lundi 1 août 2011

Roman pour petits et grands

Une écrivain ne prend pas de vacances, elle préfère prendre ses enregistrements, ses écouteurs, son netbook, ses lunettes de soleil, un grand chapeau pour lire sur son écran et rédiger, rédiger encore !

Je ne pars pas très loin cette année, je vais en Bretagne, me nourrir des embruns, du bon air, mais surtout pour finaliser mon dernier ouvrage. Vous découvrirez bientôt les aventures d’Ayena le grand petit-homme ! Personnage romanesque par excellence, Ayena est un tout petit homme, atteint d’achondroplasie, qui a des rêves gigantesques. Son caractère obstiné et optimiste l’aidera à défier le monde et ses embûches pour réaliser ses souhaits. Parti de son Afrique natale à l’âge de 13 ans, il arrivera en Bretagne pour commencer, puis emménagera à Marseille, pour enfin découvrir Londres avec émerveillement.

Choc des cultures, choc des séparations, choc face aux diverses discriminations !

C’est le voyage initiatique d’un jeune garçon métis et nain, qui a été délaissé bien trop tôt par un père Béninois psychiatre de profession, et par une mère Française, qui elle est infirmière. Son histoire est réelle, Ayena me l’a confiée pour en faire un roman authentique, amusant, grave, et surtout pour qu’il donne de l’espoir à tous : petits et grands.

En septembre, Ayena et moi prendrons d’assaut les maisons d’édition jeunesse, nous leur ferons découvrir ce fabuleux petit héros, nous leur offrirons ce conte moderne avec fierté et puis nous attendrons patiemment leur réponse… en espérant que ce livre arrive vite entre vos mains et celles de vos enfants.

Bonnes vacances à tous !

mardi 28 juin 2011

Un refrain sur les murs

Ça faisait trop longtemps que je n’avais pas ressenti ce plaisir immense de tenir un livre pour qu’il me tienne enfin !!!
C’est lui qui a tout fait !
Ou plutôt c’est elle, Murielle Magellan.
Je savais que j’aimais son style, puisque j’avais lu avec beaucoup de plaisir son premier roman
« Le lendemain Gabrielle », mais pour ce second, il y a ce quelque chose en plus qui fait toute la différence et qui le rend sublime.
Une fois de plus, c’est un drôle de titre : « Un refrain sur les murs »
Incongru pour démarrer, excellent pour résumer.

Isabelle, la mère, presque trop caricaturale dans son refus d’exister, de se prononcer, d’aimer, de crier.
Romane, la fille, abominable fille en colère, rebelle, écorchée vive et finalement, par je-ne-sais-quel-miracle : infiniment attachante.
Adrien, le fils, la sagesse, l’équilibre et la force qui n’existe qu’en toile de fond pour guider sa pauvre sœur brûlée vive.
So What, qui possède le prénom le plus absurde et que seule Isabelle prononcera sans sourciller, sans y chercher une quelconque traduction. C’est lui le sauveur, l’ange et le démon, le phantasme, la désinvolture, le héro anti-social, l’artiste dans toute sa splendeur.

J’ai eu envie de vous citer quelques passages forts, des phrases « choc » et puis je me suis reprise, concluant qu’il y en avait trop et que je devais vous laisser les découvrir, parce qu’ils seraient peut-être différents des miens, très certainement même.
Tout est histoire d’allégories dans ce livre, de finesse, d’humour, de plaisirs charnels, de tendresse et de justesse.
C’est tellement bien fait, bien pensé, bien monté, bien écrit, du début jusqu’à la fin… aussi étonnante que le titre.

mardi 7 juin 2011

Bonne Fête Papa !


La date approche…
Pensez à un cadeau original :  
un bon pour une biographie !
Il vous a bien raconté des tas de choses, des évènements extraordinaires, son mariage avec votre mère, votre naissance, celle de vos frères et sœurs, son parcours professionnel et quelquefois il a essayé de vous narrer des instants plus douloureux, cette satanée guerre par exemple, ou encore un voyage fabuleux, mais vous n’avez pas le temps de tout écouter, et encore moins de tout retranscrire…
Pourtant vous souhaiteriez conserver cette mémoire, la capturer dans un bel écrin, la rendre accessible à toute votre famille.

C’est mon métier et ma passion de rencontrer toutes ces personnes. Je prends le temps de les interroger durant une quinzaine d’heures, j’écris leur histoire en prenant soin de respecter leurs émotions, pour en faire un livre unique.

Ce récit ne sera pas en tête des ventes, ni même disponible en librairie, il est conçu pour vous et votre descendance. N’oublions pas que l’histoire de nos parents est un peu la nôtre et qu’elle mérite bien qu’on s’y attarde…

mercredi 23 mars 2011

Ce soir sur France 2 : POUCHOL face à DUKAN

MERCREDI 23 MARS sur FRANCE 2 à 22H25 "FACE AUX FRANCAIS", LES STARS DU REGIME - Avec Hervé POUCHOL et Pierre DUKAN.

Ce mercredi soir sur France 2 dans l'émission "Face aux français", Hervé Pouchol aura le plaisir d'être invité sur le plateau de Guillaume Durand et surtout face à Pierre Dukan !!! Ils parleront de notre livre consacré à la méthode du célèbre nutritionniste. Autant vous dire la joie d'Hervé de participer à cette émission interactive qui aura comme invités : Pierre Bellemare et José Garcia dont il garde un souvenir gourmand lors d'une émission particulièrement arrosée et enregistrée dans un bistrot à vin, en compagnie de Bruno Solo sur Rire et Chansons ! Hervé Pouchol va enfin pouvoir donner son avis sur ce régime dont tout le monde parle !!!

Non, vous ne me verrez pas ce soir sur France 2, en revanche vous entendrez parler Hervé Pouchol (à chacun son métier !) le journaliste avec qui nous avons travaillé sur ce livre passionnant :"REGIME DUKAN LE POUR ET LE CONTRE".

Durant cette enquête nous avions rencontré Pierre Dukan, je suis curieuse de le voir ce soir aux côtés d'Hervé. Sera-t-il ce même homme charmant, passionné, mais terriblement inquiet à l'idée que ce livre lui fasse du tort ? Sera-t-il arrogant, complaisant, ou sincère ?

A vous de jouer Messieurs !

lundi 14 mars 2011

Publication du livre "Régime Dukan, le pour et le contre"

Nous y sommes ! Le livre paraîtra début avril. J'ai hâte de voir les retombées de cette enquête sur laquelle nous avons travaillé d'arrache-pied avec Hervé.

mardi 18 janvier 2011

Dukan pour ou contre ?


Mon métier s'élargit...

Outre les biographies "pures" que je continue à écrire et que j'aime réaliser, je réponds à des commandes toujours plus étonnantes. On me demande d'écrire des romans ce qui est galvanisant au possible, parce que je m’approprie l’idée d’un autre pour en faire un monde commun. Cet univers est d’abord virtuel, rien n’est vraiment construit, la population est quasi inexistante, je m’y entends penser en résonance, comme une salle vide de château dans laquelle ma voix ferait écho ! Puis des gens y habitent, s’y installent, y vivent, prennent possession de chaque millimètre de l’univers que je leur ai conçu et finissent par construire plus loin et plus grand. Un jour ils me dépassent, me font rire et parfois pleurer. Ce ne sont plus mes personnages dans un monde virtuel, ce sont mes amis, des gens que j’apprécie ou pas, mais auxquels je tiens et qu’il faut apprendre à laisser partir. Le livre est écrit, fini, fermé, il attend que des milliers de regards le parcourent(on a le droit de rêver), il dort dans des casiers de maisons d’édition, guettant son tour, excité à l’idée de se réveiller à chaque lecture !


Mais rien ne s’arrête pour autant, d’autres commandes s’enchaînent, d’autres histoires font la queue dans mon bureau. Ça klaxonne, ça parle fort, faites entrer l’idée numéro 4 ! « Ecrivez sur le phénomène DUKAN s’il vous plait ! »
Ce dessein me séduit, je connais le sujet, enfin une partie de l’iceberg. Je cherche, je découvre, je comprends, je m’interroge, je lis tous ces blogs qui n’en finissent pas de chanter les louanges, ou bien de vilipender le nutritionniste devenu célébrissime. J’attends la semaine prochaine pour le rencontrer et plus que quelques jours pour rendre ma copie de 200 pages (mi-février). C’est un délai particulièrement serré, c’est pourquoi vos avis m’intéressent, me feront certainement avancer. Racontez-moi VOTRE expérience sur le régime Dukan en cliquant sur "message à Gwenndoline".
Merci.

mercredi 22 décembre 2010

Une forme de vie à la Nothomb !


Je vous souhaite à tous un très joli Noël,
des boules dans le sapin,
des cadeaux déposés sous ses branches,
des lumières dans les yeux,
une bonne dinde farcie,
un champagne bien frais,
une fiesta de chocolats,
un festival de plaisirs !!!
Et s'il vous reste un peu de temps, je vous souhaite des lectures agréables.
Je viens de finir "une forme de vie" d'Amélie Nothomb ; que vous dire à ce sujet, si ce n'est qu'il est préférable d'avoir échangé quelques courriers avec l'auteur pour trouver ce livre attrayant. Si tel est le cas, alors vous aurez comme moi, certainement quelques sourires, des déceptions, vous ressentirez peut-être de l'agacement ou de la joie un peu plus loin, mais rarement de l'indifférence.
Je ne sais pas si je plains ou si j'admire Amélie Nothomb dans son aliénation épistolière, ce que je sais c'est que je lui ai écrit alors que je ne l'avais plus fait depuis 5 ans. Si l'auteur voulait mettre un frein à ses courriers, c'est un loupé !

lundi 13 décembre 2010

Adieu Eugène



Je fais bien souvent des rencontres fabuleuses dans mon métier de biographe, croisant des destins incroyables et des gens tellement attachants.
C’est une chance, pour autant il y a des mesures à prendre : savoir se protéger, mais ce n’est pas toujours aussi simple. Surtout lorsque l’un d’entre eux est devenu un ami, un grand-père de substitution, une sorte de héros.
Un coup de fil, un message qui tombe de nulle part, des mots qui cognent dans le téléphone :
Eugène Battestini est mort !
J’aurais voulu profiter de lui davantage, mais c’est fini, il est parti. Heureusement j’ai eu la chance de le connaitre et qu’il me confie quelques bribes de sa vie…
Il aimait plus que tout la poésie. Ces quelques vers sont pour lui :


Je vous salue Eugène,
Vous qui m’avez tant donné,
Vous qui saviez si bien chanter
L’amour comme une rengaine

Je vous revois fort Eugène
Je vous entends parler d’avant
De Leclerc, votre héros étincelant,
De la guerre que vous appeliez Reine

Qui ne vous a pas aimé Eugène
Avec votre passé de guerrier
Votre cœur de passionné
Et vos poèmes mis en scène ?

Vous me manquez déjà Eugène
Vous et vos joues si tendres
Vous et vos histoires si grandes
Vous avez été notre aubaine

Vous me manquez déjà Eugène
Et ce soir j’ai le cœur en berne
N’espérant qu’une seule chose
Que votre joie de vivre comble notre peine

On vous aime Eugène…

mardi 7 décembre 2010

le dernier Pancol


A chaque fois c’est la même histoire :
Je veux le dernier Pancol, parce que c’est ma meilleure récré, ma tablette de chocolat, mon antidépresseur, ma série favorite, mon nouveau copain…

Et tant pis si tout le monde l’a déjà lu depuis des mois…

Je me délecte pendant quelques semaines, je freine, j’avale, je pose, je reprends, je dévore chaque ligne du nouveau pavé écrit par cette femme étonnante.

Plus de 800 pages de plaisir
Plus de 2 kilos de rêve
Plus d’1 milliard de mots qui me transportent.

Et ne me dîtes pas qu’il s’agit d’un roman de gare ! Cette expression me rend dingue ! Si vous saviez tout le talent qu’il faut pour rendre ce monde imaginaire à notre portée, toute cette documentation nécessaire pour rendre chaque détail crédible ! Si vous saviez comme il est compliqué de faire simple !

« Les écureuils de central park sont tristes le lundi », la digne suite de
« La valse lente des tortues », est un hymne au plaisir de lire et très certainement à celui d’écrire.

Chaque personnage fait désormais partie de votre vie : Hortense finit par vous plaire, après vous avoir agacée dans le 1er tome, Joséphine pourrait franchement faire un effort pour brûler les étapes, Junior ? C’est un peu fort… Shirley qu’on adorait, finit par montrer le pire, Marcel et Josiane ont les meilleurs dialogues et je passerais volontiers un dimanche avec eux.

Je ne réfléchis pas, je m’envole au pays Pancol et j’en raffole !!!



Merciiiiii, Gwendoliiiiiiiiiine !
Merci pour vos mots, votre blog ( j'aime beaucoup sa présentation), vos réflexions sur les livres, les vélos, Bangkok, et tout et tout !
Je suis fière d'être aimée de vous...

Katherine Pancol

jeudi 2 décembre 2010

Faire un bœuf

« Mes parents avaient pour habitude de faire un bœuf » me dit Jacky en me narrant son passé.
Bien sûr, je connais l’expression qui explique une réunion musicale improvisée, mais pourquoi mêler le bœuf à cette histoire de musique ? Je ne veux pas l’interrompre dans son récit et décide d’attendre la fin de cette interview pour m’adonner à mes recherches.
A peine arrivée chez moi, je me précipite sur un livre écrit par Pivot
« 100 expressions à sauver ». Je suis certaine de trouver mon bonheur ! Il y a de tout : « Fagoté comme l’as de pique », « Tailler une bavette »,
« Avoir le béguin », « Se monter le bourrichon », tout, sauf ce que je cherche…
Grâce à Internet, on ne reste pas longtemps ignorant. Lorsque j’écris faire un bœuf, je suis dirigée sur le fameux restaurant « le bœuf sur le toit » rue Boissy d’Anglas dans le 8e…



Oui, mais encore ?
Ce restaurant était le lieu de rassemblement de Cocteau et des musiciens du Groupe des Six. C'est là que débutèrent notamment Leo Ferré, Mouloudji, Trenet ou les Frères Jacques.
Au début du XXe siècle, les musiciens allaient en fin de soirée s'y rencontrer pour pratiquer ensemble de longues "jam sessions"(qui signifie en anglais : séance d’improvisation).

Soyez honnêtes, aviez-vous eu vent de cette histoire ?
D’ailleurs, si vous en connaissez d’autres…

jeudi 11 novembre 2010

Vos Réponses

Qui a aimé "la carte et le territoire" ?
suis en lecture du roman, un hasard !!! plus grand public que les précédents, assez facile à lire, moins torturé et largement moins dérangeant que les autres que je n'avais jamais terminé. (moi sado ?)

Qui est en colère ?
moi ! toujours en colère, sur tout, sur ça, sur lui, sur nous, c'est bon la colère, la révolte et le mauvais caractère. Sur l'attribution du prix... rien que des "accords" dans le monde de l'édition

Qui aurait préféré voir Virginie Despentes à la place de Houellebecq ?
pas encore lu le dernier, il figure sur ma liste, donc je réserve ma réponse. j'aime beaucoup son écriture alors...

Quel Goncourt avez-vous vraiment lu ?
vite wikipedia !!!!
alors : Atiq Rahimi, Syngué sabour Jonathan Littell, Les Bienveillantes Patrick Rambaud, La Bataille Pascale Roze, Le Chasseur Zéro Tahar Ben Jelloun, La Nuit sacrée et puis c'est tout, suis pas fidèle au goncourt

Qui aime le personnage de Houellebecq ?
un Gainsbourg de la littérature, un mec détestable mais une belle plume

Qui aurait aimé écrire sa mort comme il vient de le faire dans ce Goncourt ?
suis pas assez égocentrique et ou depressif pour l'envisager Qui préfèrera lire le prix Fémina ? il n'est pas dans ma liste, trop de chose à lire donc probablement pas sauf si qq l'a lu et me donne l'envie

Qui rejette toute forme de prix ?
toute ? non

Qui propose son prix ?
prix du premier roman, il existe déja mais passe tellement plus inaperçu, quel dommage

Qui nous propose un bon livre ?
le dernier Antoine Bello "enquete sur la disparition de Emilie Brunet" un roman policier iconoclaste avec un enquêteur rétro et un assassin très joueur. Jubilatoire.

je me permets juste d'écrire que le dernier Bret Easton Ellis est décevant ! toute cette pub pour... ça, pffffffff

SEB

mercredi 10 novembre 2010

designer ingénieuse !


Après la table basse A-Round, un nouveau meuble a été créé par une talentueuse architecte.

Ce meuble télé TOTEM permet de positionner un écran plat en hauteur sans déplacer les prises et sans câbles apparents. Génial, non ?

Peu profond, c'est la parfaite altenative élégante et fonctionnelle aux meubles télé habituels, larges, bas et souvent bien inesthétiques !

J'ai trouvé l'idée assez ludique et innovante : Coéditez un meuble sur mesure créé par un designer en investissant de 10 à 200 euros et donnez vie à un projet. Vous bénéficierez :

1/ de 20% de remise une fois le projet édité
2/ d'un exemplaire gravé selon votre rang de Coéditeur
3/ être original, tout en ayant du bon goût


Il fallait y penser !

http://www.ledito.com/a-round.html (lien vers la table)
Pour découvrir le Totem cliquez sur le titre de cet article "Designer ingénieuse"

le Goncourt / petit quizz


Qui a aimé "la carte et le territoire" ?
Qui est en colère ?
Qui aurait préféré voir Virginie Despentes à la place de Houellebecq ?
Quel Goncourt avez-vous vraiment lu ?
Qui aime le personnage de Houellebecq ?
Qui aurait aimé écrire sa mort comme il vient de le faire dans ce Goncourt ?
Qui préfèrera lire le prix Fémina ?
Qui rejette toute forme de prix ?
Qui propose son prix ?
Qui nous propose un bon livre ?

A force d'écrire, je suis curieuse de connaître ce que vous aimez lire...

vendredi 8 octobre 2010

Témoignage de la famille Augereau

Hélène est ravie de "son" livre et reçoit des coups de téléphone de félicitations de ses petits-enfants.
Elle a passé de très bons moments avec toi, parfois quelques instants plus difficiles, mais je pense qu'elle est très fière de pouvoir transmettre un livre souvenir aux jeunes d'aujourd'hui. "Tout est tellement different de nos jours", dit-elle ...........

Encore un grand merci pour tout ce que tu as écrit avec Hélène - tu as de la chance de faire un métier si passionnant !
A bientôt si jamais tu es de passage en Charente, n'hésite pas à nous faire signe.
La famille Augereau

lundi 30 août 2010

Quelques heures à Bangkok




Moi, petite occidentale débarquant au cœur d’une cité épatante de différences, j’ai cru mourir en posant le pied sur le macadam brûlant de Bangkok !
Accablée par cette chaleur écrasante, mon allure ne devait pas dépasser les 4 km/h et je faillis me faire piétiner plus d’une fois. Il était donc plus raisonnable de pratiquer la vie citadine dans le bon sens, en acceptant de circuler dans un Tuk-Tuk !
Négociations en cours, humeur joyeuse du chauffeur, couleurs pétantes de l’engin, lumières de fête foraine à l’arrière, banquette en skaï rose ! J’adore ! Je monte ! « Kapunkââââââââ » qui signifie « merci »
En route mauvaise troupe !
Attrapons les poignées et prions ! Le Tuk-Tuk est un mélange épicé de kart, triporteur, taxi, bolide dans lequel il vaut mieux aimer la vitesse et avoir le goût du risque. Le moteur gronde comme celui du vieux solex de mon grand-père sur lequel on aurait débridé le moteur et modifié le pot d’échappement pour obtenir un bruit hors du commun.
La ville ne se découvre pas de la même manière qu’à pieds, tout va vite, on tente de se couvrir le nez et la bouche comme le font les Thaïlandais pour se protéger des pots d’échappement, on serre les genoux lorsque le chauffeur se faufile entre un bus et un taxi, on se dit que l’hôtel est bien loin de Kohsan Road et que pour 120 baths (3 €), ce n’est vraiment pas cher payé.
Bangkok c’est immense et tout se ressemble, tout du moins pour moi qui le découvre pour la première fois et lorsque j’arrive à bon port, je suis heureuse de me décoller du skaï brûlant de la banquette arrière.
Au risque de me faire piétiner, je préfère marcher !
Ce n’est qu’en prenant le temps d’arpenter les étals de nourriture, les antiquaires, ou autres magasins en tous genres que je peux découvrir l’âme de cette cité extraordinaire. Et c’est ainsi que j’ai crapahuté sous un soleil de plomb, mangé dans des endroits qui ressemblaient davantage à nos abris-bus qu’à des restaurants, pris le bateau pour traverser le fleuve envahi de nénuphars et laissant sur ses rives des constructions très… bancales ! Puis, j’ai visité Wat Po, j’ai suivi tous ces bonzes, prié à côté d’eux, admiré le buddha couché, écrit mon nom sur des carnets d’enfants Thaïlandais, pour qu’ils aient un souvenir d’une occidentale qui se trouvait juste à côté d’eux.
Puis j’ai marché et marché encore jusqu’à l’épuisement, jusqu’à accepter de monter une fois encore dans un tuk-tuk…

jeudi 1 juillet 2010

Playing for change


20h devant la Cigale.
Nus pieds, jupes, pantalon en lin, débardeurs, éventails, on a très chaud, mais ce n’est pas grave, nous allons assister au concert de Playing for change.
Discrètement, sur la droite, un vieux monsieur à la barbe blanche et fournie, vêtu d’une salopette en jeans et d’un t-shirt rouge, avance à tâtons accompagné d’un guide ; les deux hommes passent par l’entrée des artistes. La foule chuchote:
« c’est Grandpa » !
Tous le reconnaissent, parce que la vidéo de « stand by me » a déjà fait le tour de la planète. Et tous ceux qui sont là ce soir savent que Grandpa est un Noir-Américain de la Nouvelle Orléans, qu’il a une voix céleste, qu’il est aveugle et qu’il chantait avec son harmonica dans les rues, jusqu’à ce que l’équipe de Playing for change ne l’embarque dans leur projet. Cette belle association créée en 2007 est avant tout une entité séparée, à but non lucratif, destinée à venir en aide aux communautés rencontrées lors de leurs voyages. Ainsi elle se consacre essentiellement à la construction et au développement d'écoles de musique dans plusieurs pays: l'Afrique du Sud, le Mali, le Ghana ou le Népal.

Après avoir projeté un film résumant cette fabuleuse histoire, la salle entière de la Cigale est prête à savourer le show de tous ces musiciens issus des 4 coins du monde, unis pour la paix au travers de la musique.
Tous les artistes sont sur la scène, y compris Grandpa qui est installé sur sa chaise, sa canne blanche laissée à ses pieds. La foule est en liesse, un standing ovation leur est adressé. Que ce soit Clarence Bekker (chant), Grandpa Elliott (chant, harmonica), Tal Ben Ari "Tula" (chant), Mermans Kenkosenki (chant, congas), Titi Tsira (chant), Jason Tamba (chant, guitare acoustique), Pierre Minetti (chant, guitare acoustique), Bhekani Memela & Sinamuva (choeur), Reggie McBride (basse, choeurs), Hugo Soares (chant, guitare acoustique), Rajhesh Vaidhya (veena), Louis Mhlanga (guitare électrique), Roberto Luti (dobro), Stefano Tomaselli (saxophone alto), Steve Molitz (clavier), Peter Bunetta (batterie), François Viguié (percussion), Mohammed Alidu (talking drum, djembe) et Venkat (percussion), c’est un festival de joie et de talents réunis.
Quelle union, quel rythme, quelle chaleur !!!
Et dire que certains d'entre eux faisaient la manche il y a encore quelques mois. A quoi pense Grandpa en ce moment, face à son public qu'il ne peut pas voir ? Que ressent-il ici et sur toutes les scènes du monde, alors qu'il connait le succès à plus de 80 ans ! Se dit-il que le Seigneur est un sacré farceur de l'avoir laissé chanter dans la rue pendant tant d'années, pour lui accorder tant de faveurs aujourd'hui ? (En voilà une belle biographie !)

Il faut les voir bouger au rythme du djembé, de la guitare, de l’harmonica, de la batterie, mais surtout il faut les entendre chanter, car il y a quelque chose de divin qui s’est posé au-dessus de leurs têtes.
C’est étonnant de voir la Paix, fabuleux d’avoir l’impression qu’en effet, les êtres humains du monde entier peuvent s’unir autour de la musique !
Il faut vraiment les voir.
C’est si bon cette énergie qui circule dans cette salle qui ressemblait à une étuve entre la chaleur de ce 30 juin 2010, nos émotions, leur puissance et tout cet amour pour la musique.

Je n'avais qu'une envie durant ce concert mirifique: découper le toit de la Cigale pour faire exploser tant de magie au reste du monde…

lundi 10 mai 2010

Parution de la biographie de Mr Battestini


Et voici le dernier né !
Sa parution est prévue au mois de juin.
L'invitation à la dédicace, (et projection du film) sera envoyée à ceux qui le désirent.
La date n'est pas encore arrêtée, toutefois, l'évènement aura lieu à la rentrée aux Invalides.

mercredi 21 avril 2010

tête à tête avec une ange...rienne


Il existe des rencontres extraordinaires,
Une sorte de tête à tête unique qui ne vous laisse pas indemne.

Je viens de rentrer de la ville de Saint-Jean-d’Angély. Pour ceux dont ce nom ne provoque aucune résonnance, comme ce fut le cas pour moi, cette ville est située à quelques kilomètres de Cognac dans la région de Poitou-Charentes et leurs habitants sont des Angériens.
J’y ai fait la connaissance d’une femme au charisme et à la bienveillance exceptionnels. Accueillie chez elle, durant deux séjours de deux jours, j’ai appris à découvrir cette femme, de sa naissance jusqu’à nos jours.
Jusque là, il n’y a rien d’inhabituel dans cette approche, c’est ainsi que je procède avec tous mes « clients » qui souhaitent que j’écrive leur biographie ; ce qui l’a été davantage c’est l’individu. Toutes les personnes âgées ne sont pas sensationnelles et ce n’est pas parce qu’elles ont vécu longtemps que cela leur attribue un droit de sagesse et d’amabilité instantané. Rien n’est accordé d’office, de la même manière qu’un enfant n’est pas obligatoirement mignon sous prétexte qu’il est un enfant. Ce serait bien trop simple.

Chez Hélène, j’ai trouvé un être insolite. Cette femme est née au début du siècle et possède une ouverture d’esprit, une tolérance et un modernisme, assez inaccoutumés. Joueuse de tennis jusqu’à ses 87 ans et après avoir été à plusieurs reprises championne de Poitou-Charentes, elle a défié d’autres vétérans sur la terre battue de Roland Garros. Cette battante a conservé ce même esprit compétitif, vif et fair-play, alors qu’elle vient de fêter ses 100 ans, l’an dernier au mois d’août.

Hélène m’a estomaquée sur plus d’un sujet, qu’ils soient contemporains, ou beaucoup moins actuels, elle a une capacité d’analyse, dotée d’une bonne dose de sagesse, de quoi vous laisser assis !
Et lorsque vous lui demandez ce qui l’a le plus étonné durant ce siècle, elle ne vous répond pas Internet, ni le téléphone, pas même la télévision, le TGV ou l’avion, mais l’électricité. Ça ce fut une révolution !
Quant à son sport de prédilection qu’elle suit avec assiduité sur son écran plat, grâce au câble, elle vous décrit les qualités et les défauts de chaque joueur, en précisant bien sûr que s’il y en a un à citer en référence actuelle c’est Monsieur Federer et un qui ne fera pas long feu à disputer des matchs tout en force comme il le fait actuellement, c’est Nadal.
"Et puis mince, avec l’argent qu’il gagne, il pourrait tout de même se faire fabriquer des slips sur mesure !!!"

Hélène c’est ce naturel-là, avec toujours beaucoup d’humour, de recul et de dérision.

Hélène fait partie de ces êtres d’exception que l’on rencontre rarement et à qui j’ai eu la chance d’être présentée. Elle n’a aucun conseil à donner, si ce n’est ceux que vous lui réclamez, simplement parce qu’elle n’est pas dupe face à notre société et aux gens pressés qui l’incarnent.

Qui a le temps d’écouter les personnes âgées ?
Qui a envie d’apprendre des anciens ?

Je ne pense pas l’avoir convaincue en lui disant que si je faisais ce métier, c’était justement pour laisser aux générations futures, ce précieux apprentissage de nos ancêtres.
J’aimerais tellement qu’elle me croie, qu’elle sache que nous sommes nombreux à vouloir nous nourrir de ce qu’ont vécu nos parents, grands-parents, ou arrière-grands-parents, que certes nous manquons de temps et de place pour les écouter, pourtant, comme nous sommes heureux un jour de découvrir leur histoire, à tête reposée, dans un livre qu’ils auront bien voulu nous léguer.

Nous nous sommes saluées, sachant qu’il y avait peu de chance de nous revoir et nos yeux ont rougi avec pudeur et attachement. Pour sa part, je suis étonnée de l’avoir sensibilisée, pour la mienne, il était inévitable d’avoir la gorge serrée.
On ne fait pas souvent un tête à tête avec une angérienne…

mardi 13 avril 2010

marathon de Paris 2010

Je me devais de vous remercier…
Merci à tous ceux,
Qui ont subi mon entraînement depuis 12 semaines,
Qui ont eu le trac autant que moi avant de passer la ligne de départ,
Qui ont participé en faisant des dons pour la cause que je soutenais,
Qui ont couru à distance pour me transmettre leur énergie,
Qui sont venus me soutenir avec pancartes et enfants,
Qui ont grelotté en restant à l’ombre de peur de me manquer,
Qui sont montés sur des tables de ravitaillement pour mieux m’apercevoir,
Qui ont fait office de sécurité routière en communiquant mes heures de passage,
Qui me guettaient en sautillant, prêts à m’accompagner pour les dix derniers kilomètres et que je n’ai jamais trouvés !
Qui ont couru à mes côtés en manteau et converses, sur plusieurs mètres en me félicitant,
Qui m’ont crié leur émotion, avec ou sans voix…
Qui m’ont accompagnée sur leur vélo du 35e au 41e km, au point de me faire oublier le supplice de tout marathonien : le mur ! Et de me donner des ailes pour finir cette course avec une joie immense.
Merci aussi à tous ceux qui ont simplement pensé à moi,
A tous ces bénévoles qui vibrent souvent autant que nous pour ce défi,
A tous ces musiciens qui nous transportent tout au long de ces 42 km.
Toutes ces ondes m’ont portée jusqu’à mon objectif :
finir ce marathon avec le sourire en moins de 4h !

3h48 : je peux dire qu’on l’a fait !
Encore merci.

jeudi 1 avril 2010

marathon-dons-dons !!!

Non ce n'est pas un poisson d'avril !!!

Je sais combien tout le monde refuse cette notion de dons, parce que nous sommes trop souvent sollicités, parce que nous avons un rythme effréné, parce qu’on a l’impression d’être une goutte d’eau dans l’océan en participant à une collecte.

Pourtant nos maigres contributions, ajoutées les unes aux autres, sont essentielles pour les chercheurs.
Aujourd’hui je me bats pour la lutte contre le cancer, j’ai envie de courir pour une cause et me dire que nos dons participeront à sauver certaines vies.

Ne restons pas chacun dans nos coins, planqués derrière nos écrans d’ordi, heureux et bien portants dans nos vies, c’est l’heure d’aider les autres !
Non, je n’ai pas intégré une secte, j’ai juste envie de vous stimuler pour que vous m’aidiez à courir ce fichu marathon en contribuant à la lutte contre le cancer !

Visitez-la page de ma collecte en copiant ces liens :

http://marathon-de-paris.aiderdonner.com/gwenndoline

Vous pouvez également rester en lien avec la communauté des Héros qui se mobilisent pour une association via la page Facebook de l'évènement :

http://www.facebook.com/ParisMarathonHeroes

Le 11 avril, c’est très bientôt !!!

Merci mille fois de votre attention et de vos dons…

mardi 16 mars 2010

Dimanche Sur Les Quais De Seine

Comme tous les dimanches, les quais de Seine sont ouverts aux piétons et comme chaque dimanche nous sommes de nombreux Parisiens à en profiter. Familles, couples, célibataires - à vélo, en roller, ou en baskets, l’ouverture de ces bords de Seine, nous offre une autre vision de Paris : plus saine, plus humaine, plus sportive, plus ludique, plus paisible et parfois plus étonnante.

Pour ceux qui ne l’ont jamais pratiqué, ils manquent quelque chose, car on y croise quelques célébrités comme : le beau mannequin Indien aux cheveux blonds qui posait pour Kenzo, ou dans un autre registre : Christine Lagarde toujours très élégante et souriante, même le dimanche, ou encore plus surprenant: Daniel Auteuil, les tempes grisonnantes, sa femme au bras et lui, poussant un landau avec, je suppose, leur bébé dedans !

Inutile d’acheter la presse people : on découvre beaucoup de choses lors de ces balades dominicales.

Mais en allant plus loin, en direction de Bercy, lorsqu’il s’agit de courir un peu plus longtemps, en vue de se préparer pour le marathon par exemple, j’ai eu le cœur serré.


Je connais bien ce parcours et pourtant, je suis toujours choquée de voir tous ces SDF en période d’hiver, au bord de la seine, avec leurs toiles de tente pour seul logement. Ma seule façon de me réconforter, c’est de leur offrir un sourire, ou de leur dire bonjour. Tout mais pas l’ignorance ! La plupart me répondent et je ne sais pas s’ils me reconnaissent à force de me voir passer, en tous les cas certains me répondent, un large sourire aux lèvres. Je les sens heureux d’être considérés.

Mais ce dimanche, alors que j’approchais d’un de ces fameux campements sur la rive droite (meubles, gazinière, chaises, balais, sacs et tentes), j’observais en parallèle cette étonnante cité de la mode et du design qui se trouve exactement en face de ces sans-abris, et entre les deux rives : une péniche qui porte le nom de «la barge » ! De quoi sourire non ?

J’aurais voulu m’arrêter pour prendre en photo ce cliché affreusement réaliste : une illustration de notre société ! La modernité et l’esthétisme d’un côté, la pauvreté et la misère bien rangée de l’autre et au milieu coule une rivière …. avec une enseigne sur laquelle est écrit « barge » !

Evidemment j’ai poursuivis ma route, bien incapable de changer ce monde malheureusement, ni de brocarder le gouvernement pour autant, mais bien consciente d’être privilégiée.

vendredi 12 février 2010

Aux Vélos parisiens : le pignon fixe !


Le pignon fixe, il fallait en parler !

à découvrir chez de vrais amoureux du vélo : "les vélos parisiens", 3 rue de l'abbé grégoire, 6e


Allure élancée, cadre épuré, ligne sportive et élégante. Il s’agit du nouveau vélo des parisiens en quête d’émotions sportives.
Le deux roues non motorisé des coursiers sur lequel tout est permis, mais pas d’en tomber !
Attention cet engin ne pardonne rien, il est beau certes, pourtant le moindre faux pas et c’est la chute assurée.
Pourquoi ?
Parce que vous n’êtes plus en roue libre, mais en pignon fixe, comme si vous étiez sur une piste de vélodrome.
Vous les avez déjà vus filer, incontrôlables, vifs et rapides, circuler entre les voitures, ou faire du sur place, en équilibre sur les cale-pieds, en attendant que le feu passe au vert.
Faciles à repérer, ces fous du pignon fixe sont reconnaissables : pantalon relevé sur le mollet droit, même en plein hiver, pas de garde-boue et un seul petit frein sur la roue avant (autorisé).
Autrement dit, tout se passe dans la gestion du pédalier. Freiner n’est pas vraiment freiner, c’est plutôt un ralentissement de la fréquence.
Les cuisses chauffent sans discontinuer, puisque le mouvement du pédalier ne cesse qu’à l’arrêt.
Ok pour les montées, mais quid des descentes ?
Pas de secret, il faut encore et toujours pédaler !
Et les filles dans tout cela ?
Nous ne sommes pas bien nombreuses, mais lorsqu’il nous arrive de nous croiser, on se salue en guise de reconnaissance.
N’y voyez aucun signe de féminisme aigu, seulement de l’amusement d’être si rares à flirter ainsi avec ces cadres épurés, qui nous permettent de filer comme des papillons dans les airs…

samedi 23 janvier 2010

Saint-Jean de Montmartre

Adieu

Il arrive parfois de rencontrer un peu tard un membre de sa famille…
Un proche vous appelle…
Anne-Marie Talavera, née Madoisse, est décédée !
Silence pénible, remords de ne pas ressentir la même tristesse que celui qui vous l'annonce.
Qui pouvait-elle être ?
La cousine de mon père, aïe ! Je ne vois toujours pas, mais je réponds oui pour venir à la messe d’enterrement.
En y allant, je fouille dans ma mémoire, j’arpente mes souvenirs d’enfant, je cherche un sourire qu’elle aurait pu m'offrir, mais je ne trouve rien d’autre qu’un grand vide.

J’arrive rue des Abbesses, près d'où elle vivait. J’avance dans l’église Saint-Jean de Montmartre et j'aurais tendance à me sentir totalement étrangère si mon père n’était pas là pour me souffler cinq prénoms. Ces gens-là sont de ma famille et je ne les connais pas ou si peu. Un peu honteuse, je ne me glisse surtout pas au premier rang. Mon cœur se serre, le cercueil approche de l’autel et un air froid l’accompagne. Des anges passent.
J’ai de la peine pour Nathalie qui pleure sous son long manteau noir, la jeune main de sa propre fille dans la sienne. C’est toujours trop tôt pour perdre sa maman…
Puis, vient la lumière dans ces ténèbres glaciales, le père Bouvier exprime sa compassion et nous regarde tous :


- Merci… Un vrai merci d’être là !


Ses mots sonnent tellement bien, ils sont si justes que tous les yeux de l’assemblée brillent.
Et soudain, grâce à ce prêtre, je découvre qui était cette personne, j’écoute toutes ces éloges, fière de savoir qu’une femme telle qu’Anne-Marie, était de ma famille. Alors je n’ai plus honte d’être dans cette église, car je ne suis plus une étrangère.

Tout le monde a le droit d’être autour d’Anne-Marie pour son grand voyage, tout le monde a le droit de lui dire adieu, de penser à elle, de prier pour elle, que l’on soit plus ou moins proches. J’ai écouté de toute ma foi cette homélie, j’en ai bu chaque mot et j’ai pensé à tous ceux qui, comme mon père, sont non croyants ; j’ai songé qu’en écoutant un tel discours, ils auraient dorénavant un peu moins peur de la mort.

Le prêtre nous explique que mourir ce n’est heureusement pas le repos éternel, qu’on s’ennuierait tellement, que ce n’est pas non plus parfait, parce que dans ce terme "par-fait" il n’y a plus rien à faire. Quelle tristesse ce serait alors ! Il nous parle d’espérance, car lui comme nous, ne savons pas à quoi la mort ressemble, mais ce qui est certain c’est que nous devons espérer…

Hauts les cœurs ! La messe se termine, on témoigne notre affection à celle que l’on surnommait Annette, on pose nos mains sur son cercueil, on la signe avec tendresse. Je marche lentement vers la sortie. Mais avant de rentrer chez moi, avant de reprendre le cours de ma vie, j’embrasse ces gens qui font partie de ma famille et prends mon courage à deux mains pour remercier celui qui a réussi à émouvoir les quelques non-croyants :


- Merci d'avoir été là.
Le prêtre me répond doucement en souriant, ma main dans les siennes :
- Vous étiez une amie d’Anne-Marie ?
- Non, je suis de sa famille…


mercredi 30 décembre 2009

SENDERENS au pays des étoiles


J’avais entendu parler de trois étoiles perdues…
Et comme je ne suis pas de près l’actualité gastronomique française, je n’ai pas cherché plus loin que cette information, pour la moins décevante. Et pourtant il s'agissait bien d'une fausse rumeur : Senderens a rendu ses étoiles !

J’avais envie d’y aller, de découvrir la cuisine gastro de Senderens, avec ou sans étoile !
C’était le mardi 15 décembre. Mardi ou samedi il faut réserver, car le restaurant est constamment plein. (Tiens, pour un chef qui a perdu du grade, ça va bien !)
L’entrée de cet établissement m’a toujours fascinée, voire intimidée, pourtant cette fois je franchis le seuil, j’ai rendez-vous derrière cette porte à 20h.

Malheur, je n’aime pas du tout la déco, et même si une bonne âme m’apprend qu’il s’agit de Noé Duchaufour Lawrance, 31 ans, un designer glamour, qu’il sort de l'école des Arts déco et qu’en 2002 il a été le designer et l’architecte d'intérieur du Sketch, à Londres, je n’en suis pas émue pour autant. Je trouve cet endroit vieillot, ce mélange des boiseries de Majorelle qui côtoient des lustres en Dacryl, je n’adhère pas du tout. Le seul point fort de la déco se trouve, à mon sens, dans les tables lumineuses en Corian et au premier étage du restaurant…

Mon invitée arrive et m’apprend qu’elle admire le geste de Senderens. Je ne comprends pas. Que faut-il estimer ? Ses talents culinaires ? Bien sûr, mais attendons de voir, non ? Non ce n’est pas de ça dont il s’agit. Mélomane, amateur de peinture contemporaine, collectionneur de livres anciens, Alain Senderens a "rendu" ses trois étoiles au Michelin après vingt-huit ans de lutte pour les conserver. Wouah ! On m’avait caché cela ! A mon tour d’apprécier la démarche du grand chef.

Allons voir si nous avons raison de louer la noble attitude du maître de ces lieux !
Un serveur me tend la carte avec son plus beau sourire. Je choisis l’entrée du siècle : Escalope de foie gras chaud dans un bouillon de légumes à la chinoise.
Une entrée exquise qui recèle de mille goûts et offre une belle complexité avec la perfection de la cuisson du foie gras.
Je m’en taperai la tête dans le plexi lumineux qui change de couleur face à moi ! Ce plat est divin et le verre de vin blanc que l’on m’a suggéré (Coteaux du Languedoc, Lune Rousse 2006 - Le Conte des Floris) ne fait qu’exploser mes papilles. J’attends, je goûte encore, je bois, je déguste, je jubile, c’est inouï !
Quant à mon amie, elle arbore le même sourire radieux que celui de nos voisins de table. Il se passe quelque chose d’orgasmique ici. Ses langoustines croustillantes, coriandre et livèche sont exquises.

Tout s’enchaîne comme dans un ballet de délices et de saveurs toujours plus étonnantes et justes. Nous poursuivons avec deux plats identiques, mais incontournables :
Raviole ouverte de homard à la vanille, quelques pousses d'épinard accompagnée d’un grand et judicieux Bourgogne, le Saumur "Brézé" - Domaine Guiberteau. Et comme si tout cela ne suffisait pas, comme si nos palais manquaient de découvertes... nous avons goûté un mille feuilles délicieux.

Qui a bien pu colporter la rumeur qui consistait à dire que monsieur Senderens avait perdu ses étoiles ? Ils ont confondu, ils voulaient certainement dire qu’il nous faisait voir des étoiles !

Il l’avai
t dit :
« Nous allons faire un trois-étoiles sans être un trois-étoiles. Aux serveurs, par exemple, j'ai dit : comportez--vous comme avant, ne changez rien dans vos façons de faire. Aux cuisiniers, j'ai assuré : nous n'avons pas tous les produits, mais votre travail reste trois étoiles. Ce niveau reste notre référence. »

« Je me suis fait un cahier des charges pour limiter le prix de revient. Je ne le faisais pas avant, ça m'amuse, c'est un nouveau métier ! Prouver que je peux sortir un repas à 100 euros, presque quatre fois moins cher qu'avant, c'était une gageure. »
C’est un pari relevé puisque le prix est très raisonnable (pour un restaurant gastronomique !)


Je suis persuadée que cette figure de proue de la nouvelle cuisine envoie ses plats au paradis…
Faites monter Alain Senderens, rendez-le immortel ! Il faut que j’y retourne encore et encore !

mardi 8 décembre 2009

Pas d'Identité Nationale, un témoignage


"Je tiens à vous adresser mes plus vifs remerciements pour la biographie que vous m'avez réalisée. Vous avez su établir entre nous une sincère complicité qui m'a permis de faire revivre ma mémoire."

Gabriel Baudry


C'est en lisant de tels témoignages que je suis heureuse d'avoir choisi le métier de biographe.
En prêtant ainsi ma plume, j'ai la sensation d'avoir une utilité et de répondre quelquefois à la question d'identité.

On nous rebat les oreilles avec l'identité nationale, mais si la solution se trouvait plutôt dans nos propres racines, chez nos parents, nos grands-parents et nos arrières grands-parents...
Pour savoir qui nous sommes, avant de chercher à quelle nation nous appartenons !!!

vendredi 4 décembre 2009

Marrakech

J’arrive à Marrakech avec une pléiade d’avis, parce que tout le monde connaît cette ville – Pas moi !

Les français qui ont pour habitude de venir régulièrement ici, m’ont confié tantôt leur déception, tantôt leur extase, mais jamais l’indifférence – mais moi je suis vierge du Maghreb !

Mi-novembre 2009 : je fais un vœu en posant le pied pour la première fois sur le sol marocain.

Quelque chose se passe à Marrakech. Une âme m’imprègne autant que le rouge sur la pierre des maisons ou des remparts.
L’arrivée est surprenante - j’ai la chaire de poule malgré la chaleur. Des calèches tirées par des chevaux circulent à côté des scooters vétustes, sur lesquels personne ne porte le casque ! Les taxis font aussi partie du décor ; ce sont de vieilles voitures sans couleur qui chargent trop de clients à la fois ! Je souris en voyant une famille qui s’y tient entassée ! J’essaye de les dénombrer, c’est impossible !

Après avoir parcouru un dédale de ruelles rouges, c’est la porte du Riad. Ailleurs je n’aurais pas été rassurée, pourtant ici je ne risque rien, nous sommes dans la Medina et ces murs immenses en cachent gros… Passé le seuil de cette porte sublime, sur laquelle rien n’est inscrit, j’ai le souffle coupé. Les marocains sont des maîtres dans l’art de décorer ; tout est somptueux du sol en tommettes, jusqu’aux murs blancs éclatants, les guéridons en fer forgé, les gros canapés beiges, les cendriers marocains, les appliques lumineuses !
Plus un bruit, seul le vent dans les deux gros palmiers qui bordent l’adorable piscine du patio, le chant des oiseaux et bientôt le son du thé à la menthe qui coule dans les verres. En tendant bien l’oreille j’entends d’autres chants, comme ceux du luth qui résonnent sur la place Jemaa-el-fna. Un peu plus tard, sur le toit du Riad, mon cœur se serre : une voix d’homme qui appelle au loin, je cherche du regard. Puis ça me serre encore un peu : une autre voix d’homme s’ajoute à la première ; leur timbre est grave, long, puis saccadé et appuyé. Ma tête se tourne pour trouver la mosquée: je comprends l’heure de la prière, je distingue un minaret, puis un second et je devine le visage du muezzin. Je ferme les yeux pour mieux ressentir : je prie…

Et sur cette place c’est un dépaysement total, ça grouille d’hommes qui alpaguent avec leurs singes ou leurs serpents, ainsi que les femmes voilées qui attrapent les mains pour un souvenir au henné. Photos, bakchich, henné, singes en laisse, étales de fruits secs, jus de fruits à 10 dirhams, chats errants, scooters, vélos, charrette à bras, attention ! Circulez !
Les terrasses des restaurants sont en hauteur quelques fois, toujours bondées. Je tourne la tête : des portes en bois toutes plus belles, mes yeux courent partout de peur de manquer une splendeur.

Puis la nuit tombe…
C’est une autre place qui se déguise.
Des restaurants volants se sont implantés comme s’ils sortaient de terre. Des milliers de lampions illuminent tous ces espaces ; ça fume sous les réchauds, des escargots mijotent, des œufs sous toutes les formes.
- Viens manger chez moi !
- Merci je n’ai pas faim.
- Alors retiens mon numéro, c’est le 22 !
- Le 22, pas de problème.
10 mètres plus loin, c’est un autre restaurateur qui m’intercepte :
- Viens manger chez moi !
Je tente une autre réponse, je lui souris :
- J’ai déjà mangé !
- C’est pas grave, c’est le deuxième service !
Et comme je continue d’avancer en riant, il poursuit :
- Faut que tu manges, t’es trop maigre !
J’adore !
Dommage qu’il me l’ait dit avec autant de pitié, ça ne ressemblait pas à un compliment. Je comprendrai plus tard en admirant leurs danseuses orientales et leurs jolis corps charnus.

Et puis c’est un autre rideau qui se lève sur un dédale de marchandises, sur un jeu d’ombres et de lumière.
La chance est avec moi pour toutes ces premières fois à Marrakech : la beauté du Riad dans lequel je suis invité, la qualité du couscous lorsque je m’attable au premier restaurant, le soleil assez chaud pour le mois de novembre et aujourd’hui dans les souks !
Lundi, 9 heures du matin.
Pas un bruit, les magasins ouvrent à peine, les artisans qui s’éveillent doucement, qui ne sont pas encore prêts pour achalander les clients que nous sommes. Tout est lent, mais pas pour longtemps d’après la légende. Je profite de cette léthargie générale pour flâner, admirer…
- Pour le plaisir des yeux !
- Oui merci.
Rien de bien méchant, c’est la phrase qu’il doit répéter 10 500 fois dans une journée avec des intonations différentes. Même endormis c’est plus fort qu’eux, ils sont là, il faut vendre !
Que des sourires, jamais un mot plus haut que l’autre, même si je n’achète rien.
- Ça fait plaisir !
Ou encore :
- Rentrez, soyez les bienvenues !
Je pense soudainement à Paris et à notre accueil qui peut être déplorable. Ici, pour 30 dirhams (à peine 3 €), ils se plient en quatre, nous font l’article sur les babouches comme s’il s’agissait de la dernière Rolls toutes options !
Ils sont les rois de la vente !

Un autre rideau se lève à la sortie de la Medina. Il faut rouler un quart d’heure, enfin rouler, disons plutôt slalomer ! Puis c'est la découverte de la Palmeraie, ou du moins ce que l’imaginaire veut bien nous insuffler, car seuls des murs rouges, des portes magistrales et des palmiers, bordent les routes. Aucune villa n’est apparente, aucun signe ne laisse entrevoir ce qui se cache derrière toutes ces portes majestueuses.
Des étendues de palmiers un peu plus loin avec des systèmes d’irrigation étonnants qui sillonnent la terre et des murs rouges encore et encore.

Mais si vous saviez tout ce que je n’ai pas écrit, parce que tout ne se raconte pas : monuments, palais, villas, rues, pâtisseries, dattes, restaurants, hôtels, chameaux, couscous, tagine, éclairages tamisés, vélos, triporteurs, circulation, français, marocains, mendiants, artisans…
Je vous souhaite à tous de recevoir un tel cadeau d’anniversaire…

vendredi 20 novembre 2009

Biographie d'un instituteur

Je vous présente le petit dernier...
"La vie de Gabriel Baudry"
J'ai eu le plaisir de rencontrer ce charmant monsieur et d'avoir écouté son histoire, tantôt émouvante, tantôt humble, mais toujours authentique.

A travers son vécu, j'ai voyagé une fois de plus sous les traits d'un autre, j'ai écouté la sagesse de cet homme, j'ai deviné ses peines, j'ai apprécié ses sourires.

Ce métier de biographe est vraiment d'une richesse incroyable et je ne souhaite qu'une seule chose : n'avoir de cesse de récolter toutes ces vies singulières, au sein d'un objet aussi unique que le livre.




"Et si la conclusion de tout cela se trouvait dans l’art de savoir voyager et de s’intégrer, que l’on soit simple touriste ou immigré. Sans chercher à être un magnat ou un grand philosophe, j’ai mes idées sur ce monde, sur les valeurs humaines indispensables à l’équilibre général. Sans entraide l’Homme n’arrive à rien, ni sans évolution ; je fais partie de ces gens qui aiment le progrès et qui suivent avec attention les évènements qui ont marqué les XX et XXIème siècles."

lundi 16 novembre 2009

Le Beaujolais nouveau le jeudi 19 novembre 2009


Inutile de penser que cette année, il sera bien meilleur que l'année précédente, que nous sommes à l'aube d'un grand cru, que la récolte 2009 fut incroyable !

Oubliez la robe exceptionnelle, le goût de la cerise, ou de la banane.


Rien de tout cela, le Beaujolais nouveau n'est rien d'autre qu'une fête où il fait bon vivre, bon boire et bon manger.


La seule contrainte est de trouver le bon endroit, celui qui vous fera croire au vrai Titi Parisien, à la gouaille d'enfer, à la canaille des bons vivants, au boudin purée dès 9 heures du mat, aux tonneaux qui supportent les coudes fatigués, au cousin d'Arletty, au resto qui abrite la culture française dans toute sa splendeur...


Je vous en avais déjà parlé, mais là ça dépasse votre imagination, s'il y a un lieu où aller pour fêter le Beaujolais nouveau c'est à "la Bourse ou la Vie"!


12 rue Vivienne
75002 paris
01.42.60.08.83


ça c'est la vie, ça c'est Paris !

samedi 14 novembre 2009

Diam's S.O.S


Diam's lève le voile...



Pas facile ce succès pour une petite femme qui n’a pas les armes.
Dur d’être obligée de tout justifier : tes origines, ta couleur, ta paye, ton look, ta religion, tes croyances.

T’as besoin de passer des messages d’espoir, de justice pour les jeunes et de tolérance pour les moins jeunes. Alors tu brandis ta voix comme une guerrière.
Rien n’est facile, pas même ton style ; car même le rap, certains peinent à te l’attribuer, parce que tu viens du 9.1 et pas du 9.3 ! Ah les fous ! Ta musique on l’entend 10/10.
Ça sonne juste, ça tape dur, ça parle d’amour, de la vie, de la drogue…
Et tu déballes comme une boulette infernale,
Tu fais du bruit, cogne dans les portes telle une furie.
Et puis tu pleures parce que ça fait mal.
C’est ça la bataille petite femme.
C’est ça la guerre : retirer des cœurs la misère.
Mais cette route est longue, elle est infinie et tu n’auras pas assez d’une vie pour tout hurler, pour tout soigner. Alors garde encore du souffle.

Ecoutez bien sa voix, ses mots qui frappent, ses violons qui valsent, ses percussions qui cognent, son piano qui caresse.
C'est un chaud-froid saisissant !
Ecoutez-la gueuler la vie avec sa rage, vous ne risquerez rien d’autre que d’apprendre le courage.

vendredi 9 octobre 2009

Tandis que Frédéric Mitterrand passionne avec son livre, je me suis ennuyée avec le mien !

C’est terrible de lire un livre qui nous ennuie.

J’avais entendu parler de ce phénomène, sans l’avoir jamais vécu ; nous y sommes !

En temps normal, j’ai pour habitude de lâcher un livre dans lequel je ne rentre pas après les 50 premières pages. Je n’aime pas insister, au pire je le reprendrai plus tard, dans un mois, un an ou plus. Je ne lis jamais pour lire. Ce n’est pas une règle d’or, ni une doctrine, je ne veux tout simplement pas d’un Modus Vivendi entre un livre et moi ! Pas de compromis que du plaisir.

C’est Bien écrit. Des phrases agréables qui vous prennent par la main, des clichés qui sont agaçants, mais qui restent à-propos. Pas d’intrigue, mais une héroïne attachante entourée d’un univers glauque mais plausible. Du vocabulaire, des mots qui s’entendent bien, sans jamais faire écho chez moi. Je n’ai tout simplement pas cru à cette histoire, ni à son misérabilisme, malgré cela j’ai éprouvé un sentiment particulier : la colère. Je ne pouvais pas admettre que cette héroïne se fasse ainsi humilier, maltraiter, j’aurais eu envie de la secouer, qui sait de tuer ce type trop caricatural qui lui a fait vivre un enfer durant 40 ans ! J’avais l’impression d’être dans du « faux » et en plus les personnages m’exaspéraient. C’était insupportable.

Et la fin… évidemment cette pauvre fille finit par s’en sortir, mais qui voudrait bien y croire après 300 pages d’une histoire percluse ?
Un doute subsiste dans mon esprit : cette fille, au prénom impensable, qui s’appelle « Muguet », ne serait-elle pas l’auteure ? Si c’est cela, son analyse est probablement réussie !

Je ne me permettrai pas de dire que ce livre est mauvais, je n’ai tout simplement pas passé un bon moment en compagnie du « Parfum du diable » de Viviane Villamont. Ce sont des choses qui arrivent.

mardi 15 septembre 2009

LA PARISIENNE


Lorsqu’une parisienne court le long de la côte sauvage, une autre participe aux
6 km les plus surpeuplés de l’année !

Il est 8h du matin, parce que c’est la bonne heure pour comprendre la sensation d’être seule au monde en Bretagne et pour soutenir psychologiquement celles qui s’échauffent avant leur course féminine à Paris.
C’est le mois de septembre, les touristes ne sont plus sur la côte Atlantique et le soleil qu’ils n’ont pas eu, est là ! Des conditions optimales.
Elle s’élance dans sa course, heureuse de faire partie de ce cadre-là.
Paris - les bords de seine – le jardin des Tuileries – du Luxembourg – les canaux – c’est bien et même très beau, mais ça ne vaut pas tant de splendeurs : les vagues qui frôlent la roche, les couleurs argentées du sable, les embruns sur sa peau, les cris des mouettes en fond sonore. La mer est calme – les goélands se retournent perplexes sur son passage. Elle contourne les pierres polies qui risquent de la faire trébucher. Elle foule le sentier d’un pas léger- sable – cailloux – terre – racines – pas le temps de s’ennuyer.
Ses yeux qui balayent la mer, les chemins sinueux au loin et ses pieds. Une tâche rouge avance vers elle. Probablement un k-way, même s’il ne pleut pas, parce qu’en Bretagne on maîtrise l’humidité. C’est un autre coureur qui a eu la même idée qu’elle ce matin. Elle ose :
- Bonjour !
Elle imagine qu’elle aura plus de chance qu’à Paris.
- …
Mais seule la nature est aimable, lui offrant un sourire gracieux, sans échange à la clé.
Les parisiennes courent toujours : l’une face à l’atlantique, l’autre face à la seine. Tout les sépare en ce moment : calme/excitation, solitude/foultitude, claquement de vagues/claquements de mains, 1 personne croisée/17 000 femmes !
Celle qui court en Bretagne lutte contre le vent, contrarie sa respiration. Trop d’air avalé, c’est le point de côté assuré. Un banc au bord de la falaise pour s’étirer et comprendre pourquoi elle respire aussi mal. La côte sauvage est aussi belle qu’elle est asphyxiante. C’est trop d’air pour une parisienne qui a l’entraînement d’une citadine.
Pendant ce temps, celle qui court à Paris joue des coudes, lutte pour éviter les milliers de talons qui l’entourent, excitée par la foule et l’ambiance, elle trouve juste assez d’air pour courir sereinement.
Mais ce matin tout est différent pour la parisienne qui choisit les sentiers maritimes au lieu de l’asphalte ; il n’est pas question de chrono, ni de distance, pour une fois il s’agit d’une histoire entre la nature, elle et le plaisir.
Des sensations que l’on pourrait perdre de vue à force d’être parisienne.

P.S : je suis heureuse de constater que « les grands » trouvent à écrire sur cette discipline extraordinaire qu’est la course à pieds. Je ne sais pas vous, mais le livre du Japonais Haruki Murakami m’intrigue… Qui a lu « Autoportrait de l’auteur en coureur de fond » ?

mardi 21 juillet 2009

Amélie Nothomb, fée des mots !


Ah Mélie, celle qui ouvre nos tombes !
Tombes des mots oubliés, probablement entendus une fois, puis si vite envolés.
La mémoire est paresseuse – enfant gâtée à qui l’on cède à la moindre réticence, au plus infime effort. Il est bien difficile de ne pas lui céder, de l’entraîner.
Le court terme ne l’effraie pas, elle adore faire illusion, nous mentir effrontément.
Qu’a-t-elle daigné retenir quelques mois plus tard, pire quelques années après ?
Notre mémoire a déjà oublié. Ce n’est pourtant pas la seule responsable, nous n’avons pas su la stimuler fréquemment.
La mémoire devient tombe si on ne la sollicite pas et se tarit si on ne l’arrose pas avec une régularité quasi hiératique.
Amélie rentre alors en scène et nous offre ce drôle de pouvoir, qui est d’ouvrir nos mémoires, une fois par an depuis 1992. Le métronome du mot nouveau.
Evidemment chaque lecteur a le choix de passer au travers de ces découvertes – son talent vous permet d'éviter l’encyclopédie, sans buter sur le sens de la phrase. Mais si vous optez pour la recherche de définitions, c’est alors une bacchanale de mots, une délicieuse tyrannie infligée à notre sale enfant gâtée.
L’ingénieuse et fantasque Amélie Nothomb nous ouvre les portes de son savoir. Certes, pour les mauvaises langues, ses romans tombent sans surprise à chaque rentrée littéraire, pourtant grâce à cette rigueur fascinante, elle entraîne nos mémoires à devenir de vraies championnes, presque des enfants bien élevés.

Mais le plus excitant reste à venir : savoir s’en servir, inoculer ces nouveaux outils à vos phrases sans en gaver votre entourage. Rien de pire que de tomber dans le piège du comportement hâbleur pour énoncer nos dernières trouvailles.
Alors bonne chance !

mardi 30 juin 2009

PHENOMENE AUDIOLIB


Y aurait-il des livres à lire et d'autres à écouter ?
Y aurait-il un autre plaisir à se laisser guider par une voix extérieure à la nôtre ?
Est-ce un sacrilège de vouloir entendre les mots à voix haute, lorsqu'ils ont été couchés à voix basse ?

Le phénomène Audiolib est une histoire de choix, tant pour le moment d'écoute que pour l'ouvrage.
Mon premier essai me fut imposé avec plaisir, puisqu'il s'agissait d'un cadeau : le coffret de "Millénium".
Aurais-je eu l'idée de me le procurer ? Non !
Aurais-je songé à acheter le livre ? Je ne pense pas. J'avais d'autres livres à découvrir, des lectures que j'estimais plus intéressantes. Et selon quels critères ? La presse littéraire, les critiques de certains mag féminins et les "on dit que". Malgré toutes ces contre-indications, j'ai le syndrome audiolibien !
A chaque pause déjeuner, je passais mon heure à écouter cette histoire kidnappante. J'ai retrouvé le même plaisir qu'à la radio, lorsque Pierre Bellemare racontait ses fameuses histoires. Qui n' a pas le sourire aux lèvres en y repensant ?
Durant cette écoute quotidienne de "Millénium", la tension était puissante, l'excitation à son comble et l'heure du déjeuner ne me suffisait plus. Je devais en écouter davantage, comme sur mon MP3 lors de mes trajets en bus, à pied ou à vélo !
Quelle évasion !!!

Grâce à l'Audiolib, j'ai découvert une oeuvre à côté de laquelle je serais sûrement passée sans m'arrêter et surtout un nouveau plaisir.

Aujourd'hui j'en écoute un nouveau "Fascination" de Stephenie Meyer".
Encore un cadeau ! Mais cette fois je n'aurais rien manqué en laissant le livre sur son rayon ! Ce n'est certainement pas mon ouvrage favori, mais je connais à présent le contenu de ce livre à succès. Ces moments d'écoute demeurent distrayants.
Je ne suis pas certaine de saisir l'engouement général autour de cette série, toutefois je me rassure en pensant que de nombreux ados ont dévoré plus de 900 pages.

mardi 2 juin 2009

UN DROLE DE RESTO



LA BOURSE OU LA VIE
12, rue Vivienne 75002 PARIS
01.42.60.08.83


Je dois vous parler d’un endroit qui parle de vraie bonne bouffe !
Une sorte d’Antéchrist du resto branché.

Inutile de passer trop de temps à déchiffrer le menu à l’extérieur, le patron vous a repérés ! Si vous étiez hésitants, à présent vous ne l’êtes plus.
Vous voici dans son antre, son cabaret, son royaume, sa salle à manger !
(Ne perdez pas de vue ce détail, il a toute son importance).

Tout est atypique dans ce restaurant parisien :
Du menu avec les photos du personnel (ce qui prouve leur attachement sincère ou leur masochisme absolu), les tables en mosaïque et leurs lampes originales, jusqu’aux tableaux de Dali qui illustrent parfaitement le fantasque du maître de ces lieux.
Mais le spectacle ne fait que commencer, le tenancier vient de s’installer à côté de vous pour prendre la commande !
Tout à coup il crie au scandale ; quelqu’un lui aurait subtilisé son stylo.
Tout le monde s’en amuse dans la salle, la plupart des clients sont habitués au show de ce grand chauve excentrique. Evidemment il retrouve son plume dans sa poche de chemise et le voici qui griffonne à l’encre violette, sur son bloc de papier déjà utilisé. Pas de gâchis, que de l’originalité ici !
Soudain il vous parle de la Rolls de la sardine. Vous ne connaissez pas ?
Il scande à travers le restaurant « Cosette » (surnom qu’il a donné à sa serveuse imperturbable) :
« Fais péter la boîte de Ramon Peña pour ces messieurs-dames ! »
Si vous n’aviez pas l’intention de déguster cette entrée, aucun problème il vous en propose une autre. Toutefois, un conseil, laissez-vous faire, car en dépit de son excentricité, ses lunettes… particulières et sa grande gueule, ce restaurateur est féru de cuisine.

Une autre recommandation, ne passez pas à côté de certains incontournables :
le fameux PAVE AU POIVRE (déjà célèbre)
les ROGNONS DE VEAU entiers, à la crème et servis dans la poêle.
l’abordable et l’excellent HOMARD, ouvert en 2, avec ses pinces prédécoupées,
ou encore les St Jacques, poêlées tout simplement.

Ecoutez-le aussi vous parler de ses vins et si vous redoutiez qu’il ne choisisse une fois de plus pour vous, soyez rassurés, la majeure partie de ses bouteilles sont au même prix et servies au compteur !

A la Bourse ou la Vie, c’est un vrai Titi Parisien qui vous invite dans son théâtre. Il est un peu la réincarnation d’Aristide Bruant ou l’un des personnages romanesques de Fallet ; à vous de voir…
Patrice est tombé dans la marmite de la bonne bouffe et du spectacle, depuis longtemps déjà. De plus, il sait s’entourer d’une équipe jeune et souriante, capable de le suivre dans ses facéties quotidiennes.

Au moment de payer, rendez-vous dans la petite salle du fond, celle qui suggère encore un peu, la douce folie de cet énergumène amoureux des cochons.
Je ne vous en dis pas plus et vous laisse réserver une table.

(Ne soyez pas gênés pour lui dire que vous venez de la part de Gwenndoline)…

P.S : AME SENSIBLE S’ABSTENIR