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samedi 11 janvier 2014

Agnès sa nièce...

J'ai retrouvé le poète de mon enfance…
Quoi de plus charmant qu'une petite fille qui chante Tarentelle, La puce et le pianiste, Les Batignolles, L'opéra, ou encore Le petit pont de bois. Je me revois sourire, danser sur ses airs, j'entends encore mes mots s'emmêler en voulant épater les invités, les chanter à tue-tête à l'arrière de l'Autobianchi, en route pour les vacances.
 
Mais qui grandit en suivant le poète au doux regard et à la guitare qui le démange ?
Comme quelques-uns, j'ai lâché sa main, préférant un Goldman, un Bruel, un Raphaël, un Bénabar, un Biolay, un Stromae, ou encore un Doré.
Puis sur ma route, une musicienne fait son apparition, elle est jeune, solaire, érudite, pétillante et porte un accordéon ! Adieu Yvette Horner, bonjour Agnès Duteil !
Avec elle, je redécouvre le jazz manouche et surtout Astor Piazzola. Elle danse avec son instrument, comme un toréador fait tourner sa cape au cœur de l'arène. Quand Agnès joue, elle est ailleurs, fière, encore plus grande que d'habitude.
Des années d'amitié qui me font presque oublier qu'Agnès est sa nièce, jusqu'à hier soir. Elle dans le public, lui sur scène, ces deux-là sont bien issus de la même famille musicale.
Les premières minutes du concert, j'ai souri avec légèreté, je me croyais un peu au-dessus de tout ça… Je n'avais plus vraiment l'âge d'être là, mes goûts avaient tout de même sérieusement évolué en plus de trente ans !
Oui mais voilà, mon poète de l'enfance avait évolué à son tour. Comme pour nous tous, la vie était passée par là et s'était frottée à lui avec douceur et avec dureté aussi. Des chansons sont venues se poser entre toutes les guitares, le piano, le violoncelle et la contrebasse : Et si la clé était ailleurs, Naître, Secrets de famille, et enfin La chanson des Justes… qu'il est important d'écouter, particulièrement en ce moment ! Des émotions d'une puissance rare qui m'ont serré la gorge, parce qu'elles sont touchantes, sincères, intemporelles et tellement inattendues.

Personne ne m'avait dit de prendre des mouchoirs pour assister au concert d'Yves Duteil, pas même Agnès sa nièce !



jeudi 26 juillet 2012

Nèfta Poetry en famille

Découverte sous un air de famille
D’une fratrie couleur ébène
Un hymne à l’amour pour les uns,
Un cri de douleur pour les autres
Et Dieu qui réunit…
Hier soir à la Bellevilloise quelque chose s’est passé,
Pire que le journal de 20h,
Toute la beauté du monde et ses cruautés
Tant de rythmes et d’influences
Tant de poésie et d’élégance
Leur musique qui coule dans nos veines
Je m’émerveille face à eux :
Nèfta Poetry, ses frères Asaliah Gad, Loco Bone, ses sœurs d'âmes Ferricia Fatia et Sista Jahan, mais aussi Gerald Toto
Happée par ses mots et frustrée de les savoir écorchés par les bruits alentours,
J’ai acheté « Ombres », le recueil de Nèfta Poetry et j’ai plongé…
Son premier texte absorbé, ses termes taillés à la serpe, à peine digérés,
Il m’a fallu attendre avant de continuer.
Elle qui violence, moi qui romance,
J’ai perdu l’habitude d’avoir mal.

Je vous laisse découvrir le texte de cette artiste LIBRE :

A LA FAVEUR DE LA NUIT…

A la faveur de la nuit, sur ma natte avachi,
J’échappe à une existence de labeur et de cris,
Et mon corps engourdi s’abime dans un lénifiant oubli
Mes songes sont bleus… azur, célestes, lapis
Tel cet infini céruléen qu’à mes aïeux j’envie,
Qui des morts est le pays, mais un apaisant abri aussi
Où je verrais le monde contre des chérubins blottis…
Des champs d’indigo et de lavande fleuris
Ravissant mes sens, ondoyant sous la pluie
Des vagues vert d’eau ! Je les éventre, leur souris.
Un château ou un berceau de sable ! Euphorie.
DE ces jeux innocents, éclats de rire, espiègleries !
Rire et rire encore à m’en rompre la rate ! Oui !
Mes songes me mènent chez Winnie et Bambi
Mes songes de bleus… azur, célestes, lapis
Mais le coq chante déjà et mon évasion s’évanouit…
Je veux éviter ses yeux par la canne rougis
Globuleux, hépatiques, jaspés de sang cuit
Car chaque soleil nouveau me trouve racorni
Par le fardeau de mes besognes accomplies.
Je ne cède ni à la nonchalance, ni à l’oisiveté ni à l’apathie
Ou je me retrouverais bien vite violemment agoni
Le cuir tanné ! Matraqué par ce bras qui punit !
Des plaies rouges marbrées, roué de fatigue, flapi
Champs de coton et mes mollets en charpie…
Pauvre diable, soubrette domestiquée corvéable à merci
Restavèk, reste avec ton bourreau, elle me dit
Et vous me demandez comment vais-je aujourd’hui ?

Mwen la…
Pa pi mal…
Ka kenbé

J’accepte ce sort avec philosophie
Car le jour qui point, je n’attends que la nuit
Qui à ma vassalité et à sa tyrannie me ravit
A la faveur de la nuit…

Papa, maman
Laissez-moi mon innocence
Papa, maman, si loin de moi la sénescence
Pourtant je perds mon élixir de jouvence
Adultie, pubescence, avanies, turgescence
Mais j’aimerais tellement vivre mon enfance.

Papa, maman
Laissez-moi vivre mon innocence
S’il vous plait comme tous les enfants
J’ai tant besoin de votre amour
Papa, maman, laissez-moi vivre…

A la faveur de la nuit, sous mes draps blottie
J’étreins tout mon corps tremblant et je prie
Mes yeux plissés, j’adjure, conjure et supplie
Les mains tissées en prière, fœtale, en repli
Enfin engourdie, la peur m’offre un répit…
Enfin endormie, mon lit un refuge cette nuit ?
Trouverais-je quiétude en cette heure qui m’occit ?
Apathique, apaisée, ma chair s’amollit,
Spongieuse, avinée et imbibée d’eau-de-vie
Mon corps abdique, lâche prise, sans vie,
Mon esprit ankylosé, tout renie, s’engourdit,
Loin du réel que j’exècre, je me crois bannie,
Mes veines rubescentes, en feu, d’ambroisie
Je me sens de toutes contraintes affranchie
Mais ce n’est qu’illusion, une vue de l’esprit
Car je sombre juste en mes morphéiques rêveries,
Quand j’effleure mes oniriques songeries,
Esquisse de mes psychédéliques utopies,
Que la porte grince, couine. Il entre en catimini.
Ses mains : l’une, intuitive, étouffe mes cris
L’autre, rapace, accroche mes cuisses meurtries.
« Chut… Silence. Papa t’aime ma petite chérie »
Il besogne, tant et tant, sa jouissance assouvit.
L’écume aux lèvres, mon pubis, il s’erfouit.
Il voudrait feulements, mais somnambulique je suis.
Point de vagissements du déhiscent vagin. Mon Kwi.
Volé, contus, suinte. Moi sous hypnose. Lui qui jouit.
Visiteur de mes nuits, le jour père qui sourit
Se retire, s’évanouit, « Silence mon petit canari ».
Le crépuscule annonce ma quotidienne agonie
Et ma mère qui m’accuse de pudibonderies !?
Je bois pour que cela cesse. Adulte je m’enfuis !
Mais pour l’heure… A la faveur de la nuit…

Extrait du livre
« Ombres » de Nèfta Poetry


samedi 14 novembre 2009

Diam's S.O.S


Diam's lève le voile...



Pas facile ce succès pour une petite femme qui n’a pas les armes.
Dur d’être obligée de tout justifier : tes origines, ta couleur, ta paye, ton look, ta religion, tes croyances.

T’as besoin de passer des messages d’espoir, de justice pour les jeunes et de tolérance pour les moins jeunes. Alors tu brandis ta voix comme une guerrière.
Rien n’est facile, pas même ton style ; car même le rap, certains peinent à te l’attribuer, parce que tu viens du 9.1 et pas du 9.3 ! Ah les fous ! Ta musique on l’entend 10/10.
Ça sonne juste, ça tape dur, ça parle d’amour, de la vie, de la drogue…
Et tu déballes comme une boulette infernale,
Tu fais du bruit, cogne dans les portes telle une furie.
Et puis tu pleures parce que ça fait mal.
C’est ça la bataille petite femme.
C’est ça la guerre : retirer des cœurs la misère.
Mais cette route est longue, elle est infinie et tu n’auras pas assez d’une vie pour tout hurler, pour tout soigner. Alors garde encore du souffle.

Ecoutez bien sa voix, ses mots qui frappent, ses violons qui valsent, ses percussions qui cognent, son piano qui caresse.
C'est un chaud-froid saisissant !
Ecoutez-la gueuler la vie avec sa rage, vous ne risquerez rien d’autre que d’apprendre le courage.

vendredi 6 février 2009

Un Swing Deluxe sur la péniche de la Dame de Canton



L’hymne gitan pour poser l’ambiance.
De la chaleur malgré les -2°
Du miel dans les gorges.
Des tempos dans les guitares.
Des doigts qui accordent, pianotent, grattent et jouent.
Le clapotis de l’eau, sur la coque de la péniche, qui rêve d’être métronome.
L’imposante contrebasse qui vrombit comme un moteur,
L’accordéon qui souffle fort en disant « je suis là »
Et les 3 guitares qui se tendent fièrement sous leurs cordes.

Swing Deluxe est au complet.
La belle et talentueuse équipe, un groupe de musiciens, d’amis.
5 artistes
3 hommes :
Hagop, Édouard et Clément, qui tiennent leur guitare comme 3 jolies poupées
2 femmes Agnès et Fanny qui enlacent les plus gros instruments :
L’une entoure son accordéon,
L’autre enveloppe sa contrebasse
Les deux sont des étreintes étonnantes et charnelles.
Les deux musiciennes jouent de leurs épaules,
La poitrine en avant,
Chacune balance son buste,
Tantôt suspendu
Tendu
Tantôt élancé
Soutenu.
On pourrait croire une corrida.

La musique.
« Lâche ce violon »
Un nouvel air qui fait frissonner
Avant même de comprendre les paroles
La mélodie tzigane nous traverse
Les rythmes parlent d’eux-mêmes
Puis les mots s’en mêlent
Et le cœur s’emballe,
Le corps souffre presque
Les sens sont en éveil
Les pieds battent la mesure.
Applaudissements
Déjà ?
C’est une autre chanson
Une reprise d’Aznavour
Je ne vous la raconterai pas,
Je vous laisse y aller
Parce que tout ne se raconte pas…