante déjà et mon évasion s’évanouit…
Je veux éviter ses yeux par la canne rougis
Globuleux, hépatiques, jaspés de sang cuit
Car chaque soleil nouveau me trouve racorni
Par le fardeau de mes besognes accomplies.
Je ne cède ni à la nonchalance, ni à l’oisiveté ni à l’apathie
Ou je me retrouverais bien vite violemment agoni
Le cuir tanné ! Matraqué par ce bras qui punit !
Des plaies rouges marbrées, roué de fatigue, flapi
Champs de coton et mes mollets en charpie…
Pauvre diable, soubrette domestiquée corvéable à merci
Restavèk, reste avec ton bourreau, elle me dit
Et vous me demandez comment vais-je aujourd’hui ?

Mwen la…
Pa pi mal…
Ka kenbé

J’accepte ce sort avec philosophie
Car le jour qui point, je n’attends que la nuit
Qui à ma vassalité et à sa tyrannie me ravit
A la faveur de la nuit…

Papa, maman
Laissez-moi mon innocence
Papa, maman, si loin de moi la sénescence
Pourtant je perds mon élixir de jouvence
Adultie, pubescence, avanies, turgescence
Mais j’aimerais tellement vivre mon enfance.

Papa, maman
Laissez-moi vivre mon innocence
S’il vous plait comme tous les enfants
J’ai tant besoin de votre amour
Papa, maman, laissez-moi vivre…

A la faveur de la nuit, sous mes draps blottie
J’étreins tout mon corps tremblant et je prie
Mes yeux plissés, j’adjure, conjure et supplie
Les mains tissées en prière, fœtale, en repli
Enfin engourdie, la peur m’offre un répit…
Enfin endormie, mon lit un refuge cette nuit ?
Trouverais-je quiétude en cette heure qui m’occit ?
Apathique, apaisée, ma chair s’amollit,
Spongieuse, avinée et imbibée d’eau-de-vie
Mon corps abdique, lâche prise, sans vie,
Mon esprit ankylosé, tout renie, s’engourdit,
Loin du réel que j’exècre, je me crois bannie,
Mes veines rubescentes, en feu, d’ambroisie
Je me sens de toutes contraintes affranchie
Mais ce n’est qu’illusion, une vue de l’esprit
Car je sombre juste en mes morphéiques rêveries,
Quand j’effleure mes oniriques songeries,
Esquisse de mes psychédéliques utopies,
Que la porte grince, couine. Il entre en catimini.
Ses mains : l’une, intuitive, étouffe mes cris
L’autre, rapace, accroche mes cuisses meurtries.
« Chut… Silence. Papa t’aime ma petite chérie »
Il besogne, tant et tant, sa jouissance assouvit.
L’écume aux lèvres, mon pubis, il s’erfouit.
Il voudrait feulements, mais somnambulique je suis.
Point de vagissements du déhiscent vagin. Mon Kwi.
Volé, contus, suinte. Moi sous hypnose. Lui qui jouit.
Visiteur de mes nuits, le jour père qui sourit
Se retire, s’évanouit, « Silence mon petit canari ».
Le crépuscule annonce ma quotidienne agonie
Et ma mère qui m’accuse de pudibonderies !?
Je bois pour que cela cesse. Adulte je m’enfuis !
Mais pour l’heure… A la faveur de la nuit…

Extrait du livre
« Ombres » de Nèfta Poetry


mardi 24 juillet 2012

Un coach pour écrire !

Vous êtes nombreux à souhaiter un « coaching » dans vos projets d’écriture, il fallait donc que je vous raconte comment se déroulent ces travaux d’accompagnement.

Lorsque vous m’appelez, bien souvent je sens chez vous une envie profonde de changement…
Vous souhaitez vous consacrer à ce qui vous anime le plus depuis ces dernières années : l’écriture ! Chaque temps libre, chaque minute volée, chaque désistement, chaque échappée solitaire, sont utilisés dans cette optique.
Un texte par ci, un poème par là, même une chanson, oui mais pourquoi pas un roman ?
Une force indicible vous pousse à l’écrire, mais vous n’osez pas vraiment, effrayés par le mythe qu’incarnent le ROMAN et l’ECRIVAIN.
Le temps de notre première rencontre, vous m’exprimez toute la passion qui émane de vous lorsque vous écrivez et à la fois votre immense frustration à ne pas savoir comment procéder pour construire votre récit (fictif ou autobiographique). Un vide abyssal vous tétanise au point de vous arrêter bien souvent en cours de route, ou encore vous empêche de commencer.
Puis notre travail faisant, nous créons votre histoire et ses personnages, nous montons une ou plusieurs intrigues, nous construisons un plan pour ceux qui ne l’ont pas fait et enfin je vois l’espoir briller de nouveau dans vos yeux, comme des enfants à qui j’aurais dit : « Ça y est vous pouvez prendre vos cadeaux ! ». Emerveillés vous progressez dans l’écriture de votre roman tout en suivant le plan et les indications vus durant nos séances de travail.  
Je suis fréquemment estomaquée en lisant vos textes, dans lesquels brillent tous les espoirs endormis depuis de longues années. Bien sûr je vous corrige, je vous oriente afin de ne pas perdre le fameux fil d’Ariane que nous avons conçu ensemble, cependant vous êtes enfin libres d’écrire autant que vous le souhaitez dans un but précis. Vous découvrez l’astreinte de la réécriture, mais aussi et surtout la magie incroyable de créer des personnages qui vivent grâce à vous ! Vous avez réussi l’impensable : votre roman est abouti et vous vous sentez pousser des ailes dans le dos, rien de plus normal vous êtes devenus des créateurs doublés d’artistes…
Mais attention vous n’êtes pas encore édités et ce chemin réserve pléthore d’embûches et de désillusions. Nombreux sont les appelés, rares sont les élus. Vous devez donc être armés de patience et de volonté féroces pour aborder ce monde impitoyable de l’édition.
Un seul point doit vous animer cependant : votre plaisir d’écrire.

vendredi 1 juin 2012

Etre biographe c’est aussi travailler avec la mort ...

J’apprends ce matin un nouveau décès.
Cette femme n’avait pas l’âge de mourir, mais elle avait celui de souffrir.
Julie C. m’avait demandé d’écrire son histoire d’amour et attendait ce livre comme une dernière offrande à son mari défunt ; il représentait la seule chose qui la retenait à la vie. Je savais que peu de temps après lui avoir remis cet ouvrage tant espéré, elle tirerait sa révérence. Je le savais pourtant je n’ai pas ralenti ma cadence, je ne l’ai pas non plus dissuadée, j’ai continué à rédiger aussi rapidement qu’elle l’exigeait… tout en ayant une épée qui m’éventrait doucement…C'était terrifiant, plus vite j'écrivais, plus ses adieux se rapprochaient.
                                                                
Julie C. était condamnée en plus d’être une veuve inconsolable, alors j’ai écouté ses joies, ses peines, chaque détours de sa vie avec son mari. Chaque semaine pendant plusieurs mois, je l’ai regardée pleurer, retenant mes larmes pour ne pas flancher devant elle, mais trouvant la vie tellement injuste en rentrant chez moi.
C’est mon métier d’être perméable aux douleurs de mes clients, de ressentir leurs émotions au plus profond de mon cœur, pour les retranscrire le plus justement possible sans jamais avoir de parti-pris.
Julie C. avait souvent peur que je ne la crois pas, tant ce qui lui arrivait était incroyable. Je tentais de la rassurer en lui répétant que mon métier de biographe m’imposait de ne pas douter de SA vérité, à la différence d’une journaliste qui pouvait être en quête de LA vérité. Mais mes propos ne lui suffisaient pas, alors elle m’apportait des preuves irréfutables.
Oui Julie C. a vécu une existence tout à fait hors du commun, donnant une confiance aveugle et étourdissante à son grand amour, au point d’en mourir.
Qui sait si ce livre intitulé « Les amoureux du Champ de Mars » verra le jour auprès d’un éditeur, quoiqu’il en soit il est la preuve la plus étonnante du romantisme que je connaisse.

Je ne sais pas combien d’histoires douloureuses et cruelles mon cœur sera capable de supporter, combien de personnes il me faudra pleurer, je sais en revanche que ces rencontres sont des trésors incroyables qui m’honorent sans cesse.

Merci à tous de m’offrir votre confiance.
Et surtout Julie, que Dieu vous garde et vous protège...

dimanche 20 mai 2012

Ecrire des biographies et courir le triathlon de Cergy Pontoise !

Écrire ou courir, rien ne sert de choisir !

Samedi 19 mai 7h - Le soleil se lève sur Paris comme si le ciel était assez clément pour offrir aux pauvres novices du triathlon que nous sommes, un temps radieux au milieu d’un mois pluvieux !
L'excitation est à son comble, je n'ai qu'une envie : être dans la course, sentir les sensations et dépenser toute l'énergie que j’accumule depuis un mois. Grâce à notre coach, nous savons ce qu'il faut faire, comment organiser et disposer nos affaires dans le parc à vélo, comment enchaîner les disciplines. Oui mais quand il s’agit d’une première fois, quelle angoisse !
La peur s’en mêle évidemment, mais l’excitation est la gagnante ! Je n'ai plus qu'à affronter mon appréhension de l'eau et tout à coup je remonte le temps et me souviens qu’il y a 5 ans je fumais encore mes deux paquets de cigarettes quotidiens, que je n’avais aucune activité sportive dans ma vie. Depuis ces cinq dernières années j’ai gravi chaque marche une à une en remplaçant la nicotine par l’endorphine : première inscription à la course de la Parisienne (6 km), puis à la Human Race (10 km), le semi-marathon de Paris (21 km), passer le cap et courir mon premier marathon (42 km) à Sénart et souffrir le martyre jurant qu’on ne m’y prendrait plus ! Et pourtant l’année d’après je courais le marathon de Paris avec une facilité insoupçonnable tout en faisant un temps honorable.
Puis, mon entourage me tente avec l’idée folle de courir un « petit » triathlon, oui mais un triathlon quand même ! Je relève le défi alors que j’ai horreur de nager dans une eau trouble et que je ne pratique que la brasse coulée lorsque je nage à la piscine pendant les vacances ! C’est dire le niveau !
Mais les défis à relever sont mes leitmotivs, le dépassement de soi une raison d’être…
J’oublie les poissons lacustres, j’entends le décompte, les encouragements de ma famille et de mes amis, les battements de mon cœur, l’eau froide et marron claire, JE PLONGE avec la centaine de participants en me disant que je suis folle, mais que j’aime cela ! Incapable de m’élancer dans un crawl, je nage la brasse coulée en essayant de garder mon souffle tant le froid et l’excitation me saisissent en même temps. Tous ces bonnets jaunes qui me dépassent… tant pis… respire, avance et oublie cette couleur marron qui t’empêche de voir à 20 cm. Un coup d’œil en arrière, je vais mieux, d’autres sont derrière ! Mais tant d’autres sont devant… Peu importe, le principal est d’arriver, de ne pas couler ici en plein milieu du lac. Qu'il est bon de voir la plage et ces oriflammes qui dansent avec le vent. Que la vie est belle lorsque mes pieds touchent le sol, que j’entends mon prénom et que mes supporters sont là en criant « c’est bien fonce ! »


Courir, défaire ma combinaison en même temps, arriver devant mon vélo, me sécher, mettre mon t-shirt, mon casque, les lunettes, attacher la jugulaire, mettre mes chaussures, décrocher mon vélo, courir à côté, crier pour sortir les lions qui grondent dans mon ventre, ne pas glisser avec ces chaussures bizarres, dépasser la ligne bleue, monter et pédaler à fond, toujours plus vite, remonter la file, se faire dépasser, remercier les bénévoles qui stoppent la circulation, se faire dépasser encore, en dépasser d’autres, se dresser sur les pédales pour surmonter les ascensions douloureuses, apprécier le plat et le paysage par la même occasion, remercier le bon Dieu pour tant de beautés. Tirer, pousser sur les cuisses et me répéter inlassablement que j’ai de la chance de vivre de tels moments, de sentir les parfums du monde, d’admirer ses couleurs et ses fleurs…
L’arrivée de la seconde épreuve est imminente… attention… Trois, deux, un je décroche un pied, puis l’autre et la joie me submerge lorsque j’entends « Bravo Gwenn tu es la 6e femme ! » Tout n’est pas fini, il va falloir courir à présent, mais avant : on rentre dans le parc à vélo, on détache la jugulaire du casque, on change de chaussures, on boit et on repart ! Je suis portée par une force tellurique qui m’exhorte à tous les combats ! Je crois voler au-dessus de la terre et pourtant je comprends vite qu’il va falloir ralentir pour récupérer un souffle vital ; mes jambes sont parties trop vite. Je ralentis pour retrouver ma respiration, mais l’esprit de compétition est plus fort, je rêve de gagner une place, je me décale et aperçois une femme au loin. C’est possible, je peux la rattraper. Le souffle à peine repris, j’allonge ma foulée, la distance est réduite entre nous et les kilomètres passent sous mes pieds comme des obstacles grandissants. Je passe ma concurrente en maintenant mon allure, l’arrivée est proche : 2 km ! Il faut tenir bon, ne rien lâcher jusqu’au bout, car je ne sais pas qui j’ai derrière moi. Moins d’une heure trente, je l’ai fait, sans souffrance, avec une volonté féroce et une joie démentielle. Me voilà 5e femme de la course pour mon premier triathlon « découverte » !
Que c’était bon !


jeudi 3 mai 2012

Elections Présidentielles


Tandis que le monde est suspendu entre la droite et la gauche, oscillant allègrement jusqu’au jour J, que la presse se déchaîne à savoir qui des deux candidats est le plus mou ou le plus dur, que les sondages tombent comme des guillotines aiguisées et intraitables, moi qui ne suis pas présidente, je préfère ma place à la leur en lisant les témoignages qui arrivent dans ma messagerie !

« Très chère Gwenndoline, bien que nous ne soyons pas dimanche (jour où j’étais censée lire votre récit), je ne résiste pas à l'envie de vous dire merci ! Mille fois mercis car vous avez parfaitement su exprimer les sentiments qui nous unissaient mon mari et moi, l'homme qu'il était sans mièvrerie avec délicatesse pudeur et sensibilité. A ma grande tristesse je ne peux plus parler pour lui, mais nous étions toujours du même avis, cela en était frustrant car point de polémique ni de discussion, aussi je pense pouvoir dire qu'il aurait aimé ce manuscrit, je n'ai pas pus le lâcher hier soir et l'ai lu jusqu'à la dernière ligne. »
Julie C

vendredi 6 avril 2012

Biographie romancée

Je vous présente le dernier né.
Le cahier des charges était celui-ci : "Je souhaiterais que vous rédigiez la biographie de mon défunt mari comme si c'était un roman. Je veux lui rendre un dernier hommage avant de le retrouver."
Ma rencontre avec cette femme fut extrêmement poignante et une fois de plus je n'en sors pas indemne...
J'aurais aimé connaitre ce fameux Edouard C, un homme brillant, généreux, drôle, charismatique, dynamique et engagé jusqu'à son dernier souffle ; peut-être dans une autre vie...


Prologue

Tout a commencé en humant le parfum délicieux d’un bouquet de roses blanches…
Un vœu, un seul : te rencontrer, toi mon âme sœur, mon autre, ma moitié d’orange.
Ce matin frais du mois de décembre 1990, j’étais vraisemblablement reliée directement à Dieu, assise seule dans ma chambre avec mes 30 ans, mes désillusions et mes rêves les plus fous. Je fus entendue puisque le premier mai de la même année, nous étions côte à côte dans la même soirée, toi vêtu de ta prestance et de tes yeux bleus incroyables, moi d’une robe noire, de mes jambes nues et d’un sourire discret.
La soirée fila comme un éclair joyeux et bienveillant, comme si nous nous connaissions déjà, assis sans se toucher, nos âmes s’effleurant pourtant telles deux amantes mutines.
Sans se le dire nous savions qu’une force irrationnelle nous unissait et que désormais nos routes seraient liées pour le meilleur et rien d’autre !

Moi : séparée, mère de deux jeunes enfants, je vivais à Paris. Toi : veuf, père de cinq enfants, tu résidais principalement à Lille, profitant de la vie parisienne pour son meilleur aspect : la détente. Rien ne laissait présager notre rencontre, encore moins notre amour et pourtant tu m’as offert les dix-huit plus belles années de ma vie avec une folie douce absolument divine, une passion incommensurable, une adrénaline incessante, une cadence enivrante, pour vivre le présent le plus intensément possible…

Mais avant de vous conter notre merveilleuse idylle, je dois vous raconter qui fut Edouard C. : ses origines, sa famille, sa place qu’il voulait discrète au sein de la célèbre entreprise familiale, son tempérament, ses passions et son amour pour moi. Vous raconter enfin comment nos existences se sont retrouvées mêlées et avec quelle force nous avons défié de nombreux obstacles : la différence d’âge, la maladie, la jalousie et la haine, tout cela grâce à l’amour, le véritable, le grand, l’indéfinissable, l’inconditionnel amour.

...

lundi 26 mars 2012

Polisse & La Ballade de Lila K

Vos demandes sont toujours plus nombreuses et j’en suis enchantée. De fait je n’ai pas eu le temps de vous parler de toutes les belles choses que j’ai lues ou vues. En voici au moins deux :

J’aurais voulu vous dire combien « la ballade de Lila K » m’avait séduite, qu’il fallait courir acheter ce livre de poche consacré « prix des lecteurs 2012 », mais demander aux âmes fragiles de s’abstenir peut-être, car Blandine Le Callet dérange, bouleverse, renverse ! Ce livre est pour moi un hymne à l’amour filiale, un chant cruel et magnifique d’une enfant pour sa mère. Sa vision futuriste posée là entre ses lignes ne fait que rendre son récit encore plus unique. Les livres de cette puissance sont rares, je suis heureuse d’avoir découvert ce petit bijou.

J’aurais voulu vous parler également du film « Polisse » qui m’a laissée sidérée par sa justesse et par la qualité de jeu de tous ses acteurs ! J’ai mis du temps à accepter de voir un film qui traitait d’un sujet aussi grave et pourtant je me suis laissée entraîner par toutes ses voix qui me répétaient en boucle : « quel film ! » Et puis cette absence de prix m’a encore plus interpelée, la réaction de Mathilde Seigner aussi, bref il a fallu que je sache, que je me fasse ma propre opinion. C’est chose faite. A mon sens ce film de Maïwenn méritait au moins un prix : celui de la plus belle gifle. C’est l’effet qu’il m’a produit : une claque monumentale qui m’a envoyée au sol avec force et application, la joue cuisante pendant toute une soirée, ajoutée à une peine immense coulée dans le ventre.


Rendez-vous très prochainement pour la suite des belles découvertes…

mardi 31 janvier 2012

Biographe c'est aussi ça !

Je résumerais volontiers ma passion pour l'écriture à cette vidéo.
Si je prête ma plume aux autres, c'est pour ce résultat !
Regarder son prochain... et si possible lui apporter son talent...
 

Biographie de couple

C'est l'histoire d'un homme qui offre un livre à sa femme pour son anniversaire...

Prologue

Lundi 2 mai 2011.
Il est 17 heures, je suis sur mon canapé, encore émerveillé par mon fabuleux week-end… Je suis comme un enfant qui revient de sa plus belle colo et qui doit reprendre l’école. Je découvre que tous ceux qui ont vécu avec moi ces trois jours sont tous dans le même état : déprimés d’être
rentrés ! On s’appelle les uns les autres, on se remémore les bons moments, les soirées, les rires…
Après ces coups de fils échangés comme le prolongement de mon anniversaire, je pense inévitablement au tien qui approche… Même si j’ai confiance en moi, j’ai un peu le vertige.

J’ai six mois pour trouver un cadeau aussi unique que toi. Je veux qu’il soit fait sur mesure comme la plus belle des robes, sans qu’elle ne soit jamais démodée et surtout que tu sois la seule dans le monde à la porter !
J’ai en tête une direction : ta vie, la psychanalyse et ta passion pour les mots…
Une idée me vient : je vais écrire un livre, mais je ne sais pas écrire. Qu’à cela ne tienne, je trouverai quelqu’un pour m’aider !
Le temps est passé, je n’ai plus que deux mois pour m’y atteler. Ma mission est d’écrire et de mener l’enquête…
Je me fais une raison je ne serai jamais Stefan Zweig, mais un mari amoureux fou de sa femme, ce qui n’est pas un atout négligeable pour créer un cadeau incroyable !

Fabienne, Carole, Michèle, Clara, Jean-Pierre, Robert, Dov, Lucienne, tous me répondent avec élan et profondeur. Je suis face au canevas incroyable de ta vie et peu à peu tout se démêle, s’enchaîne et m’entraîne dans un plaisir incessant. J’aime découvrir qui tu es, quelle petite fille tu as été. Cela m’enchante de savoir comment tes amis te percevaient durant l’enfance, à l’adolescence, comment te voyait ta famille … Et pour moi qui connais tes perceptions, c’est quelquefois assez troublant. Je t’entends me raconter l’histoire de la voiture que ton père t’avait offerte durant tes études de médecine et qu’il a revendue sous prétexte que tu n’avais pas obtenu ton passage en seconde année… Tu découvriras que les intéressés ne sont pas les mêmes que dans tes souvenirs !
Mais le plus émouvant a été aussi d’entendre à chaque rencontre les mêmes mots : « la générosité de Laurence »  fait l’unanimité !

Je récolte les informations, les trie, m’en imprègne, les digère, pour les écrire enfin. En fonction des interviews je construis les chapitres de ton histoire, j’étire les propos des uns, tronçonne les mots des autres, puis je me lance en y insérant des moments de ma vie, assez courts, mais assez précis pour nous comparer.
L’idée me plaît de me livrer dans ton livre. Soudain je trouve un sens à cette démarche et ta phrase résonne en moi : « Il y a les psychanalysés et les autres », je ne suis pas en analyse et pourtant j’en ressens les effets en m’obligeant à raconter ainsi mon histoire, la tienne et enfin la nôtre…
A mon tour de disséquer, d’analyser, de comprendre, de déchiffrer d’incroyables hasards, qui n’en sont peut-être pas. Pour commencer, je constate des petits détails : non seulement j’ai racheté une société qui porte ton nom, mais elle se trouve face au lycée Molière, ton lycée ! Je viens travailler chaque jour dans le quartier de ton enfance !!!
Grâce à cette enquête j’apprends à te connaître encore mieux, à me fondre en toi, à me glisser sous ta peau pour mieux te sentir, à t’apprivoiser et à t’aimer toujours plus…

Peu à peu je deviens plus silencieux que d’habitude, je réfléchis à ce livre chaque matin et chaque soir, je n’arrête pas de penser. Jusqu’à réaliser chamboulé, qu’à travers nous, le peuple Juif est omniprésent. Que nos grands-parents soient Tunisiens ou Polonais, que nos familles soient plus ou moins religieuses, que nous mangions casher ou pas, le Juif errant est là et bien là au cœur de notre histoire !

A chaque ligne écrite, mon cadeau se construit avec des vérités, des ressentis, des erreurs forcément, des interprétations les miennes et celles de ton entourage, mais je n’ai pas d’autre choix, je ne veux pas t’interroger, ni que tu sois au courant.
J’ai choisi de prendre le risque de ne pas toujours coller à la réalité, de penser à ta place, de laisser ton environnement s’exprimer, en me demandant sans cesse ce que tu en penserais et finalement j’ai accepté ce fameux lâcher-prise pour t’offrir le cadeau le plus périlleux qu’il m’ait jamais été donné d’accomplir !

Bon Anniversaire mon  amour…

R.

vendredi 6 janvier 2012

Voeux 2012


A vous à qui j’ai prêté ma plume.

Nous avons travaillé ensemble quelques mois, voire quelques années et vous m’avez tous apporté une grande sincérité, mais surtout une confiance infinie ; je vous en suis extrêmement reconnaissante.
J’ai aimé nos échanges marqués de diverses teintes : claires, ombragées, sombres ou éclatantes.
Je ne vous l’ai pas toujours montré, mais bien souvent vous m’avez émue par certains drames que vous avez vécus, ou par un simple silence. Vous m’avez fait rire et sourire aussi avec quelques anecdotes, ou même par vos expressions. Quelquefois je me suis sentie triste ou meurtrie à votre place, à d’autres très heureuse et légère. A travers votre histoire j’ai vécu une quantité d’émotions et des vies tellement riches, je vous en remercie.

J’ai aimé écrire votre vie, votre roman ou votre essai. J’ai tenté d’être vous ou votre proche, de comprendre votre unicité, vos attentes, vos craintes, vos rêves pour vous rendre un livre à la hauteur de ce que vous espériez.
Vos témoignages enthousiastes me forcent à croire que je dois poursuivre dans cette voie, alors grâce à vous, je continue plus que jamais ma route de biographe.

Je vous souhaite à tous une santé de fer, une famille et des amis toujours présents et compréhensifs, l’envie et des sourires par milliers. 

Très bonne année 2012 à tous, même à ceux pour qui je n'ai pas encore écrit !!!

Gwenndoline Sauval, votre plume.