lundi 30 août 2010

Quelques heures à Bangkok




Moi, petite occidentale débarquant au cœur d’une cité épatante de différences, j’ai cru mourir en posant le pied sur le macadam brûlant de Bangkok !
Accablée par cette chaleur écrasante, mon allure ne devait pas dépasser les 4 km/h et je faillis me faire piétiner plus d’une fois. Il était donc plus raisonnable de pratiquer la vie citadine dans le bon sens, en acceptant de circuler dans un Tuk-Tuk !
Négociations en cours, humeur joyeuse du chauffeur, couleurs pétantes de l’engin, lumières de fête foraine à l’arrière, banquette en skaï rose ! J’adore ! Je monte ! « Kapunkââââââââ » qui signifie « merci »
En route mauvaise troupe !
Attrapons les poignées et prions ! Le Tuk-Tuk est un mélange épicé de kart, triporteur, taxi, bolide dans lequel il vaut mieux aimer la vitesse et avoir le goût du risque. Le moteur gronde comme celui du vieux solex de mon grand-père sur lequel on aurait débridé le moteur et modifié le pot d’échappement pour obtenir un bruit hors du commun.
La ville ne se découvre pas de la même manière qu’à pieds, tout va vite, on tente de se couvrir le nez et la bouche comme le font les Thaïlandais pour se protéger des pots d’échappement, on serre les genoux lorsque le chauffeur se faufile entre un bus et un taxi, on se dit que l’hôtel est bien loin de Kohsan Road et que pour 120 baths (3 €), ce n’est vraiment pas cher payé.
Bangkok c’est immense et tout se ressemble, tout du moins pour moi qui le découvre pour la première fois et lorsque j’arrive à bon port, je suis heureuse de me décoller du skaï brûlant de la banquette arrière.
Au risque de me faire piétiner, je préfère marcher !
Ce n’est qu’en prenant le temps d’arpenter les étals de nourriture, les antiquaires, ou autres magasins en tous genres que je peux découvrir l’âme de cette cité extraordinaire. Et c’est ainsi que j’ai crapahuté sous un soleil de plomb, mangé dans des endroits qui ressemblaient davantage à nos abris-bus qu’à des restaurants, pris le bateau pour traverser le fleuve envahi de nénuphars et laissant sur ses rives des constructions très… bancales ! Puis, j’ai visité Wat Po, j’ai suivi tous ces bonzes, prié à côté d’eux, admiré le buddha couché, écrit mon nom sur des carnets d’enfants Thaïlandais, pour qu’ils aient un souvenir d’une occidentale qui se trouvait juste à côté d’eux.
Puis j’ai marché et marché encore jusqu’à l’épuisement, jusqu’à accepter de monter une fois encore dans un tuk-tuk…

jeudi 1 juillet 2010

Playing for change


20h devant la Cigale.
Nus pieds, jupes, pantalon en lin, débardeurs, éventails, on a très chaud, mais ce n’est pas grave, nous allons assister au concert de Playing for change.
Discrètement, sur la droite, un vieux monsieur à la barbe blanche et fournie, vêtu d’une salopette en jeans et d’un t-shirt rouge, avance à tâtons accompagné d’un guide ; les deux hommes passent par l’entrée des artistes. La foule chuchote:
« c’est Grandpa » !
Tous le reconnaissent, parce que la vidéo de « stand by me » a déjà fait le tour de la planète. Et tous ceux qui sont là ce soir savent que Grandpa est un Noir-Américain de la Nouvelle Orléans, qu’il a une voix céleste, qu’il est aveugle et qu’il chantait avec son harmonica dans les rues, jusqu’à ce que l’équipe de Playing for change ne l’embarque dans leur projet. Cette belle association créée en 2007 est avant tout une entité séparée, à but non lucratif, destinée à venir en aide aux communautés rencontrées lors de leurs voyages. Ainsi elle se consacre essentiellement à la construction et au développement d'écoles de musique dans plusieurs pays: l'Afrique du Sud, le Mali, le Ghana ou le Népal.

Après avoir projeté un film résumant cette fabuleuse histoire, la salle entière de la Cigale est prête à savourer le show de tous ces musiciens issus des 4 coins du monde, unis pour la paix au travers de la musique.
Tous les artistes sont sur la scène, y compris Grandpa qui est installé sur sa chaise, sa canne blanche laissée à ses pieds. La foule est en liesse, un standing ovation leur est adressé. Que ce soit Clarence Bekker (chant), Grandpa Elliott (chant, harmonica), Tal Ben Ari "Tula" (chant), Mermans Kenkosenki (chant, congas), Titi Tsira (chant), Jason Tamba (chant, guitare acoustique), Pierre Minetti (chant, guitare acoustique), Bhekani Memela & Sinamuva (choeur), Reggie McBride (basse, choeurs), Hugo Soares (chant, guitare acoustique), Rajhesh Vaidhya (veena), Louis Mhlanga (guitare électrique), Roberto Luti (dobro), Stefano Tomaselli (saxophone alto), Steve Molitz (clavier), Peter Bunetta (batterie), François Viguié (percussion), Mohammed Alidu (talking drum, djembe) et Venkat (percussion), c’est un festival de joie et de talents réunis.
Quelle union, quel rythme, quelle chaleur !!!
Et dire que certains d'entre eux faisaient la manche il y a encore quelques mois. A quoi pense Grandpa en ce moment, face à son public qu'il ne peut pas voir ? Que ressent-il ici et sur toutes les scènes du monde, alors qu'il connait le succès à plus de 80 ans ! Se dit-il que le Seigneur est un sacré farceur de l'avoir laissé chanter dans la rue pendant tant d'années, pour lui accorder tant de faveurs aujourd'hui ? (En voilà une belle biographie !)

Il faut les voir bouger au rythme du djembé, de la guitare, de l’harmonica, de la batterie, mais surtout il faut les entendre chanter, car il y a quelque chose de divin qui s’est posé au-dessus de leurs têtes.
C’est étonnant de voir la Paix, fabuleux d’avoir l’impression qu’en effet, les êtres humains du monde entier peuvent s’unir autour de la musique !
Il faut vraiment les voir.
C’est si bon cette énergie qui circule dans cette salle qui ressemblait à une étuve entre la chaleur de ce 30 juin 2010, nos émotions, leur puissance et tout cet amour pour la musique.

Je n'avais qu'une envie durant ce concert mirifique: découper le toit de la Cigale pour faire exploser tant de magie au reste du monde…

lundi 10 mai 2010

Parution de la biographie de Mr Battestini


Et voici le dernier né !
Sa parution est prévue au mois de juin.
L'invitation à la dédicace, (et projection du film) sera envoyée à ceux qui le désirent.
La date n'est pas encore arrêtée, toutefois, l'évènement aura lieu à la rentrée aux Invalides.

mercredi 21 avril 2010

tête à tête avec une ange...rienne


Il existe des rencontres extraordinaires,
Une sorte de tête à tête unique qui ne vous laisse pas indemne.

Je viens de rentrer de la ville de Saint-Jean-d’Angély. Pour ceux dont ce nom ne provoque aucune résonnance, comme ce fut le cas pour moi, cette ville est située à quelques kilomètres de Cognac dans la région de Poitou-Charentes et leurs habitants sont des Angériens.
J’y ai fait la connaissance d’une femme au charisme et à la bienveillance exceptionnels. Accueillie chez elle, durant deux séjours de deux jours, j’ai appris à découvrir cette femme, de sa naissance jusqu’à nos jours.
Jusque là, il n’y a rien d’inhabituel dans cette approche, c’est ainsi que je procède avec tous mes « clients » qui souhaitent que j’écrive leur biographie ; ce qui l’a été davantage c’est l’individu. Toutes les personnes âgées ne sont pas sensationnelles et ce n’est pas parce qu’elles ont vécu longtemps que cela leur attribue un droit de sagesse et d’amabilité instantané. Rien n’est accordé d’office, de la même manière qu’un enfant n’est pas obligatoirement mignon sous prétexte qu’il est un enfant. Ce serait bien trop simple.

Chez Hélène, j’ai trouvé un être insolite. Cette femme est née au début du siècle et possède une ouverture d’esprit, une tolérance et un modernisme, assez inaccoutumés. Joueuse de tennis jusqu’à ses 87 ans et après avoir été à plusieurs reprises championne de Poitou-Charentes, elle a défié d’autres vétérans sur la terre battue de Roland Garros. Cette battante a conservé ce même esprit compétitif, vif et fair-play, alors qu’elle vient de fêter ses 100 ans, l’an dernier au mois d’août.

Hélène m’a estomaquée sur plus d’un sujet, qu’ils soient contemporains, ou beaucoup moins actuels, elle a une capacité d’analyse, dotée d’une bonne dose de sagesse, de quoi vous laisser assis !
Et lorsque vous lui demandez ce qui l’a le plus étonné durant ce siècle, elle ne vous répond pas Internet, ni le téléphone, pas même la télévision, le TGV ou l’avion, mais l’électricité. Ça ce fut une révolution !
Quant à son sport de prédilection qu’elle suit avec assiduité sur son écran plat, grâce au câble, elle vous décrit les qualités et les défauts de chaque joueur, en précisant bien sûr que s’il y en a un à citer en référence actuelle c’est Monsieur Federer et un qui ne fera pas long feu à disputer des matchs tout en force comme il le fait actuellement, c’est Nadal.
"Et puis mince, avec l’argent qu’il gagne, il pourrait tout de même se faire fabriquer des slips sur mesure !!!"

Hélène c’est ce naturel-là, avec toujours beaucoup d’humour, de recul et de dérision.

Hélène fait partie de ces êtres d’exception que l’on rencontre rarement et à qui j’ai eu la chance d’être présentée. Elle n’a aucun conseil à donner, si ce n’est ceux que vous lui réclamez, simplement parce qu’elle n’est pas dupe face à notre société et aux gens pressés qui l’incarnent.

Qui a le temps d’écouter les personnes âgées ?
Qui a envie d’apprendre des anciens ?

Je ne pense pas l’avoir convaincue en lui disant que si je faisais ce métier, c’était justement pour laisser aux générations futures, ce précieux apprentissage de nos ancêtres.
J’aimerais tellement qu’elle me croie, qu’elle sache que nous sommes nombreux à vouloir nous nourrir de ce qu’ont vécu nos parents, grands-parents, ou arrière-grands-parents, que certes nous manquons de temps et de place pour les écouter, pourtant, comme nous sommes heureux un jour de découvrir leur histoire, à tête reposée, dans un livre qu’ils auront bien voulu nous léguer.

Nous nous sommes saluées, sachant qu’il y avait peu de chance de nous revoir et nos yeux ont rougi avec pudeur et attachement. Pour sa part, je suis étonnée de l’avoir sensibilisée, pour la mienne, il était inévitable d’avoir la gorge serrée.
On ne fait pas souvent un tête à tête avec une angérienne…

mardi 13 avril 2010

marathon de Paris 2010

Je me devais de vous remercier…
Merci à tous ceux,
Qui ont subi mon entraînement depuis 12 semaines,
Qui ont eu le trac autant que moi avant de passer la ligne de départ,
Qui ont participé en faisant des dons pour la cause que je soutenais,
Qui ont couru à distance pour me transmettre leur énergie,
Qui sont venus me soutenir avec pancartes et enfants,
Qui ont grelotté en restant à l’ombre de peur de me manquer,
Qui sont montés sur des tables de ravitaillement pour mieux m’apercevoir,
Qui ont fait office de sécurité routière en communiquant mes heures de passage,
Qui me guettaient en sautillant, prêts à m’accompagner pour les dix derniers kilomètres et que je n’ai jamais trouvés !
Qui ont couru à mes côtés en manteau et converses, sur plusieurs mètres en me félicitant,
Qui m’ont crié leur émotion, avec ou sans voix…
Qui m’ont accompagnée sur leur vélo du 35e au 41e km, au point de me faire oublier le supplice de tout marathonien : le mur ! Et de me donner des ailes pour finir cette course avec une joie immense.
Merci aussi à tous ceux qui ont simplement pensé à moi,
A tous ces bénévoles qui vibrent souvent autant que nous pour ce défi,
A tous ces musiciens qui nous transportent tout au long de ces 42 km.
Toutes ces ondes m’ont portée jusqu’à mon objectif :
finir ce marathon avec le sourire en moins de 4h !

3h48 : je peux dire qu’on l’a fait !
Encore merci.

jeudi 1 avril 2010

marathon-dons-dons !!!

Non ce n'est pas un poisson d'avril !!!

Je sais combien tout le monde refuse cette notion de dons, parce que nous sommes trop souvent sollicités, parce que nous avons un rythme effréné, parce qu’on a l’impression d’être une goutte d’eau dans l’océan en participant à une collecte.

Pourtant nos maigres contributions, ajoutées les unes aux autres, sont essentielles pour les chercheurs.
Aujourd’hui je me bats pour la lutte contre le cancer, j’ai envie de courir pour une cause et me dire que nos dons participeront à sauver certaines vies.

Ne restons pas chacun dans nos coins, planqués derrière nos écrans d’ordi, heureux et bien portants dans nos vies, c’est l’heure d’aider les autres !
Non, je n’ai pas intégré une secte, j’ai juste envie de vous stimuler pour que vous m’aidiez à courir ce fichu marathon en contribuant à la lutte contre le cancer !

Visitez-la page de ma collecte en copiant ces liens :

http://marathon-de-paris.aiderdonner.com/gwenndoline

Vous pouvez également rester en lien avec la communauté des Héros qui se mobilisent pour une association via la page Facebook de l'évènement :

http://www.facebook.com/ParisMarathonHeroes

Le 11 avril, c’est très bientôt !!!

Merci mille fois de votre attention et de vos dons…

mardi 16 mars 2010

Dimanche Sur Les Quais De Seine

Comme tous les dimanches, les quais de Seine sont ouverts aux piétons et comme chaque dimanche nous sommes de nombreux Parisiens à en profiter. Familles, couples, célibataires - à vélo, en roller, ou en baskets, l’ouverture de ces bords de Seine, nous offre une autre vision de Paris : plus saine, plus humaine, plus sportive, plus ludique, plus paisible et parfois plus étonnante.

Pour ceux qui ne l’ont jamais pratiqué, ils manquent quelque chose, car on y croise quelques célébrités comme : le beau mannequin Indien aux cheveux blonds qui posait pour Kenzo, ou dans un autre registre : Christine Lagarde toujours très élégante et souriante, même le dimanche, ou encore plus surprenant: Daniel Auteuil, les tempes grisonnantes, sa femme au bras et lui, poussant un landau avec, je suppose, leur bébé dedans !

Inutile d’acheter la presse people : on découvre beaucoup de choses lors de ces balades dominicales.

Mais en allant plus loin, en direction de Bercy, lorsqu’il s’agit de courir un peu plus longtemps, en vue de se préparer pour le marathon par exemple, j’ai eu le cœur serré.


Je connais bien ce parcours et pourtant, je suis toujours choquée de voir tous ces SDF en période d’hiver, au bord de la seine, avec leurs toiles de tente pour seul logement. Ma seule façon de me réconforter, c’est de leur offrir un sourire, ou de leur dire bonjour. Tout mais pas l’ignorance ! La plupart me répondent et je ne sais pas s’ils me reconnaissent à force de me voir passer, en tous les cas certains me répondent, un large sourire aux lèvres. Je les sens heureux d’être considérés.

Mais ce dimanche, alors que j’approchais d’un de ces fameux campements sur la rive droite (meubles, gazinière, chaises, balais, sacs et tentes), j’observais en parallèle cette étonnante cité de la mode et du design qui se trouve exactement en face de ces sans-abris, et entre les deux rives : une péniche qui porte le nom de «la barge » ! De quoi sourire non ?

J’aurais voulu m’arrêter pour prendre en photo ce cliché affreusement réaliste : une illustration de notre société ! La modernité et l’esthétisme d’un côté, la pauvreté et la misère bien rangée de l’autre et au milieu coule une rivière …. avec une enseigne sur laquelle est écrit « barge » !

Evidemment j’ai poursuivis ma route, bien incapable de changer ce monde malheureusement, ni de brocarder le gouvernement pour autant, mais bien consciente d’être privilégiée.

vendredi 12 février 2010

Aux Vélos parisiens : le pignon fixe !


Le pignon fixe, il fallait en parler !

à découvrir chez de vrais amoureux du vélo : "les vélos parisiens", 3 rue de l'abbé grégoire, 6e


Allure élancée, cadre épuré, ligne sportive et élégante. Il s’agit du nouveau vélo des parisiens en quête d’émotions sportives.
Le deux roues non motorisé des coursiers sur lequel tout est permis, mais pas d’en tomber !
Attention cet engin ne pardonne rien, il est beau certes, pourtant le moindre faux pas et c’est la chute assurée.
Pourquoi ?
Parce que vous n’êtes plus en roue libre, mais en pignon fixe, comme si vous étiez sur une piste de vélodrome.
Vous les avez déjà vus filer, incontrôlables, vifs et rapides, circuler entre les voitures, ou faire du sur place, en équilibre sur les cale-pieds, en attendant que le feu passe au vert.
Faciles à repérer, ces fous du pignon fixe sont reconnaissables : pantalon relevé sur le mollet droit, même en plein hiver, pas de garde-boue et un seul petit frein sur la roue avant (autorisé).
Autrement dit, tout se passe dans la gestion du pédalier. Freiner n’est pas vraiment freiner, c’est plutôt un ralentissement de la fréquence.
Les cuisses chauffent sans discontinuer, puisque le mouvement du pédalier ne cesse qu’à l’arrêt.
Ok pour les montées, mais quid des descentes ?
Pas de secret, il faut encore et toujours pédaler !
Et les filles dans tout cela ?
Nous ne sommes pas bien nombreuses, mais lorsqu’il nous arrive de nous croiser, on se salue en guise de reconnaissance.
N’y voyez aucun signe de féminisme aigu, seulement de l’amusement d’être si rares à flirter ainsi avec ces cadres épurés, qui nous permettent de filer comme des papillons dans les airs…

samedi 23 janvier 2010

Saint-Jean de Montmartre

Adieu

Il arrive parfois de rencontrer un peu tard un membre de sa famille…
Un proche vous appelle…
Anne-Marie Talavera, née Madoisse, est décédée !
Silence pénible, remords de ne pas ressentir la même tristesse que celui qui vous l'annonce.
Qui pouvait-elle être ?
La cousine de mon père, aïe ! Je ne vois toujours pas, mais je réponds oui pour venir à la messe d’enterrement.
En y allant, je fouille dans ma mémoire, j’arpente mes souvenirs d’enfant, je cherche un sourire qu’elle aurait pu m'offrir, mais je ne trouve rien d’autre qu’un grand vide.

J’arrive rue des Abbesses, près d'où elle vivait. J’avance dans l’église Saint-Jean de Montmartre et j'aurais tendance à me sentir totalement étrangère si mon père n’était pas là pour me souffler cinq prénoms. Ces gens-là sont de ma famille et je ne les connais pas ou si peu. Un peu honteuse, je ne me glisse surtout pas au premier rang. Mon cœur se serre, le cercueil approche de l’autel et un air froid l’accompagne. Des anges passent.
J’ai de la peine pour Nathalie qui pleure sous son long manteau noir, la jeune main de sa propre fille dans la sienne. C’est toujours trop tôt pour perdre sa maman…
Puis, vient la lumière dans ces ténèbres glaciales, le père Bouvier exprime sa compassion et nous regarde tous :


- Merci… Un vrai merci d’être là !


Ses mots sonnent tellement bien, ils sont si justes que tous les yeux de l’assemblée brillent.
Et soudain, grâce à ce prêtre, je découvre qui était cette personne, j’écoute toutes ces éloges, fière de savoir qu’une femme telle qu’Anne-Marie, était de ma famille. Alors je n’ai plus honte d’être dans cette église, car je ne suis plus une étrangère.

Tout le monde a le droit d’être autour d’Anne-Marie pour son grand voyage, tout le monde a le droit de lui dire adieu, de penser à elle, de prier pour elle, que l’on soit plus ou moins proches. J’ai écouté de toute ma foi cette homélie, j’en ai bu chaque mot et j’ai pensé à tous ceux qui, comme mon père, sont non croyants ; j’ai songé qu’en écoutant un tel discours, ils auraient dorénavant un peu moins peur de la mort.

Le prêtre nous explique que mourir ce n’est heureusement pas le repos éternel, qu’on s’ennuierait tellement, que ce n’est pas non plus parfait, parce que dans ce terme "par-fait" il n’y a plus rien à faire. Quelle tristesse ce serait alors ! Il nous parle d’espérance, car lui comme nous, ne savons pas à quoi la mort ressemble, mais ce qui est certain c’est que nous devons espérer…

Hauts les cœurs ! La messe se termine, on témoigne notre affection à celle que l’on surnommait Annette, on pose nos mains sur son cercueil, on la signe avec tendresse. Je marche lentement vers la sortie. Mais avant de rentrer chez moi, avant de reprendre le cours de ma vie, j’embrasse ces gens qui font partie de ma famille et prends mon courage à deux mains pour remercier celui qui a réussi à émouvoir les quelques non-croyants :


- Merci d'avoir été là.
Le prêtre me répond doucement en souriant, ma main dans les siennes :
- Vous étiez une amie d’Anne-Marie ?
- Non, je suis de sa famille…


mercredi 30 décembre 2009

SENDERENS au pays des étoiles


J’avais entendu parler de trois étoiles perdues…
Et comme je ne suis pas de près l’actualité gastronomique française, je n’ai pas cherché plus loin que cette information, pour la moins décevante. Et pourtant il s'agissait bien d'une fausse rumeur : Senderens a rendu ses étoiles !

J’avais envie d’y aller, de découvrir la cuisine gastro de Senderens, avec ou sans étoile !
C’était le mardi 15 décembre. Mardi ou samedi il faut réserver, car le restaurant est constamment plein. (Tiens, pour un chef qui a perdu du grade, ça va bien !)
L’entrée de cet établissement m’a toujours fascinée, voire intimidée, pourtant cette fois je franchis le seuil, j’ai rendez-vous derrière cette porte à 20h.

Malheur, je n’aime pas du tout la déco, et même si une bonne âme m’apprend qu’il s’agit de Noé Duchaufour Lawrance, 31 ans, un designer glamour, qu’il sort de l'école des Arts déco et qu’en 2002 il a été le designer et l’architecte d'intérieur du Sketch, à Londres, je n’en suis pas émue pour autant. Je trouve cet endroit vieillot, ce mélange des boiseries de Majorelle qui côtoient des lustres en Dacryl, je n’adhère pas du tout. Le seul point fort de la déco se trouve, à mon sens, dans les tables lumineuses en Corian et au premier étage du restaurant…

Mon invitée arrive et m’apprend qu’elle admire le geste de Senderens. Je ne comprends pas. Que faut-il estimer ? Ses talents culinaires ? Bien sûr, mais attendons de voir, non ? Non ce n’est pas de ça dont il s’agit. Mélomane, amateur de peinture contemporaine, collectionneur de livres anciens, Alain Senderens a "rendu" ses trois étoiles au Michelin après vingt-huit ans de lutte pour les conserver. Wouah ! On m’avait caché cela ! A mon tour d’apprécier la démarche du grand chef.

Allons voir si nous avons raison de louer la noble attitude du maître de ces lieux !
Un serveur me tend la carte avec son plus beau sourire. Je choisis l’entrée du siècle : Escalope de foie gras chaud dans un bouillon de légumes à la chinoise.
Une entrée exquise qui recèle de mille goûts et offre une belle complexité avec la perfection de la cuisson du foie gras.
Je m’en taperai la tête dans le plexi lumineux qui change de couleur face à moi ! Ce plat est divin et le verre de vin blanc que l’on m’a suggéré (Coteaux du Languedoc, Lune Rousse 2006 - Le Conte des Floris) ne fait qu’exploser mes papilles. J’attends, je goûte encore, je bois, je déguste, je jubile, c’est inouï !
Quant à mon amie, elle arbore le même sourire radieux que celui de nos voisins de table. Il se passe quelque chose d’orgasmique ici. Ses langoustines croustillantes, coriandre et livèche sont exquises.

Tout s’enchaîne comme dans un ballet de délices et de saveurs toujours plus étonnantes et justes. Nous poursuivons avec deux plats identiques, mais incontournables :
Raviole ouverte de homard à la vanille, quelques pousses d'épinard accompagnée d’un grand et judicieux Bourgogne, le Saumur "Brézé" - Domaine Guiberteau. Et comme si tout cela ne suffisait pas, comme si nos palais manquaient de découvertes... nous avons goûté un mille feuilles délicieux.

Qui a bien pu colporter la rumeur qui consistait à dire que monsieur Senderens avait perdu ses étoiles ? Ils ont confondu, ils voulaient certainement dire qu’il nous faisait voir des étoiles !

Il l’avai
t dit :
« Nous allons faire un trois-étoiles sans être un trois-étoiles. Aux serveurs, par exemple, j'ai dit : comportez--vous comme avant, ne changez rien dans vos façons de faire. Aux cuisiniers, j'ai assuré : nous n'avons pas tous les produits, mais votre travail reste trois étoiles. Ce niveau reste notre référence. »

« Je me suis fait un cahier des charges pour limiter le prix de revient. Je ne le faisais pas avant, ça m'amuse, c'est un nouveau métier ! Prouver que je peux sortir un repas à 100 euros, presque quatre fois moins cher qu'avant, c'était une gageure. »
C’est un pari relevé puisque le prix est très raisonnable (pour un restaurant gastronomique !)


Je suis persuadée que cette figure de proue de la nouvelle cuisine envoie ses plats au paradis…
Faites monter Alain Senderens, rendez-le immortel ! Il faut que j’y retourne encore et encore !

mardi 8 décembre 2009

Pas d'Identité Nationale, un témoignage


"Je tiens à vous adresser mes plus vifs remerciements pour la biographie que vous m'avez réalisée. Vous avez su établir entre nous une sincère complicité qui m'a permis de faire revivre ma mémoire."

Gabriel Baudry


C'est en lisant de tels témoignages que je suis heureuse d'avoir choisi le métier de biographe.
En prêtant ainsi ma plume, j'ai la sensation d'avoir une utilité et de répondre quelquefois à la question d'identité.

On nous rebat les oreilles avec l'identité nationale, mais si la solution se trouvait plutôt dans nos propres racines, chez nos parents, nos grands-parents et nos arrières grands-parents...
Pour savoir qui nous sommes, avant de chercher à quelle nation nous appartenons !!!

vendredi 4 décembre 2009

Marrakech

J’arrive à Marrakech avec une pléiade d’avis, parce que tout le monde connaît cette ville – Pas moi !

Les français qui ont pour habitude de venir régulièrement ici, m’ont confié tantôt leur déception, tantôt leur extase, mais jamais l’indifférence – mais moi je suis vierge du Maghreb !

Mi-novembre 2009 : je fais un vœu en posant le pied pour la première fois sur le sol marocain.

Quelque chose se passe à Marrakech. Une âme m’imprègne autant que le rouge sur la pierre des maisons ou des remparts.
L’arrivée est surprenante - j’ai la chaire de poule malgré la chaleur. Des calèches tirées par des chevaux circulent à côté des scooters vétustes, sur lesquels personne ne porte le casque ! Les taxis font aussi partie du décor ; ce sont de vieilles voitures sans couleur qui chargent trop de clients à la fois ! Je souris en voyant une famille qui s’y tient entassée ! J’essaye de les dénombrer, c’est impossible !

Après avoir parcouru un dédale de ruelles rouges, c’est la porte du Riad. Ailleurs je n’aurais pas été rassurée, pourtant ici je ne risque rien, nous sommes dans la Medina et ces murs immenses en cachent gros… Passé le seuil de cette porte sublime, sur laquelle rien n’est inscrit, j’ai le souffle coupé. Les marocains sont des maîtres dans l’art de décorer ; tout est somptueux du sol en tommettes, jusqu’aux murs blancs éclatants, les guéridons en fer forgé, les gros canapés beiges, les cendriers marocains, les appliques lumineuses !
Plus un bruit, seul le vent dans les deux gros palmiers qui bordent l’adorable piscine du patio, le chant des oiseaux et bientôt le son du thé à la menthe qui coule dans les verres. En tendant bien l’oreille j’entends d’autres chants, comme ceux du luth qui résonnent sur la place Jemaa-el-fna. Un peu plus tard, sur le toit du Riad, mon cœur se serre : une voix d’homme qui appelle au loin, je cherche du regard. Puis ça me serre encore un peu : une autre voix d’homme s’ajoute à la première ; leur timbre est grave, long, puis saccadé et appuyé. Ma tête se tourne pour trouver la mosquée: je comprends l’heure de la prière, je distingue un minaret, puis un second et je devine le visage du muezzin. Je ferme les yeux pour mieux ressentir : je prie…

Et sur cette place c’est un dépaysement total, ça grouille d’hommes qui alpaguent avec leurs singes ou leurs serpents, ainsi que les femmes voilées qui attrapent les mains pour un souvenir au henné. Photos, bakchich, henné, singes en laisse, étales de fruits secs, jus de fruits à 10 dirhams, chats errants, scooters, vélos, charrette à bras, attention ! Circulez !
Les terrasses des restaurants sont en hauteur quelques fois, toujours bondées. Je tourne la tête : des portes en bois toutes plus belles, mes yeux courent partout de peur de manquer une splendeur.

Puis la nuit tombe…
C’est une autre place qui se déguise.
Des restaurants volants se sont implantés comme s’ils sortaient de terre. Des milliers de lampions illuminent tous ces espaces ; ça fume sous les réchauds, des escargots mijotent, des œufs sous toutes les formes.
- Viens manger chez moi !
- Merci je n’ai pas faim.
- Alors retiens mon numéro, c’est le 22 !
- Le 22, pas de problème.
10 mètres plus loin, c’est un autre restaurateur qui m’intercepte :
- Viens manger chez moi !
Je tente une autre réponse, je lui souris :
- J’ai déjà mangé !
- C’est pas grave, c’est le deuxième service !
Et comme je continue d’avancer en riant, il poursuit :
- Faut que tu manges, t’es trop maigre !
J’adore !
Dommage qu’il me l’ait dit avec autant de pitié, ça ne ressemblait pas à un compliment. Je comprendrai plus tard en admirant leurs danseuses orientales et leurs jolis corps charnus.

Et puis c’est un autre rideau qui se lève sur un dédale de marchandises, sur un jeu d’ombres et de lumière.
La chance est avec moi pour toutes ces premières fois à Marrakech : la beauté du Riad dans lequel je suis invité, la qualité du couscous lorsque je m’attable au premier restaurant, le soleil assez chaud pour le mois de novembre et aujourd’hui dans les souks !
Lundi, 9 heures du matin.
Pas un bruit, les magasins ouvrent à peine, les artisans qui s’éveillent doucement, qui ne sont pas encore prêts pour achalander les clients que nous sommes. Tout est lent, mais pas pour longtemps d’après la légende. Je profite de cette léthargie générale pour flâner, admirer…
- Pour le plaisir des yeux !
- Oui merci.
Rien de bien méchant, c’est la phrase qu’il doit répéter 10 500 fois dans une journée avec des intonations différentes. Même endormis c’est plus fort qu’eux, ils sont là, il faut vendre !
Que des sourires, jamais un mot plus haut que l’autre, même si je n’achète rien.
- Ça fait plaisir !
Ou encore :
- Rentrez, soyez les bienvenues !
Je pense soudainement à Paris et à notre accueil qui peut être déplorable. Ici, pour 30 dirhams (à peine 3 €), ils se plient en quatre, nous font l’article sur les babouches comme s’il s’agissait de la dernière Rolls toutes options !
Ils sont les rois de la vente !

Un autre rideau se lève à la sortie de la Medina. Il faut rouler un quart d’heure, enfin rouler, disons plutôt slalomer ! Puis c'est la découverte de la Palmeraie, ou du moins ce que l’imaginaire veut bien nous insuffler, car seuls des murs rouges, des portes magistrales et des palmiers, bordent les routes. Aucune villa n’est apparente, aucun signe ne laisse entrevoir ce qui se cache derrière toutes ces portes majestueuses.
Des étendues de palmiers un peu plus loin avec des systèmes d’irrigation étonnants qui sillonnent la terre et des murs rouges encore et encore.

Mais si vous saviez tout ce que je n’ai pas écrit, parce que tout ne se raconte pas : monuments, palais, villas, rues, pâtisseries, dattes, restaurants, hôtels, chameaux, couscous, tagine, éclairages tamisés, vélos, triporteurs, circulation, français, marocains, mendiants, artisans…
Je vous souhaite à tous de recevoir un tel cadeau d’anniversaire…

vendredi 20 novembre 2009

Biographie d'un instituteur

Je vous présente le petit dernier...
"La vie de Gabriel Baudry"
J'ai eu le plaisir de rencontrer ce charmant monsieur et d'avoir écouté son histoire, tantôt émouvante, tantôt humble, mais toujours authentique.

A travers son vécu, j'ai voyagé une fois de plus sous les traits d'un autre, j'ai écouté la sagesse de cet homme, j'ai deviné ses peines, j'ai apprécié ses sourires.

Ce métier de biographe est vraiment d'une richesse incroyable et je ne souhaite qu'une seule chose : n'avoir de cesse de récolter toutes ces vies singulières, au sein d'un objet aussi unique que le livre.




"Et si la conclusion de tout cela se trouvait dans l’art de savoir voyager et de s’intégrer, que l’on soit simple touriste ou immigré. Sans chercher à être un magnat ou un grand philosophe, j’ai mes idées sur ce monde, sur les valeurs humaines indispensables à l’équilibre général. Sans entraide l’Homme n’arrive à rien, ni sans évolution ; je fais partie de ces gens qui aiment le progrès et qui suivent avec attention les évènements qui ont marqué les XX et XXIème siècles."

lundi 16 novembre 2009

Le Beaujolais nouveau le jeudi 19 novembre 2009


Inutile de penser que cette année, il sera bien meilleur que l'année précédente, que nous sommes à l'aube d'un grand cru, que la récolte 2009 fut incroyable !

Oubliez la robe exceptionnelle, le goût de la cerise, ou de la banane.


Rien de tout cela, le Beaujolais nouveau n'est rien d'autre qu'une fête où il fait bon vivre, bon boire et bon manger.


La seule contrainte est de trouver le bon endroit, celui qui vous fera croire au vrai Titi Parisien, à la gouaille d'enfer, à la canaille des bons vivants, au boudin purée dès 9 heures du mat, aux tonneaux qui supportent les coudes fatigués, au cousin d'Arletty, au resto qui abrite la culture française dans toute sa splendeur...


Je vous en avais déjà parlé, mais là ça dépasse votre imagination, s'il y a un lieu où aller pour fêter le Beaujolais nouveau c'est à "la Bourse ou la Vie"!


12 rue Vivienne
75002 paris
01.42.60.08.83


ça c'est la vie, ça c'est Paris !

samedi 14 novembre 2009

Diam's S.O.S


Diam's lève le voile...



Pas facile ce succès pour une petite femme qui n’a pas les armes.
Dur d’être obligée de tout justifier : tes origines, ta couleur, ta paye, ton look, ta religion, tes croyances.

T’as besoin de passer des messages d’espoir, de justice pour les jeunes et de tolérance pour les moins jeunes. Alors tu brandis ta voix comme une guerrière.
Rien n’est facile, pas même ton style ; car même le rap, certains peinent à te l’attribuer, parce que tu viens du 9.1 et pas du 9.3 ! Ah les fous ! Ta musique on l’entend 10/10.
Ça sonne juste, ça tape dur, ça parle d’amour, de la vie, de la drogue…
Et tu déballes comme une boulette infernale,
Tu fais du bruit, cogne dans les portes telle une furie.
Et puis tu pleures parce que ça fait mal.
C’est ça la bataille petite femme.
C’est ça la guerre : retirer des cœurs la misère.
Mais cette route est longue, elle est infinie et tu n’auras pas assez d’une vie pour tout hurler, pour tout soigner. Alors garde encore du souffle.

Ecoutez bien sa voix, ses mots qui frappent, ses violons qui valsent, ses percussions qui cognent, son piano qui caresse.
C'est un chaud-froid saisissant !
Ecoutez-la gueuler la vie avec sa rage, vous ne risquerez rien d’autre que d’apprendre le courage.

vendredi 9 octobre 2009

Tandis que Frédéric Mitterrand passionne avec son livre, je me suis ennuyée avec le mien !

C’est terrible de lire un livre qui nous ennuie.

J’avais entendu parler de ce phénomène, sans l’avoir jamais vécu ; nous y sommes !

En temps normal, j’ai pour habitude de lâcher un livre dans lequel je ne rentre pas après les 50 premières pages. Je n’aime pas insister, au pire je le reprendrai plus tard, dans un mois, un an ou plus. Je ne lis jamais pour lire. Ce n’est pas une règle d’or, ni une doctrine, je ne veux tout simplement pas d’un Modus Vivendi entre un livre et moi ! Pas de compromis que du plaisir.

C’est Bien écrit. Des phrases agréables qui vous prennent par la main, des clichés qui sont agaçants, mais qui restent à-propos. Pas d’intrigue, mais une héroïne attachante entourée d’un univers glauque mais plausible. Du vocabulaire, des mots qui s’entendent bien, sans jamais faire écho chez moi. Je n’ai tout simplement pas cru à cette histoire, ni à son misérabilisme, malgré cela j’ai éprouvé un sentiment particulier : la colère. Je ne pouvais pas admettre que cette héroïne se fasse ainsi humilier, maltraiter, j’aurais eu envie de la secouer, qui sait de tuer ce type trop caricatural qui lui a fait vivre un enfer durant 40 ans ! J’avais l’impression d’être dans du « faux » et en plus les personnages m’exaspéraient. C’était insupportable.

Et la fin… évidemment cette pauvre fille finit par s’en sortir, mais qui voudrait bien y croire après 300 pages d’une histoire percluse ?
Un doute subsiste dans mon esprit : cette fille, au prénom impensable, qui s’appelle « Muguet », ne serait-elle pas l’auteure ? Si c’est cela, son analyse est probablement réussie !

Je ne me permettrai pas de dire que ce livre est mauvais, je n’ai tout simplement pas passé un bon moment en compagnie du « Parfum du diable » de Viviane Villamont. Ce sont des choses qui arrivent.

mardi 15 septembre 2009

LA PARISIENNE


Lorsqu’une parisienne court le long de la côte sauvage, une autre participe aux
6 km les plus surpeuplés de l’année !

Il est 8h du matin, parce que c’est la bonne heure pour comprendre la sensation d’être seule au monde en Bretagne et pour soutenir psychologiquement celles qui s’échauffent avant leur course féminine à Paris.
C’est le mois de septembre, les touristes ne sont plus sur la côte Atlantique et le soleil qu’ils n’ont pas eu, est là ! Des conditions optimales.
Elle s’élance dans sa course, heureuse de faire partie de ce cadre-là.
Paris - les bords de seine – le jardin des Tuileries – du Luxembourg – les canaux – c’est bien et même très beau, mais ça ne vaut pas tant de splendeurs : les vagues qui frôlent la roche, les couleurs argentées du sable, les embruns sur sa peau, les cris des mouettes en fond sonore. La mer est calme – les goélands se retournent perplexes sur son passage. Elle contourne les pierres polies qui risquent de la faire trébucher. Elle foule le sentier d’un pas léger- sable – cailloux – terre – racines – pas le temps de s’ennuyer.
Ses yeux qui balayent la mer, les chemins sinueux au loin et ses pieds. Une tâche rouge avance vers elle. Probablement un k-way, même s’il ne pleut pas, parce qu’en Bretagne on maîtrise l’humidité. C’est un autre coureur qui a eu la même idée qu’elle ce matin. Elle ose :
- Bonjour !
Elle imagine qu’elle aura plus de chance qu’à Paris.
- …
Mais seule la nature est aimable, lui offrant un sourire gracieux, sans échange à la clé.
Les parisiennes courent toujours : l’une face à l’atlantique, l’autre face à la seine. Tout les sépare en ce moment : calme/excitation, solitude/foultitude, claquement de vagues/claquements de mains, 1 personne croisée/17 000 femmes !
Celle qui court en Bretagne lutte contre le vent, contrarie sa respiration. Trop d’air avalé, c’est le point de côté assuré. Un banc au bord de la falaise pour s’étirer et comprendre pourquoi elle respire aussi mal. La côte sauvage est aussi belle qu’elle est asphyxiante. C’est trop d’air pour une parisienne qui a l’entraînement d’une citadine.
Pendant ce temps, celle qui court à Paris joue des coudes, lutte pour éviter les milliers de talons qui l’entourent, excitée par la foule et l’ambiance, elle trouve juste assez d’air pour courir sereinement.
Mais ce matin tout est différent pour la parisienne qui choisit les sentiers maritimes au lieu de l’asphalte ; il n’est pas question de chrono, ni de distance, pour une fois il s’agit d’une histoire entre la nature, elle et le plaisir.
Des sensations que l’on pourrait perdre de vue à force d’être parisienne.

P.S : je suis heureuse de constater que « les grands » trouvent à écrire sur cette discipline extraordinaire qu’est la course à pieds. Je ne sais pas vous, mais le livre du Japonais Haruki Murakami m’intrigue… Qui a lu « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » ?

mardi 21 juillet 2009

Amélie Nothomb, fée des mots !


Ah Mélie, celle qui ouvre nos tombes !
Tombes des mots oubliés, probablement entendus une fois, puis si vite envolés.
La mémoire est paresseuse – enfant gâtée à qui l’on cède à la moindre réticence, au plus infime effort. Il est bien difficile de ne pas lui céder, de l’entraîner.
Le court terme ne l’effraie pas, elle adore faire illusion, nous mentir effrontément.
Qu’a-t-elle daigné retenir quelques mois plus tard, pire quelques années après ?
Notre mémoire a déjà oublié. Ce n’est pourtant pas la seule responsable, nous n’avons pas su la stimuler fréquemment.
La mémoire devient tombe si on ne la sollicite pas et se tarit si on ne l’arrose pas avec une régularité quasi hiératique.
Amélie rentre alors en scène et nous offre ce drôle de pouvoir, qui est d’ouvrir nos mémoires, une fois par an depuis 1992. Le métronome du mot nouveau.
Evidemment chaque lecteur a le choix de passer au travers de ces découvertes – son talent vous permet d'éviter l’encyclopédie, sans buter sur le sens de la phrase. Mais si vous optez pour la recherche de définitions, c’est alors une bacchanale de mots, une délicieuse tyrannie infligée à notre sale enfant gâtée.
L’ingénieuse et fantasque Amélie Nothomb nous ouvre les portes de son savoir. Certes, pour les mauvaises langues, ses romans tombent sans surprise à chaque rentrée littéraire, pourtant grâce à cette rigueur fascinante, elle entraîne nos mémoires à devenir de vraies championnes, presque des enfants bien élevés.

Mais le plus excitant reste à venir : savoir s’en servir, inoculer ces nouveaux outils à vos phrases sans en gaver votre entourage. Rien de pire que de tomber dans le piège du comportement hâbleur pour énoncer nos dernières trouvailles.
Alors bonne chance !

mardi 30 juin 2009

PHENOMENE AUDIOLIB


Y aurait-il des livres à lire et d'autres à écouter ?
Y aurait-il un autre plaisir à se laisser guider par une voix extérieure à la nôtre ?
Est-ce un sacrilège de vouloir entendre les mots à voix haute, lorsqu'ils ont été couchés à voix basse ?

Le phénomène Audiolib est une histoire de choix, tant pour le moment d'écoute que pour l'ouvrage.
Mon premier essai me fut imposé avec plaisir, puisqu'il s'agissait d'un cadeau : le coffret de "Millénium".
Aurais-je eu l'idée de me le procurer ? Non !
Aurais-je songé à acheter le livre ? Je ne pense pas. J'avais d'autres livres à découvrir, des lectures que j'estimais plus intéressantes. Et selon quels critères ? La presse littéraire, les critiques de certains mag féminins et les "on dit que". Malgré toutes ces contre-indications, j'ai le syndrome audiolibien !
A chaque pause déjeuner, je passais mon heure à écouter cette histoire kidnappante. J'ai retrouvé le même plaisir qu'à la radio, lorsque Pierre Bellemare racontait ses fameuses histoires. Qui n' a pas le sourire aux lèvres en y repensant ?
Durant cette écoute quotidienne de "Millénium", la tension était puissante, l'excitation à son comble et l'heure du déjeuner ne me suffisait plus. Je devais en écouter davantage, comme sur mon MP3 lors de mes trajets en bus, à pied ou à vélo !
Quelle évasion !!!

Grâce à l'Audiolib, j'ai découvert une oeuvre à côté de laquelle je serais sûrement passée sans m'arrêter et surtout un nouveau plaisir.

Aujourd'hui j'en écoute un nouveau "Fascination" de Stephenie Meyer".
Encore un cadeau ! Mais cette fois je n'aurais rien manqué en laissant le livre sur son rayon ! Ce n'est certainement pas mon ouvrage favori, mais je connais à présent le contenu de ce livre à succès. Ces moments d'écoute demeurent distrayants.
Je ne suis pas certaine de saisir l'engouement général autour de cette série, toutefois je me rassure en pensant que de nombreux ados ont dévoré plus de 900 pages.

mardi 2 juin 2009

UN DROLE DE RESTO



LA BOURSE OU LA VIE
12, rue Vivienne 75002 PARIS
01.42.60.08.83


Je dois vous parler d’un endroit qui parle de vraie bonne bouffe !
Une sorte d’Antéchrist du resto branché.

Inutile de passer trop de temps à déchiffrer le menu à l’extérieur, le patron vous a repérés ! Si vous étiez hésitants, à présent vous ne l’êtes plus.
Vous voici dans son antre, son cabaret, son royaume, sa salle à manger !
(Ne perdez pas de vue ce détail, il a toute son importance).

Tout est atypique dans ce restaurant parisien :
Du menu avec les photos du personnel (ce qui prouve leur attachement sincère ou leur masochisme absolu), les tables en mosaïque et leurs lampes originales, jusqu’aux tableaux de Dali qui illustrent parfaitement le fantasque du maître de ces lieux.
Mais le spectacle ne fait que commencer, le tenancier vient de s’installer à côté de vous pour prendre la commande !
Tout à coup il crie au scandale ; quelqu’un lui aurait subtilisé son stylo.
Tout le monde s’en amuse dans la salle, la plupart des clients sont habitués au show de ce grand chauve excentrique. Evidemment il retrouve son plume dans sa poche de chemise et le voici qui griffonne à l’encre violette, sur son bloc de papier déjà utilisé. Pas de gâchis, que de l’originalité ici !
Soudain il vous parle de la Rolls de la sardine. Vous ne connaissez pas ?
Il scande à travers le restaurant « Cosette » (surnom qu’il a donné à sa serveuse imperturbable) :
« Fais péter la boîte de Ramon Peña pour ces messieurs-dames ! »
Si vous n’aviez pas l’intention de déguster cette entrée, aucun problème il vous en propose une autre. Toutefois, un conseil, laissez-vous faire, car en dépit de son excentricité, ses lunettes… particulières et sa grande gueule, ce restaurateur est féru de cuisine.

Une autre recommandation, ne passez pas à côté de certains incontournables :
le fameux PAVE AU POIVRE (déjà célèbre)
les ROGNONS DE VEAU entiers, à la crème et servis dans la poêle.
l’abordable et l’excellent HOMARD, ouvert en 2, avec ses pinces prédécoupées,
ou encore les St Jacques, poêlées tout simplement.

Ecoutez-le aussi vous parler de ses vins et si vous redoutiez qu’il ne choisisse une fois de plus pour vous, soyez rassurés, la majeure partie de ses bouteilles sont au même prix et servies au compteur !

A la Bourse ou la Vie, c’est un vrai Titi Parisien qui vous invite dans son théâtre. Il est un peu la réincarnation d’Aristide Bruant ou l’un des personnages romanesques de Fallet ; à vous de voir…
Patrice est tombé dans la marmite de la bonne bouffe et du spectacle, depuis longtemps déjà. De plus, il sait s’entourer d’une équipe jeune et souriante, capable de le suivre dans ses facéties quotidiennes.

Au moment de payer, rendez-vous dans la petite salle du fond, celle qui suggère encore un peu, la douce folie de cet énergumène amoureux des cochons.
Je ne vous en dis pas plus et vous laisse réserver une table.

(Ne soyez pas gênés pour lui dire que vous venez de la part de Gwenndoline)…

P.S : AME SENSIBLE S’ABSTENIR

jeudi 28 mai 2009

MILLENIUM le film


Les premiers mots ont résonné bizarrement. Une étonnante musicalité. Des sons inconnus jusque là. La langue Suédoise ne m’a pas laissée indifférente… et ses acteurs non plus d’ailleurs !

J’imaginais les 2 personnages du roman de Stieg Larsson, identiques à ceux du film : Mikael Blomkvist ressemblait à peu de chose près à l’acteur, malgré tout je ne le pensais pas si marqué.
Je voyais Henrik Vanger tout à fait similaire, si ce n’est légèrement plus costaud.
En revanche tous les autres acteurs, y compris Lisbeth Salander et Erika Berger, me sont apparus vraiment comme une invention du réalisateur et non comme je les entendais. Mais pourquoi pas ! Lisbeth, Noomi Rapace demeure parfaite dans son interprétation.

Ceci étant dit pour les comparaisons, que dire du fond ?
Un très bon thriller, digne des émotions écrites par l’auteur, l’univers parfaitement rapporté : glacial et nébuleux, glauque et saisissant.

Quant à la forme …
J’ai bien cru vomir, tant la violence est à son paroxysme !
Aucune césure n’a été faite par le réalisateur, aucun répit dans la souffrance et l’abject. Autant ces mêmes scènes dans le livre m’étaient parues soutenables, autant à regarder et à entendre, elles sont insupportables. La nausée et la colère transpirent de l’écran, se couchent sur les spectateurs comme un manteau poisseux et infâme.
Les mots couchés sur papier m’auraient largement suffi. La violence du roman se fondait parmi les 600 pages, elle vous frappe sans retenue pendant ces 2 heures de film.
J’aurais évidemment préféré que le réalisateur Niels Arden Oplev retrace l’ambigüité entre Erika et Mikael, sa liaison avec Cécilia, pour couper un peu du supplice de Lisbeth...

Il paraît que la suite sera tournée pour la télévision et non plus au cinéma. Je ne pense pas vous parler de ces futurs épisodes.

vendredi 22 mai 2009

MERCI


Il fallait y penser, mais il fallait un peu d’argent aussi, pour rendre le 111 boulevard Beaumarchais aussi prestigieux et original.

Je suggère donc un mode d’emploi à tous ceux qui souhaitent découvrir MERCI, un espace assez fabuleux :

1 – Pourquoi ne pas y aller un samedi vers 14h ? Asseyez-vous sur le banc public qui fait face à cette adresse et admirez ! A votre droite le côté café littéraire, à votre gauche le coin verdure et au centre l’allée qui mène à l’empire.
Pensez bien évidemment à regarder les piétons qui s’y rendent, mais n’oubliez pas le petit coup d’œil discret derrière vous ; taxis et voitures de luxe s’y arrêtent. Vous n’êtes pas à l’abri de croiser une personnalité. Soyez discrets, car vous ne voyez pas l’intérieur du café qui se trouve face à vous, en revanche les clients du « Used book café » vous voient eux !

2 – Passez, vous aussi, la porte cochère. Dans la cour, admirez le phénomène « Fiat rouge » à usage végétal, digne des jardinières de Mister Crocodile Harry à Coober Pedy … Egalement un univers à connaître si vous comptiez vous rendre au cœur de l’Australie, mais revenons à Paris...

3 – Après avoir monté les quelques marches, admirez l’entrée, le hall, cet espace de 1 500 m². Mais ne vous éparpillez pas, ou vous risquez d’y passer 2 heures ; or il est déjà 14h30 et vous n’avez pas encore déjeuné.

4 – Descendez au rez-de-jardin. Là encore il y a un risque : celui de contempler les innombrables objets pratiques, drôles, anciens, chinés, customisés, nouveaux, géniaux. Il faut faire la queue pour s’installer au restaurant. Ne soyez pas effrayés, les tables se libèrent rapidement, les gens ne perdent pas de temps à manger ici, le shopping les attend !

5 – A table ! Des sets recyclables sur lesquels sont inscrits inlassablement « merci », une carte ultra simple, des prix très raisonnables, des assiettes équilibrées remplies de couleurs et de saveurs. Des desserts au cas où le light vous démoraliserait et pour parfaire le tout : la vue sur le jardin.

6 – Maintenant vous pouvez choisir quel rouleau de serviettes vous allez prendre (comme du sopalin, les feuilles sont prédécoupées). Lin, coton, noir, bleu, kaki, bordeaux. Personne ne part sans son rouleau et sans dire merci !
Vous pouvez vous promener autour des objets qui vous séduisaient en arrivant. Levez la tête : un lit suspendu ! Regardez encore, vous apercevez les 3 étages ! Imaginez une ancienne fabrique de tissus et vous comprendrez mieux cet espace aux allures de loft.

7 – Montez et filez prendre votre café au « Used book café », ambiance chaleureuse et chargée d’histoires… Vous voilà au cœur d’une gigantesque bibliothèque aux livres d’occasion. Du sol au plafond, les murs en sont recouverts. Regardez dehors, côté rue, il y a quelqu’un sur le banc public ! Vous pouvez sourire, il ne vous voit pas…

8 – La visite n’est pas terminée. Traversez le rez-de-chaussée sans vous y attarder (vous le découvrirez au retour). Montez encore et repérez l’univers de la sape ; cherchez les griffes Stella Mac Cartney, Yves Saint-Laurent, Bonpoint, Paul Smith sur les cintres, entre les miroirs, les jeans, le rayon homme, le rayon femme. Sillonnez les allées, foulez cet ancien parquet, enfilez une paire de boots, si la paire exposée est à votre pointure !

9 – Reposez-vous ! Là-bas sur ce canapé immense que vous voyez côté déco. Alors ? Douceur, mollesse, bien-être, confort extrême, souplesse. Voici les mots qui vous manquaient, pour tous les autres canapés essayés jusqu’à ce jour et qui vous viennent en tête en posant votre fessier ici. Le miracle des plumes d’oie sur toutes les surfaces, excepté les accoudoirs.
Déchirez la page du bloc sur lequel figurent les références de l’objet convoité et gardez-le précieusement. On ne sait jamais ce que la vie nous réserve.

10 – Découvrez votre bureau d’enfant, retrouvez le casier dans lequel vous mettiez vos livres, votre règle. C’est bien la même chaise que vous aviez (sauf si vous avez moins de 30 ans aujourd’hui) !
Attention aux souvenirs avec des objets aussi parlants, qui vous transportent en un coup d’œil trente ou quarante ans auparavant. L’école n’a pas toujours l’effet d’une douce réminiscence…

11 – Cherchez le prix de l’autruche, moi je ne l’ai pas trouvé. Il paraît que l’étiquette est dissimulée sous ses plumes !

12 – Il est temps de redescendre. Vous sentez ? Annick Goutal est passée par là en laissant ses senteurs à votre merci. Quel joli décor, quelle originalité ! Pipettes, flacons, un laboratoire fashion !

13 – A droite, un recoin adorable, une niche dans laquelle chacun pense découvrir des secrets. Voici la mercerie : boutons en pagaille, jouets d’enfants, pelotes de laine, perles, tulle, rubans, tissus de toutes les couleurs. Allez-y personne ne vous regarde, plongez votre main dans un des pots de boutons et sentez-les glisser sur vos doigts. On n’a pas dit voler, on a dit toucher !

14 – A gauche, une pente douce qui nous amène dans un tout autre univers. Chut ! Ecoutez-les chanter ! Avancez ! Vous les voyez à présent ? Tous plus éclatants les uns que les autres, des oiseaux aux couleurs féeriques voltigent dans leur cage. Vous voici au cœur des bois, on y sent la même humidité, on y trouve des bouquets dans les tons des sous-bois, du vert dans tous ses états, en mousse, en feuille, en tige, en fleurs. Monsieur Tortu ? Où ça ? Là ! Dans les bouquets !

15 – Retour au point 3, le hall, l’entrée, le point money, là où tout le luxe prend sa dimension la plus noble, la caisse ! Il faut payer vos articles et ne soyez pas étonnés de retrouver les mêmes dans les mains de la personne qui est devant vous, certains sont des incontournables, vous verrez bien lesquels.
Et qui dit encaissement, dit bénéfice et dit dons aux enfants défavorisés.
Et qui dit merci à vous !

mardi 19 mai 2009

MARATHON du 1er mai

Peu après le semi-marathon de Paris en mars 2009, j’avais lancé un appel aux amateurs d’endurance pour m’accompagner au marathon de Lyon, le 26 avril dernier !
Je dois vous le dire : vous avez bien fait de vous abstenir. Quel flair !
J – 6 les organisateurs envoyaient un mail aux quelques 4 000 participants, pour tenter de leur expliquer l’annulation de cette course :
« … Lyon Athlétisme, co-organisateur du Lyon marathon avec Canal + Events, a renoncé à l’organisation de cette manifestation… »
Mais comment est-ce possible ? Une si grande ville, un tel événement, le tout annulé par mail à 9h17 le 20 avril !
Face à ce courriel la colère monte, mon curseur descend et monte incessamment dans l’espoir de trouver le canular dissimulé entre les lignes. Malheureusement je ne détecte rien, si ce n’est une désillusion énorme. Mon premier marathon, celui pour lequel je m’entraîne depuis des mois, vient de s’envoler en fumée.
FAUX DEPART !
Les muscles tendus, le mental obnubilé, le cœur entraîné, glucides et féculents digérés, baskets lacées, faut-il tout arrêter ou trouver une solution de repli ?
Il m’est impossible de rester ainsi dans les starting-blocks, sans jamais démarrer.
Moteur de recherche : MARATHON – FRANCE – DEBUT MAI
C’est ainsi que je découvre le marathon de Sénart (91). Confirmé par le staff du magasin « Planète Jogging » avenue de la grande armée à Paris, je m’inscris pour la seconde fois à mon premier marathon. Heureux hasard : à Lyon, le dimanche 26 avril, il a plu des cordes
et le 1er mai, la région de Sénart étincelait sous les doux rayons du soleil .
Toutefois les conditions météorologiques ne font pas tout, il faut courir ces incroyables 42 km et 195 mètres.
8h50 je suis au milieu des marathoniens et j’ai en tête ce à quoi il ne faut pas penser : faire un temps. Mais qui n’y songe pas ici ? Moi je vise les 4 heures !
4 heures de course à pieds, je ne sais pas comment mon corps va réagir, je ne sais pas ce qui se passe au-delà de 2h30, je n’ai jamais couru davantage en une seule fois. Quelle excitation !
J’entends encore la voix de coureurs expérimentés qui me conseillaient pour cette course : « Prends un maximum de plaisir et surtout ne pense pas au chrono. Respecte ton cardio. »
La voix de la raison se dissipe peu à peu en voyant les « hommes-drapeaux », ceux qui indiquent le temps qu’ils vont faire. Si je suis ce coureur qui indique 4h sur son fanion, alors j’arriverai à relever mon défi-temps.
9 heures top départ. Quelle adrénaline de laisser derrière moi l’indication des 4h et ce, durant les 18 premiers kilomètres. Un réel bonheur, les jambes légères, un temps idéal, un cadre vert et bio, des villages, des champs de colza jaunes éclatants, des ronds-points pour un oui pour un non, sans aucune voiture et le tout sans bousculade puisque nous ne sommes que 1 500 participants.
Mais le corps est une machine complexe dont on ne maîtrise que bien peu le fonctionnement – sans aucune raison - une douleur vient me couper le bas du ventre, me fait plier en avant sur un kilomètre, jusqu’à me provoquer un point de côté insurmontable . Ainsi je passe 2 km à me demander si je peux vraiment continuer. Mon repère des 4 heures et son peloton me dépassent avec une facilité déconcertante. J’en suis malade ! Mes jambes et ma tête sont en pleine forme, pourtant sans le souffle plus rien n’est possible. C’est à cet instant-même qu’il faut cesser de ne compter que sur soi et prendre en grande considération le soutien des autres. Grâce à mes amis si précieux, venus pour me soutenir, ils constatent mon état et courent à mes côtés en tentant de me remonter.
20 km - je comprends que le mental peut sauver le physique ; j’écoute leurs phrases sensées : « Ne cherche pas à faire un temps. Il faut que tu tiennes jusqu’au bout ! »
21 km - j’ai retrouvé mon souffle, sauvée pour les 10 prochains kms. Je crois encore plus en ma devise « seul on n’est rien » !
Malheureusement, je suis partie trop vite sur les 15 premiers km, il y aura par conséquent un retour de bâton ; je m’y prépare.
30 km - mon équipe de choc agite ses banderoles, souffle dans les sifflets, scande mon nom ; c’est de l’énergie en barre, une drogue qui me donne la chaire de poule, être soutenue ainsi me donne des ailes, j’ai l’impression de voler, lentement c’est certain, mais je me sens au-dessus de la terre malgré tout ! Tout va bien, mon allure n’est pas extraordinaire, pourtant j’ai la certitude « d’avoir assez de jambe » pour les 12 km restants ; 12 km ce n’est rien en temps normal, je les ai courus plus de 100 fois.
Le temps passe beaucoup plus lentement à présent, mes pieds se lèvent moins, mes pas sont plus courts, les ravitaillements deviennent des oasis en plein désert. Surtout je ne dois pas m’arrêter, car mes jambes se raidissent comme du durcisseur sur de la pâte à bois ; j’ai deux troncs d’arbre accrochés à mes hanches.
Les lignes au sol indiquent chaque kilomètre franchi, les yeux rivés parterre, je ne vois plus qu’elles !
35 km – il se passe quelque chose de différent entre le bas et le haut de mon corps ; la partie inférieure ne m’appartient plus, c’est un automate qui a pris le contrôle. Je n’ose pas lui demander comment il fait pour avancer, de peur qu’il ne s’arrête.
37 km – C’est affreusement long ! Je finis par penser qu’il faut être dingue et maso pour participer à une telle aventure. Trop de participants marchent au lieu de courir et cette vision finit par m’oppresser. A quand mon tour ? Quand est-ce que mes jambes ne supporteront plus ce rythme ?
39 km – Je maudis ces pavés qui sortent tout à coup du sol. Ça fait un mal de chien de courir sur cette surface, je préfère encore les caniveaux étroits ! J’ai peur de tomber et de ne plus pouvoir me relever. Vite le bitume ! Des supporters sont sur le parcours et nous encouragent encore et toujours ; je trouve à peine la force de leur sourire.
J’y arriverai je le sais, mais à quel prix ? Je suis dans un état second et passe au-dessus de ma raideur et des quelques douleurs aux pieds, au genou et à la hanche. Dorénavant mon bassin guide ma foulée, c’est lui qui emmène mes pas. Je
craque nerveusement de ne jamais apercevoir l’arrivée, alors que la ligne des 40 km est bien passée. Je veux voir le bout !
42 km – Une immense descente avant d’entrer sur le stade de Combs-la-Ville ! insupportable ! Plus aucune flexion des genoux n’est envisageable, je n’ai donc plus d’amortisseur. Chaque talon posé au sol s’écrase violemment en me lançant des décharges dans la colonne vertébrale. Je sens la fin, mais je ne la vois toujours pas. Heureusement ma fidèle équipe est là pour cette pente infernale :
« Tiens bon ! Il te reste 300 mètres ! T’es la meilleure ! »
L’un crie pour que je l’entende, l’autre me tend son bras. J’y arriverai, même si j’ai l’impression d’y laisser ma peau, mes jambes et mon cœur.
L’entrée du stade, les gens, les applaudissements, le souffle court, l’émotion qui me submerge, les larmes qui me brûlent les yeux, mes jambes qui avancent toutes seules. Enfin je vois cette foutue ligne d’arrivée ! J’ai réussi merci mon Dieu de m’avoir porté jusque là.
42.195 km – 4h05 min – je penche la tête pour recevoir ma médaille en Lalique.
10ème marathon de Sénart.


jeudi 16 avril 2009

Récit d'un tour du monde



Notes de Cathy Mathieu après avoir lu son livre :

"Enfant, dans mes rêves les plus fous, je m’imaginais faire le tour du monde. 25 ans plus tard, en 2002, mon vœu était exaucé. Durant 1an, j’ai noirci mes carnets de route. Au fond de moi, je me disais un jour, à la retraite, je pourrai écrire un livre…
Des jours, des années ont passé, la vie continue et mon anniversaire pointe le bout de son nez et là je suis véritablement emportée par les évènements. On m’offre ce cadeau incroyable, surréaliste, inestimable « le livre » dont je rêvais tant… . Sur le moment je réalise à peine, mais très vite le grand bonheur m’envahit. Ce livre, je le tiens entre mes mains, je le touche, je le sens, je le savoure, il m’appartient.
Je tourne les pages au rythme de mes aventures. Je sens de nouveau mon sac à dos sur mes épaules. J’avance dans cette expérience de vivre le monde. Je me délecte de tous ces moments si enrichissants, comme si je les découvrais. Je m’évade dans ma propre histoire, c’est assez étonnant…
Désormais, mon livre a trouvé sa place dans ma bibliothèque au milieu des prix littéraires, car cette année, « En écoutant le monde » est mon prix Goncourt ! Un grand merci à l’auteure pour toutes ces sensations…."


Extrait :

J’ai toujours rêvé de faire le tour du monde… Parce que j’ai toujours fait ce vœu idéal d’embrasser la terre, de fouler ses sentiers les plus beaux, comme les plus dangereux. Admirer le soleil couchant dans une vallée, brûlant en plein zénith, à peine tiède au-dessus de la neige. J’ai voulu voir l’eau dans tous ses états, de la plus petite source aux plus gigantesques cascades. J’ai toujours voulu frissonner face au monde et pour cela je savais qu’il fallait être la plus légère possible, quitter tous les artifices accumulés dans notre quotidien, pour savourer pleinement cette aventure. Bien sûr j’imaginais le grandiose d’un tel évènement, pourtant on ne
soupçonne rien tant que le sac à dos bien chargé n’écrase pas nos épaules…

- 1 gourde
- 3 paires de chaussettes
- 1 bas de contention
- 2 paires de chaussures (marche + ville)
- 1 duvet
- Sous-vêtements
- 4 cassettes recorder
- Piles
- Couteau suisse
- Crochets
- 1 appareil photo + 1 sac
- 4 pellicules diapo
- Pochettes nettoyantes

Cartes :
Argentine / Île de Pâques
Chili / Pérou, Bolivie
Guides :
Argentine / Chili x 2
Pérou / Bolivie x 2
Auberge de jeunesse
...
Assez de charges pour réaliser l’importance d’un si grand
voyage. Demain matin nous serons le 13 janvier 2002, une
date qui restera gravée en moi pour toujours. Ce chiffre
13 me porte chance et l’avenir me le confirmera.
J’ai des papillons dans le ventre, des couleurs explosives
dans le cœur, du gospel dans les oreilles, des sauterelles
dans les jambes, du poil à gratter sous les pieds et un
nœud énorme dans l’estomac.
C’est déjà demain et je voudrais le crier très fort tant je
suis fière de pouvoir réaliser une telle expédition. Je pars faire le tour du monde...

mardi 7 avril 2009

A Dieu Guillaume De Par Dieu



QUI A DIT QU’IL ETAIT FACILE DE S’APPELER DEPARDIEU ?

Être le fils DE
Et passer PAR
Que de tribulations pour arriver à DIEU


Guillaume y sera parvenu pourtant et aura porté son nom aussi haut que son talent, sa poésie et sa marginalité réunis.

A 37 ans, soit le lundi 13 octobre 2008, Guillaume Depardieu succombe à une pneumonie foudroyante qu’il contracte en Roumanie, lors de son dernier tournage « L’enfant d’Icare »,
le film d’Alex Lordachescu.

Rien n’aura été simple pour ce gosse de Bougival né de Gérard Depardieu et d’Elisabeth Guignot, le 7 avril 1971. Il a tendance à pousser de travers, comme un arbuste sans tuteur, aux côtés de sa jeune sœur Julie. Guillaume réclame l’affection de ce père immense qui est au sommet de la gloire ; l’ombre du géant Gérard Depardieu que la France entière adore, est insaisissable pour son propre fils.
Puis l’adolescence qui se pointe en n’accordant ni rondeur ni tempérance et qui lui assène des coups d’excès, des renvois de nombreux lycées, des gardes à vue : « J'étais mon propre roi, mon propre vice, ma propre vertu, mon père, ma mère, mon dissident !» Confiera-t-il plus tard. Durant vingt ans (de 17 à 37 ans) il accumulera les délits et les accidents, pourtant sa vie de comédien, de musicien et d’homme continuera.

En 1991 il sera révélé grâce au film d’Alain Corneau « Tous les matins du monde », le jeune homme de 20 ans devient célèbre, mais son père est toujours là et leurs destins sont liés quoiqu’ils veuillent.

Quatre ans plus tard, les mauvais tours de la vie persistent : en 1995 Guillaume est hospitalisé à Garches suite à un grave accident de moto sous le pont de Saint-Cloud. Il devra subir
17 opérations et des douleurs insoutenables qui le cloueront au lit durant une année entière.

Mais personne n’a oublié cet acteur au parcours prometteur, ainsi son ami et réalisateur Pierre Salvadori le fait jouer une seconde fois. Guillaume interprétera merveilleusement un rôle écrit pour lui dans « Les apprentis » qui lui vaudra d’ailleurs le césar du meilleur espoir masculin.
Puis comme son père, il jouera aux côtés de Catherine Deneuve dans « PolaX » de Leos Carax. Là encore il sera remarqué par son jeu talentueux d’écorché vif.
Puis les années 2000 semblent s’adoucir : après sa rupture avec Clothilde Coureau, il épouse la comédienne Élise Ventre avec qui il aura une petite Louise. Malheureusement la vie n’épargne pas sa santé : il est atteint d’une maladie nosocomiale contractée après son accident de moto et prend la lourde décision de se faire amputer de la jambe ; la douleur était devenue intolérable depuis ces huit dernières années. Il rebondit malgré tout et créé une fondation à son nom pour lutter contre cette lourde maladie.

La vie s’est arrêtée pour Guillaume Depardieu lors de ce triste automne 2008, alors que le cinéma continue à remplir ses grands écrans blancs, pour nous rendre celui qui nous manque déjà, cet artiste chevronné dans « Stella » et bientôt « L’enfant d’Icare ». Ou écoutez-le encore chanter « une lettre oubliée » en live avec Juliette, lisez-le aussi dans son livre « Tout donner » qu’il a coécrit avec Marc-Olivier Fogiel. Ce dernier se rappelle de la sortie du livre :
« On a écrit pendant de longues semaines, il était d'une politesse incroyable», s'est rappelé l'animateur.
«Il m'avait invité au restaurant pour fêter la sortie de ce livre. Il m'avait dit: tu vois je ne bois pas pour toi ce soir, pour respecter l'engagement qu'on avait pris ensemble. «C'était vraiment un type sensible, il est certainement mort de cette sensibilité», a-t-il conclu.

De prisons en tournages,
de chansons en rôles,
de sursis en liberté,
d’amour en déchirure,
d’alcoolémie en sobriété,
d’Arthur Rimbaud à Guillaume Depardieu, il n’ y a qu’un pas à franchir.








dimanche 5 avril 2009

Amanda Sthers n'est pas que... l'ex de... ou celle qui sort avec...

Il faut lire « Madeleine » comme on lit un poème…
La déguster avec jubilation, s’en délecter.
Attention ! Il y a un risque en effet, « Madeleine » c’est un livre court, qui aurait tendance à se lire trop vite.
Elle est capable de vous faire courir jusqu’à la fin, au lieu de vous faire marcher à côté d’elle le long de chaque page.
Alors on s’en veut parce que tous ces trésors glanés sont déjà passés et que pour bien faire, il faudrait relire « Madeleine » !
Mais selon moi, ce n’est jamais idéal de revoir, refaire, recommencer, péter, reprendre et même aliser que nous sommes allés trop vite pour la lire.
Je vous mets en garde, « Madeleine » se rencontre !
Écoutez-là, tendez l’oreille, lisez-là doucement, elle est fascinante.

« Madeleine » est par deux fois un succès :
Chantée par Jacques Brel,
Écrite par Amanda Sthers.
Lui vous parlera du plat pays comme nul autre,
Elle vous évoquera le linge qui pleure en Bretagne.
De quoi sourire lorsque l’on connaît bien ces deux régions.

Quoiqu’il en soit ne vous laissez pas avoir et prenez tout votre temps pour lire « Madeleine ».


En voici quelques extraits :

« Ce soir j’attendais Madeleine
mais j’ai jeté mes lilas
je les ai jetés comme toutes les semaines
Madeleine ne viendra pas »
(…)
C’est mon Amérique à moi…

Et quand il dit Amérique, il y croit. Il croit au symbole parce qu’il n’aime pas trop l’Amérique, c’est trop loin. Il est à fond dans sa chanson. Il rebondit faux, comme il chante. Il est moche, moche, très moche. »
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« Il a le profil du type à qui il n’arrive rien, qui mange des légumes bio avec bonheur, qui épouse sa copine de classe et tient sa promesse de fidélité. »
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« Elle avalait ce qu’on lui donnait, elle prenait ce qu’elle ne voulait pas. C’était toujours ça de volé à la mort. Elle apprenait des poèmes, elle bouffait des briques de bâtiments, elle connaissait le nom des rues comme si elles étaient amies. »

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vendredi 20 mars 2009

"Je m'voyais déjà"



Je voulais me sortir « HAIR » de la tête !!!
Ma requête a été entendue, puisque l’on m’a invitée à la comédie musicale « Je m’voyais déjà ».
Je n’ai pas été un bon public pour le premier spectacle, je l’ai été pour le second.

J’étais pourtant sceptique quant aux reprises d’Aznavour, qui pour moi ne sont pas à reprendre. Ne sois pas sectaire et laisse-toi porter, ai-je pensé.

Surprise tout d’abord par les interprètes, je me suis laissée approcher par les doyens de ce show, Véronique Rivière et Pablo Villafranca. Leurs voix graves m’ont assise avec puissance, un effet instantané sur la peau ! Une chaire de poule de tous les diables s’est jetée sur mes bras.Puis ce sont les décors qui m’ont intriguée, je les ai trouvés bien pensés et originaux, pour finir par me fondre totalement parmi les scènes successives ; ils apportent précision, humour et crédibilité à toute cette comédie ; en effet les panneaux affichent des photos qui parlent et soudain c’est la ville de Paris qui vit. Une rue, un appartement, une vue sur la tour Eiffel, un frigo et un poulet cru qui s’envole…

Puis doucement la jeunesse se livre, l’actuelle société et ses clichés : un beur, une black, une grosse, un gay, un hétéro, tout le monde est là ! Ça sent l’ouverture d’esprit, la gauche aussi et Ruquier surtout, mais ce n’est pas désagréable, loin de là.
Que de belles voix, discrètes et justes lorsqu’elles sont mêlées les unes aux autres, puis tout à fait charismatiques et poignantes en duo comme en solo.

C’est un spectacle étonnant, des voix riches, une mise en scène tout à fait singulière, un tout qui nous donne envie de rester encore, de les applaudir plus longtemps, de faire trembler le sol aussi fort qu’on a aimé les écouter.

mercredi 11 mars 2009

le semi-marathon du dimanche 8 mars 2009

T'ES Où ?

Qui a mangé les 21 kilomètres de Paris dimanche dernier ?
Qui s’est traité d’imbécile en se voyant courir sous cette pluie diluvienne ?
Laquelle s’est maudite d’être une femme et non pas un homme, pour se soulager comme eux contre un arbre avant le départ ?
Qui a perdu 10 minutes à comprendre où était son SAS ?
Qui a risqué, aux ravitaillements, une chute entre toutes les peaux de banane jetées au sol et les bouteilles d’eau évitées in extremis ?
Qui a eu envie de danser avec les musiciens postés sur le parcours ?
Qui a confondu le 6 pour un 8 au 16ème kilomètre et a cru mourir en constatant que ce n’était pas 3, mais 5 kms qu’il fallait encore parcourir ?
Pour qui cette course fut-elle un grand moment, malgré les intempéries et les difficultés physiques ?
Qui a pensé à cette journée de la femme ?
Pour qui ce semi-marathon fut le premier ?
Qui en redemande ?
Qui vient courir avec moi le marathon de Lyon le 26 avril prochain en moins de 4 heures ?

jeudi 12 février 2009

Un Temple ça se contemple




Sous sa robe grise et salie, le Temple de l'Oratoire vit.


Qui interviendra ?
Celui qui sera amené le plus souvent à constater les dommages,
en l'occurrence moi qui ne peux plus fermer les yeux...
Vous avancez pour construire un fragment du monde, moi pour le raconter.
Chacun de nous a le souhait de l'idéal, pourtant bien souvent
les déprédations vont bon train et nous n'arrêtons rien.

L'un est le Maire de la ville, c'est lui qui la pense, l'organise, la construit,
l'aime et par conséquent la protège ;
L'autre est l'auteur, la biographe, le témoin de son temps et de son lieu,
celle qui laisse des empreintes pour qu'on se souvienne.

J'ai la chance de vivre et travailler
dans l'un des plus beaux quartiers de Paris, entourée par des monuments
tous plus somptueux les uns que les autres : face à moi la Cour Carrée du Louvre,
le Pont des Arts, sur ma droite le Conseil d'Etat, le Palais Royal, la Comédie Française,
dans mon dos la Place des Victoires, l'Eglise Saint-Eustache et juste en face, à quelques
mètres, si près que je pourrais l'embrasser, se trouve Le Temple de l'Oratoire !

Je vous assure ce temple est malade, il tombe bel et bien en décrépitude.

Un instant nous avons espéré une opération, une chirurgie, peut-être même
un ravalement, un coup de scalpel, de bistouri ; du blanc pour débusquer le gris.
Furent dressés deux immenses voilages blancs dans le dos de l'Amiral Coligny.
L'espoir est venu chatouiller le regard de chaque habitant ; qui n'a pas alors rêvé
d'un temple en blanc ? Tout aussi lumineux que sa voisine Saint-Roch. En vain.
Les voilages ne serviraient pas à un éventuel projet de rénovation, mais au soutien
des pierres dites "à risques".
Ainsi les mois passèrent et la saleté, la pollution, les ravages des pigeons
s'exécutèrent aussi ponctuellement que le balancier d'une horloge.
Plus de deux années se sont écoulées sans que nul travail ne soit effectué et
le tissu s'accroche désespérément aux moulures ternes des piliers extérieurs.
Quelle triste vision pour un si prestigieux monument solide et tenace depuis 1621.

Et pourtant si vous saviez la vie qui règne en son sein...
Vous êtes très certainement passé devant sa façade austère,
mais l'avez-vous vu vivre, avez-vous entendu son coeur battre ?
Moi, j'ai les yeux et les oreilles collés à sa poitrine et voici ce qu'on y voit
et entend certaines fois:

Des mariages colorés sur son parvis, des claquements de mains au milieu
des chapeaux éclatants, du fuchsia sur les étoles, des touches de vert
sur les broches, des robes blanches, des escarpins argentés.
Des hommes en tenue d'officier parés de galons et de boutons dorés.
Tant de sourires et de rires.

Un autre jour, plus calme à priori, des voix de blues,
des chants graves mêlés à des voix plus aigues qui poussent les murs
du Temple pour se répandre sur toutes les parois environnantes.
Sans même les apercevoir, de mon salon je les envie.

Et certains jours, de longs silences soulèvent des cercueils ; on ose à peine regarder
les larmes de tous ces inconnus qui restent là en bas de chez nous, on jette un oeil
sur cette boîte qui semble peser aussi lourd que toute une vie, aussi lourd qu'il faut
bien quatre hommes pour la soulever en haut des marches.

Etonnamment ces jours-là nous restons aussi devant le temple, comme si
chaque évènement méritait une pause, un temps d'arrêt pour communier,
un rassemblement d'énergies en dessous d'une croix, peu importe que nous soyons
chrétiens, protestants, juifs, musulmans, ou orthodoxes, il y a un Dieu, une force
qui nous donne envie de nous arrêter dans notre folle course citadine...

Peut-être observerez-vous ce Temple de l'Oratoire la prochaine fois
que vous passerez dans le 1er arrondissement, alors j'aurai réussi à vous faire tourner
la tête quelques minutes et qui sait si vous ne serez pas pris d'une douce envie
d'aller plus loin, comme de faire entreprendre des travaux de réfection...